Conférence des marchés Dijon Céréales
De l’influence des marchés sur l’économie des exploitations
La 7ème Conférence des marchés, organisée par Dijon Céréales, en marge de la Foire gastronomique de Dijon, a réuni près de 250 agriculteurs et a été ouverte par Marc Patriat, président de Dijon Céréales et Pascal Demay, directeur céréales et terrain. Cette affluence témoigne de l’intérêt à s’informer et à se former si l’on veut se positionner au mieux face à la réalité des grands marchés céréaliers.
La situation des marchés céréaliers n’encourage pas à l’euphorie, pourtant cette année «atypique» comme la décrit Laurent Wittoz, directeur général de Cérévia, aurait pu réserver de bonnes surprises du fait «d’une moisson française historique». En fait, la France a très peu exporté jusqu’à présent. Les exportations françaises sont à la peine, pénalisées par un manque de compétitivité face à la concurrence de nos voisins russes ou ukrainiens. Des voisins qui exportent tous azimuts et de plus en plus longtemps. Ces blés, concurrents redoutables, se positionnent au mieux sur les marchés mondiaux, au contraire des blés français qui ont beaucoup de mal à rester compétitifs. Pour la campagne 2015-2016, «le stock de blé est opulent, comme en maïs et en soja et les silos sont pleins».
Des marchés volatiles ou l’agressivité fait loi
La volatilité des prix fait désormais partie des constantes, même sur une année relativement stable on peut observer des fluctuations de 20 à 30 euros, voire 30 à 40 euros quand le bateau tangue un peu plus. «Les prédictions», constate Laurent Wittoz «en sont d’autant plus difficiles». Les marchés fluctuent sans cesse et sont particulièrement sensibles aux influences extérieures (géopolitique, climat, etc.). Les fonds d’investissement, «grands démons de la finances» détenteurs d’une grande force de frappe en milliards de dollars, mènent aussi la danse, au gré de leurs intérêts propres et les matières premières sont inter-corrélées. Une goutte de pétrole en plus ou en moins peut jouer à la hausse ou à la baisse le tas de céréales. Les blés français ne sont pas assez compétitifs sur le marché mondial et la France est moins bien placée du fait d’une distorsion de plus en plus grande entre les marchés à terme et le marché physique. Les silos de Fos misent sur la qualité, mais les basses eaux pénalisent le commerce en limitant la circulation par voie fluviale.
Conséquence de ce retard d’exécution dans les contrats en France, il va falloir dégager les silos au plus vite. Il y a cependant «potentiellement des raisons d’espérer sur le marché des céréales dans un avenir proche» tempère Laurent Wittoz. Le climat pourrait changer la donne actuelle. «L’hiver sera sous surveillance», après des conditions plutôt sèches aux USA, en Russie, en Ukraine et en Australie, la présence ou non de neige hivernale pourrait nettement influencer les résultats de la prochaine récolte chez certains de nos grands concurrents commerciaux.
Prix volatiles, coup de froid en perspective...
Les marchés sont incertains, capricieux, volatiles... Avant de s’y frotter, il vaut donc mieux s’informer et se former en conséquence. Loïc Arnould et Romain Gueritaine, responsables des Clubs Marchés à Dijon Céréales, ont insisté sur les conditions à remplir pour être performant sur les marchés à terme. Ces marchés présentent un double avantage : ils permettent de sécuriser son revenu et d’optimiser son prix. Mais encore faut-il ne pas mettre la charrue avant les boeufs... A la base il faut être au clair avec certains indicateurs de gestion de l’exploitation comme les coûts de production. A quel coût produit-on ? Telle est la question. La gestion de la commercialisation commence donc par la connaissance de son seuil de rentabilité et l’utilisation de certains outils générateurs de performance. Ensuite, pour optimiser sa commercialisation «il faut raisonner en investisseur», prendre le temps de comprendre ce qui se passe sur les marchés et mettre en place ses stratégies. Aller sur les marchés mondiaux cela suppose aussi de savoir se «couvrir» face à la volatilité des prix des matières premières. C’est cette couverture qui permet de se protéger de la volatilité des prix et de rester compétitif.
Dans sa conclusion, Pierre Guez, directeur général du groupe Dijon Céréales, est resté positif. L’avenir appartient à la jeune génération et elle était particulièrement bien représentée dans l’assistance et sur l’estrade. Le travail va être intense pour se positionner au mieux sur les marchés et dégager les silos, c’est une raison supplémentaire «de ne pas rester assis sur son marché» et sur son tas de blé. Tout en regrettant que «l’opinion publique ne perçoive pas toutes les difficultés du secteur des céréales», Pierre Guez place beaucoup d’espoirs dans la réflexion sur l’analyse stratégique, initiée par le groupe au niveau interdépartemental. L’avenir se prépare aussi avec la prochaine fusion Bourgogne-Franche-Comté qui va faire émerger «une grande région de l’agriculture et de l’agro-alimentaire, dont une filière blé-farine-pain» qui permettra d’augmenter la part du marché intérieur des céréales et du blé. Une assurance sur la qualité et les débouchés de proximité qui pourrait permettre à l’avenir de limiter un peu les risques à l’export.
