Accès au contenu
Visite chez Frédéric Debacker

Consécration préfectorale pour la «saga» Charolix

En marge d'€™une rencontre de terrain avec les élus du canton de Saint-Benin d'€™Azy, le 18 janvier, Daniel Matalon, le préfet de la Nièvre est allé visiter l'€™exploitation de Frédéric Debacker à Diennes-Aubigny. L'€™occasion de porter un coup de projecteur sur une aventure, celle de la marque Charolix, dont il est l'€™un des piliers, et qui permet à cinq élevages charolais du département de vendre de la viande en caissettes et sous forme de plats transformés.
Par EC
Consécration préfectorale pour la «saga» Charolix
Le préfet de la Nièvre (à droite) a écouté Frédéric Debacker (au centre) lui narrer les débuts de la saga Charolix et les bienfaits qu'il en tire pour son exploitation, en présence de Jean-Luc Gauthier, le conseiller général du canton.
Dix ans après la création de l'€™association Boeuf Académie, qui réunit cinq exploitations morvandelles, la consécration de la marque Charolix est venue du préfet, Daniel Matalon, le 18 janvier. Le représentant de l'€™à‰tat qui, depuis son arrivée fin 2011, redit qu'€™il [I]«ne conçoit pas son rôle sans une connaissance de terrain de son département»[i], est allé rendre visite à Frédéric Debacker à Diennes-Aubigny. Accompagné d'€™Yves Castel, le DDT, de Jean-Pierre Rossignol, président de la CCI et de Françoise Morizot, la directrice du CERD, il a entendu son hôte retracer l'€™historique de son installation et du lancement de cette véritable saga commerciale et collective. Frédéric Debacker se définit comme [I]«l'€™héritier de trois siècles de paysans»[i]. Il s'€™est installé à Diennes en 1997, avec l'€™objectif de reprendre l'€™exploitation familiale, mais, dix ans plus tard, [I]«tout ne s'€™est pas passé comme prévu»[i]. Ayant investi
400 000 euros à 23 ans, avec l'€™aide de l'€™à‰tat, du Crédit agricole et de ses parents, il a vite été confronté à [I]«deux sécheresses, une crise de la vache folle et une crise économique»[i] qui l'€™ont fait s'€™interroger. En 2007, il a décidé de ne pas arrêter et s'€™est orienté vers une démarche collective, en marge des deux chambres d'€™hôte qu'€™il a créées sur sa ferme. C'€™était la naissance de l'€™association Boeuf Académie avec quatre autres élevages charolais du Morvan et l'€™idée a germé de lancer une marque, le futur Charolix. Frédéric Debacker se veut lucide: [I]«à la fin de la première décennie d'€™exploitation, j'€™étais un véritable chasseur de primes. C'€™était mathématique. J'€™étais un assisté. Au bout de dix ans, j'€™ai changé d'€™objectif: j'€™ai tout fait pour sortir de l'€™assistanat»[i] confie-t-il aujourd'€™hui. Cette année, il a réalisé un chiffre d'€™affaires de 180 000 euros, dont 26% avec les animaux, 16% avec les cultures et le reste avec les aides, mais son Excédent brut d'€™exploitation (EBE) s'€™est établi aux alentours de 80 000 euros. [I]«45% servent à rembourser les emprunts, 15% sont réinjectés dans l'€™entreprise, 5% vont dans une réserve de crise et le reste est prélevé pour vivre».[i]
[INTER]Rencontres formidables[inter]
Pilier de la vente directe de viande en caissettes et de plats transformés (bœuf bourguignon, sauce bolognaise, rillettes de boeuf légères) dans tout le département, Frédéric a mené à bien sa stratégie: [I]«le temps de travail en production est tombé à 2500 heures dont 500 de ventes et l'€™objectif est de le faire encore baisser de 1500 heures d'€™ici 10 ans. Le gain de productivité équivaudra à un équivalent temps plein»[i] et l'€™éleveur prévoit donc d'€™embaucher. En attendant, Charolix est un succès qui le satisfait: avec ses quatre collègues, la marque lui permet d'€™écouler [I]«environ 150 vaches par an, avec un objectif de 500 vaches d'€™ici 10 ans»[i]. Les animaux sont abattus à l'€™abattoir de Luzy et ensuite vendus, soit chez des revendeurs agréés, soit en grandes surfaces, l'€™idée étant d'€™imposer Charolix comme la gamme de «produits que l'€™on trouve dans toute la Nièvre et qu'€™on rapporte en souvenir comme on le ferait avec des galettes du Mont Saint-Michel». «C'€™est une histoire de rencontres formidables» témoigne Frédéric Debacker: «le directeur du centre commercial de Decize a commencé par nous commander une vache par mois. Aujourd'€™hui, nous en sommes à deux par semaine. Idem avec Jean de Gesnais, dont les Jardins de Marigny, destinés à la cueillette maraîchère directe, servent de vitrine aux produits Charolix, tout comme la Ferme de Port Aubry à Cosne-sur-Loire et les magasins Gamm Vert». En tout, vingt points de vente dans toute la Nièvre. C'€™est en 2001, que Boeuf Académie, inspirée par Frédéric Debacker a également rencontré M. Bonnot, dirigeant à l'€™époque la société Les Terrines du Morvan. C'€™est avec lui, après une étude de marché réalisée par le CERD, et des contacts avec la restauration collective (restaurants, maisons de retraites, collèges, supermarchés indépendants) dans la Nièvre, les départements limitrophes et l'€™axe Nevers-Paris, que sont nées les recettes de la gamme Charolix. Depuis quelques mois, les associés ont lancé, avec une agence de publicité neversoise, les Charoliettes, des rillettes de boeuf légères (70% de boeuf et 30% de graisse de canard) qui souhaitent s'€™imposer [I]«comme le souvenir du Morvan par excellence»[i]. [I]«Notre objectif a toujours été de trouver des concepts nouveaux, sans investissement, afin de dégager de la valeur ajoutée par l'€™innovation»[i] a-t-il assuré au préfet, conquis par [I]«cet exemple formidable, à faire connaître dans d'€™autres départements à vos collègues et amis»[i]. Prochain objectif de Charolix: créer un saucisson de boeuf dans quelques semaines puis, avant la fin de l'€™année, la très mystérieuse [I]«potion de Charolix»[i]. De quoi rendre l'€™ascension commerciale de la marque [I]«encore plus irrésistible»[i].