Fermoscopie de l'Yonne
En fin d'année 2025, Cerfrance BFC a dressé une analyse stratégique, dénommée « Fermoscopie » sur chaque secteur d'activité agricole.
Dans un premier volet, Cerfrance BFC a réalisé une analyse dans le domaine céréalier dans l'Yonne. C'est aux côtés d'Émeline Richard, chargée d'études chez Cerfrance BFC, Valérie Delacre, conseillère clientèle chez Cerfrance et Renaud Vigneaux, vice président délégué au territoire de l'Yonne chez Cerfrance, que Sandrine Nacht, conseillère d'entreprise chez Cerfrance à Saint Apollinaire en Côte d'Or a commencé l'analyse sur l'année 2025 des moissons. « Le baromètre agricole a affiché une bonne moisson, globalement. Il y a quelques nuages qui s'accumulent sur les cultures de printemps et les marchés céréaliers. La campagne était globalement satisfaisante avec quelques difficultés sur les semis de blé », analyse-t-elle avant d'entrer dans les détails. « Côté rendements, les blés sont en hausse, de 9 % à 20 % d'après une carte d'Agrest Traitement Plein Champ, par rapport à la moyenne quinquennale. La qualité et le PS sont satisfaisants », argumente-t-elle. À cela s'ajoute la problématique de l'ergot qui a « été préoccupante sur le département. De nombreux foyers sont signalés surtout sur les plateaux », constate-t-elle. Par rapport aux cultures de printemps, la canicule a joué un rôle important dans la récolte de « maïs et de soja notamment et cela se ressent puisque les rendements sont en baisse de 20 % et 30 % ». Au sein du marché des céréales, Sandrine Nacht constate « une basse pression » à la fois par « l'abondance mondiale et par les tensions géopolitiques ». Elle en profite pour faire un point sur les relations franco-algériennes « qui impactent l'exportation française de céréales en Algérie, puisqu'elles sont gelées », ce qui explique donc « l'apparition de nouveaux pays au sein des pays importateurs », comme en Asie avec la Thaïlande ou le Bengladesh.
Le bonheur est dans l'herbe
Dans un second volet, Cerfrance BFC a réalisé une analyse dans le domaine de l'élevage allaitant en compagnie de Mathilde Schryve, responsable études économiques chez Cerfrance BFC, Sandrine Nacht, Alexandre Bachotet, vice-président de Cerfrance BFC et Anaïs Chamarac, conseillère d'entreprise BFC. Sandrine Nacht, dresse son « bulletin météo » en tout début de conférence. « Le début de campagne a été maussade, avec un stock fourrager de mauvaise qualité, des problèmes de fertilité et d'avortement liés à la FCO qui s'est étendue avec la MHE dans nos régions. Aujourd'hui les épidémies restent présentes dans les élevages mais aussi avec les mouvements d'animaux », analyse-t-elle de manière générale. Au printemps, la situation a évolué, « la campagne a profité d'une belle éclaircie, avec à la fois des précipitations au bon moment, une alternance de chaleur et de périodes plus douces qui ont été propices à la pousse des fourrages », poursuit-elle. Au mois de novembre 2025, la conseillère d'entreprise ajoute même que « nous constatons une production de fourrages excédentaire. Dans l'Yonne et dans la Nièvre, nous constatons un rattrapage du déficit apparu pendant la période de sécheresse », ajoute-t-elle. Par la suite, Cerfrance constate un ensilage de qualité et un excédent de stockage fourrager, ce qui a donc permis « de réduire le coût de production de la viande ». Les prix ont donc suivi avec « une cotation du charolais U de 350 kg à 6,10 euros/kg (source : FranceAgrimer), soit deux euros de plus que l'année dernière ». À cela s'ajoute la « cotation du jeune bovin U en France de près de 7,28 euros/kg (source : France Agrimer). Soit un prix du bovin qui avoisine les 3 000 euros », chiffre-t-elle. Cela s'explique par la « rareté du jeune bovin sur le marché ».