Approvisionnements locaux dans les collèges nivernais
Cinq nouveaux établissements volontaires à la rentrée
Le dossier est emblématique de la volonté politique émise par le Conseil général de la Nièvre depuis la rentrée 2011. Avec une année scolaire de recul, les producteurs locaux, les proviseurs, le Conseil général et la Chambre d'agriculture font le point sur les repas locaux organisés pour les collégiens de six établissements-pilotes. Avec un volonté commune de développer la dynamique.
Ce sont les élèves qui en parlent le mieux: les demi-pensionnaires de six collèges pilotes ont attribué une note moyenne de 3 sur 4 aux cuisiniers de leurs établissements, à la suite des 7 repas à base de produits locaux proposés durant l'année. Les ventres ont bien été remplis et les papilles ont apprécié l'effort gustatif fourni par tous les acteurs de ce circuit court créé de toute pièce il y a un an. 1 056 élèves ont ainsi pu déguster, à 7 reprises, les viandes, les fromages, les fruits et légumes apportés par 24 producteurs et 2 bouchers nivernais, à la demande volontaire des intendants de ces collèges-pilotes. Dans des questionnaires remplis par les établissements et par les agriculteurs, la satisfaction est partagée: [I]«la livraison et le conditionnement sont jugés bons à très bons par les premiers, même s'ils constatent des problèmes de volumes et de logistique; et les seconds souhaitent que l'expérience se généralise pour pouvoir en vivre»[i] remarque Colette Mongiat, vice-présidente du Conseil général chargée des collèges, qui animait la semaine dernière une réunion d'étape. Si tout n'est pas parfait -l'organisation multilatérale expliquant les quelques soucis de coordination- la volonté collective de [I]«poursuivre et amplifier le mouvement»[i] est intacte. Ainsi, à la rentrée prochaine, ce sont non plus 6 mais 10 collèges qui s'impliqueront dans l'organisation de repas locaux(1). Un par mois jusqu'à l'été 2013(2).
[INTER]«S'organiser encore mieux»[inter]
Maud Perroy, conseillère référente de la Chambre d'agriculture avec Maxime Albert, partage l'avis de l'élue départementale: [I]«l'an prochain, il faut que nous nous organisions mieux en amont»[i]. Outre les soucis d'approvisionnement en fruits et légumes qui, contrairement aux filières viande et lait bien rôdées, se heurtent à des conditions climatiques capricieuses, les partenaires devront s'entendre sur un échéancier à la fois plus souple et plus établi. [I]«Certains collèges, qui prévoient leurs menus dès janvier pour juin, ont parfois eu des difficultés pour obtenir leurs marchandises à temps»[i] explique Maud Perroy, le contact [I]«entre le monde de l'Education et celui de l'Agriculture n'étant pas naturel ni spontané»[i] selon Colette Mongiat. Les uns, dépendant de l'Education nationale, n'ont pas l'habitude de traiter en direct avec les fournisseurs sur des aliments jugés moins conventionnels par les enfants (brocolis, céléri, choux...), les autres, spécialistes de la vente directe à la ferme ou sur les marchés, doivent s'accoutumer à traiter de volumes et de délais avec des intermédiaires auxquels ils ne sont pas rompus. [I]«Un accompagnement des cuisiniers sur leurs méthodes et leurs recettes et des animations réciproques dans les fermes et dans les collèges seront mis en oeuvre»[i] prévoit Maud Perroy.
[INTER]Point de vue pédagogique[inter]
En terme de valorisation économique, les partenaires s'accordent à dire que les repas locaux ne sont pas -pour l'instant- un débouché porteur pour les producteurs. Les logiques sont très différentes. [I]«Nous pouvons imaginer de développer ce circuit court auprès de communes et de maisons de retraite, afin de gagner un effet de volumes»[i] souligne l'élue départementale qui veut éviter [I]«l'essoufflement des collèges comme celui des producteurs»[i]. La Chambre d'agriculture imagine à terme une possible structuration en association ou en groupement, afin de rendre le dispositif plus rentable. [I]«Pour un maraîcher, apporter 20 salades ponctuellement à un collège éloigné de son exploitation, çà ne vaut pas le coup»[i] confirme la conseillère en développement. Olivier Laporte, producteur intégré dans la démarche et vice-président de la Chambre d'agriculture, explique quant à lui [I]«qu'il ne s'agit pas, avec les collèges, de chercher une valorisation économique. Les producteurs ont déjà leurs marchés. L'intérêt de cette action consiste à sensibiliser les jeunes au goût et à la production locale parce que ce sont de futurs consommateurs et qu'il y va de l'image de notre profession»[i]. Colette Mongiat s'accorde sur ce point à dire que politiquement, [I]«notre point de vue est en effet plus pédagogique qu'économique en fournissant des repas 100% locaux aux collèges, alors qu'on pourrait imaginer un pourcentage de produits locaux pour les autres collectivités avec un approvisionnement plus régulier». Ce qui est sûr, c'est que les acteurs des circuits courts nivernais ont lancé «quelque chose qui n'aspire qu'à s'élargir»[i].
