Dans un contexte difficile, l'Adavirs maintient son cap
L'Association d’aide aux victimes d’infractions pénales et de réinsertion sociale (Adavirs) a tenu son assemblée générale annuelle le 5 juin à Chablis. La structure doit faire des arbitrages budgétaires pour maintenir une action essentielle.
C'est en présence de plusieurs personnalités que l'Association d’aide aux victimes d’infractions pénales et de réinsertion sociale (Adavirs) s'est réunie, le 5 juin, en assemblée générale, à Chablis. Représentants de l'État, élus locaux, le président du Tribunal judiciaire d’Auxerre, son homologue du Tribunal judiciaire de Sens, et la directrice de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), étaient notamment présents. L'Adavirs est une association agréée par le ministère de la Justice, œuvrant au quotidien pour l'accueil des victimes, l'accès au droit, la prévention de la délinquance. Elle assure le suivi de l’exécution des mesures alternatives aux poursuites et la réinsertion sociale des auteurs dans l'Yonne.
Une action structurée
Le rapport moral a reflété l'action quotidienne de l'Adavirs à travers ses trois piliers fondamentaux et deux des principaux dispositifs :
– Le pôle Victimes, qui propose un accompagnement gratuit, confidentiel, juridique, psychologique et social pour toute victime d'infraction pénale. En 2025, 2 579 personnes ont été accompagnées par ce biais.
– Le pôle Socio-Judiciaire, qui permet la mise en œuvre de mesures alternatives aux poursuites et pré-sentencielles, à la demande directe des magistrats des Tribunaux judiciaires d'Auxerre et de Sens. En 2025, 1 090 personnes ont été accompagnées.
– La justice restaurative qui apporte un espace de dialogue sécurisé entre victimes et auteurs d’infraction, visant la réparation, la réinsertion sociale et le rétablissement de la paix sociale
– La prévention de la délinquance qui se traduit par une collaboration étroite avec la PJJ et d'autres partenaires pour sensibiliser la jeunesse et prévenir les comportements délictueux
– Le Service d’accompagnement des jeunes auteurs et/ou victimes d’infractions à caractère sexuel (Savi) qui apporte un suivi spécialisé pour les mineurs et jeunes majeurs (0 à 21 ans) souffrant de troubles liés à ces violences.
Charges en hausse
L'assemblée générale aura aussi permis d'aborder l'exercice difficile traversé par l'association. L'Adavirs est confrontée à l’attribution aux salariés de la prime Segur (instaurée en 2024 et destinée aux salariés à temps plein du secteur sanitaire, social et médico-social privé) rendue obligatoire mais non compensée. Cette situation a impacté les finances de l’année 2025. De plus, le décalage des paiements, parfois sur plusieurs exercices budgétaires par le principal financeur, a compromis en partie le bon fonctionnement de sa trésorerie. L’absence des locaux que l'association occupait rue de Paris, à Auxerre à la suite d’une procédure de mise en sécurité, a rendu complexe l’organisation du personnel de l’association. Malgré ces contraintes, l’association a pu garantir la qualité de ses actions et assurer la continuité de son engagement auprès des victimes et des auteurs. Pour faire face à cette crise, des mesures de gestion rigoureuses ont été actées, notamment le non-remplacement d'un poste de juriste suite à un départ. L'Adavirs mise désormais sur l'avenir grâce à l'activation d'un plan de relance soutenu par le dispositif Prev Asso, initié par la Région Bourgogne-Franche-Comté. Ce protocole doit permettre de retrouver l'équilibre financier d'ici 2 à 3 ans.