Des marchés volatiles ou l’agressivité fait loi
La volatilité des prix fait désormais partie des constantes, même sur une année relativement stable on peut observer des fluctuations de 20 à 30 euros, voire 30 à 40 euros quand le bateau tangue un peu plus. «Les prédictions», constate Laurent Wittoz «en sont d’autant plus difficiles». Les marchés fluctuent sans cesse et sont particulièrement sensibles aux influences extérieures (géopolitique, climat, etc.). Les fonds d’investissement, «grands démons de la finances» détenteurs d’une grande force de frappe en milliards de dollars, mènent aussi la danse, au gré de leurs intérêts propres et les matières premières sont inter-corrélées. Une goutte de pétrole en plus ou en moins peut jouer à la hausse ou à la baisse le tas de céréales. Les blés français ne sont pas assez compétitifs sur le marché mondial et la France est moins bien placée du fait d’une distorsion de plus en plus grande entre les marchés à terme et le marché physique. Les silos de Fos misent sur la qualité, mais les basses eaux pénalisent le commerce en limitant la circulation par voie fluviale.
Conséquence de ce retard d’exécution dans les contrats en France, il va falloir dégager les silos au plus vite. Il y a cependant «potentiellement des raisons d’espérer sur le marché des céréales dans un avenir proche» tempère Laurent Wittoz. Le climat pourrait changer la donne actuelle. «L’hiver sera sous surveillance», après des conditions plutôt sèches aux USA, en Russie, en Ukraine et en Australie, la présence ou non de neige hivernale pourrait nettement influencer les résultats de la prochaine récolte chez certains de nos grands concurrents commerciaux.
Prix volatiles, coup de froid en perspective...
Les marchés sont incertains, capricieux, volatiles... Avant de s’y frotter, il vaut donc mieux s’informer et se former en conséquence. Loïc Arnould et Romain Gueritaine, responsables des Clubs Marchés à Dijon Céréales, ont insisté sur les conditions à remplir pour être performant sur les marchés à terme. Ces marchés présentent un double avantage : ils permettent de sécuriser son revenu et d’optimiser son prix. Mais encore faut-il ne pas mettre la charrue avant les boeufs... A la base il faut être au clair avec certains indicateurs de gestion de l’exploitation comme les coûts de production. A quel coût produit-on ? Telle est la question. La gestion de la commercialisation commence donc par la connaissance de son seuil de rentabilité et l’utilisation de certains outils générateurs de performance. Ensuite, pour optimiser sa commercialisation «il faut raisonner en investisseur», prendre le temps de comprendre ce qui se passe sur les marchés et mettre en place ses stratégies. Aller sur les marchés mondiaux cela suppose aussi de savoir se «couvrir» face à la volatilité des prix des matières premières. C’est cette couverture qui permet de se protéger de la volatilité des prix et de rester compétitif.
Dans sa conclusion, Pierre Guez, directeur général du groupe Dijon Céréales, est resté positif. L’avenir appartient à la jeune génération et elle était particulièrement bien représentée dans l’assistance et sur l’estrade. Le travail va être intense pour se positionner au mieux sur les marchés et dégager les silos, c’est une raison supplémentaire «de ne pas rester assis sur son marché» et sur son tas de blé. Tout en regrettant que «l’opinion publique ne perçoive pas toutes les difficultés du secteur des céréales», Pierre Guez place beaucoup d’espoirs dans la réflexion sur l’analyse stratégique, initiée par le groupe au niveau interdépartemental. L’avenir se prépare aussi avec la prochaine fusion Bourgogne-Franche-Comté qui va faire émerger «une grande région de l’agriculture et de l’agro-alimentaire, dont une filière blé-farine-pain» qui permettra d’augmenter la part du marché intérieur des céréales et du blé. Une assurance sur la qualité et les débouchés de proximité qui pourrait permettre à l’avenir de limiter un peu les risques à l’export.
La Chine, marché d’opportunité ou colosse au pied d’argile ?
Seconde puissance mondiale derrière les Etats-Unis, la Chine joue un rôle prépondérant dans les échanges mondiaux. Pierre Begoc, directeur international d’Agritel, connaît parfaitement cette région du globe pour y avoir vécu et travaillé. En dépit de quelques soubresauts boursiers et d’un ralentissement de son activité, l’économie chinoise poursuit sa marche en avant avec un PIB en progression. Sur le plan agricole, le béton gagne inexorablement sur les cultures, la compétition est intense sur un territoire où les espaces cultivables sont rares et situés dans les mêmes bassins de vie. Si le béton avance, le gouvernement chinois entend aussi mener à bien la restructuration d’une agriculture aujourd’hui encore très atomisée. Il mise sur la nouvelle définition d’un modèle agricole familial et productif, tout en étant conscient de la bombe à retardement que représente la problématique environnementale. De gigantesques fermes d’élevages modernes, qui n’ont plus rien de «familial» sortent aussi de terre dans le même temps. Le gouvernement chinois a fait le choix de défendre quelques productions stratégiques au risque de devenir dépendant pour d’autres, comme le soja et la protéine végétale notamment. La restructuration en profondeur de la ferme chinoise sera certainement accompagnée (et encouragée) par un nouvel exode rural massif. La Chine, qui a perdu ces dernières années en compétitivité, a aussitôt infléchi sa politique en délocalisant certaines productions et en dévaluant sa monnaie. Ce colosse reste ainsi solide sur ses bases, alors que les pays dans son environnement immédiat (par exemple la Mongolie) subissent de plein fouet les conséquences de ses décisions économiques. En terme de marchés, tout est sous contrôle et laisse peu de champ à l’initiative individuelle. Mais l’élément climatique restera un joker déterminant pour les années à venir. Le pays a développé un programme agricole ambitieux, doté de gros moyens. Ces derniers temps les importations d’orges sont passées de 2Mt à 8Mt, ce qui profite à nos régions produisant des orges, mais en Chine les retournements de marchés ne sont pas rares et à moyen terme, les volumes pourraient fléchir.