(1) Les collèges de Lormes, Montsauche-les-Settons, Corbigny et un second collège de Nevers ont signé la charte d'adhésion au dispositif. Le Conseil général continuera à verser 1 euro par repas et par élève aux établissements volontaires.
(2) D'ici la fin 2012, des repas locaux sont prévus les 27 septembre, 25 octobre, 22 novembre et 13 décembre.
[INTER]«S'organiser encore mieux»[inter]
Maud Perroy, conseillère référente de la Chambre d'agriculture avec Maxime Albert, partage l'avis de l'élue départementale: [I]«l'an prochain, il faut que nous nous organisions mieux en amont»[i]. Outre les soucis d'approvisionnement en fruits et légumes qui, contrairement aux filières viande et lait bien rôdées, se heurtent à des conditions climatiques capricieuses, les partenaires devront s'entendre sur un échéancier à la fois plus souple et plus établi. [I]«Certains collèges, qui prévoient leurs menus dès janvier pour juin, ont parfois eu des difficultés pour obtenir leurs marchandises à temps»[i] explique Maud Perroy, le contact [I]«entre le monde de l'Education et celui de l'Agriculture n'étant pas naturel ni spontané»[i] selon Colette Mongiat. Les uns, dépendant de l'Education nationale, n'ont pas l'habitude de traiter en direct avec les fournisseurs sur des aliments jugés moins conventionnels par les enfants (brocolis, céléri, choux...), les autres, spécialistes de la vente directe à la ferme ou sur les marchés, doivent s'accoutumer à traiter de volumes et de délais avec des intermédiaires auxquels ils ne sont pas rompus. [I]«Un accompagnement des cuisiniers sur leurs méthodes et leurs recettes et des animations réciproques dans les fermes et dans les collèges seront mis en oeuvre»[i] prévoit Maud Perroy.
[INTER]Point de vue pédagogique[inter]
En terme de valorisation économique, les partenaires s'accordent à dire que les repas locaux ne sont pas -pour l'instant- un débouché porteur pour les producteurs. Les logiques sont très différentes. [I]«Nous pouvons imaginer de développer ce circuit court auprès de communes et de maisons de retraite, afin de gagner un effet de volumes»[i] souligne l'élue départementale qui veut éviter [I]«l'essoufflement des collèges comme celui des producteurs»[i]. La Chambre d'agriculture imagine à terme une possible structuration en association ou en groupement, afin de rendre le dispositif plus rentable. [I]«Pour un maraîcher, apporter 20 salades ponctuellement à un collège éloigné de son exploitation, çà ne vaut pas le coup»[i] confirme la conseillère en développement. Olivier Laporte, producteur intégré dans la démarche et vice-président de la Chambre d'agriculture, explique quant à lui [I]«qu'il ne s'agit pas, avec les collèges, de chercher une valorisation économique. Les producteurs ont déjà leurs marchés. L'intérêt de cette action consiste à sensibiliser les jeunes au goût et à la production locale parce que ce sont de futurs consommateurs et qu'il y va de l'image de notre profession»[i]. Colette Mongiat s'accorde sur ce point à dire que politiquement, [I]«notre point de vue est en effet plus pédagogique qu'économique en fournissant des repas 100% locaux aux collèges, alors qu'on pourrait imaginer un pourcentage de produits locaux pour les autres collectivités avec un approvisionnement plus régulier». Ce qui est sûr, c'est que les acteurs des circuits courts nivernais ont lancé «quelque chose qui n'aspire qu'à s'élargir»[i].
(1) Les collèges de Lormes, Montsauche-les-Settons, Corbigny et un second collège de Nevers ont signé la charte d'adhésion au dispositif. Le Conseil général continuera à verser 1 euro par repas et par élève aux établissements volontaires.
(2) D'ici la fin 2012, des repas locaux sont prévus les 27 septembre, 25 octobre, 22 novembre et 13 décembre.