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Etat des cultures dans la Nièvre

« Année moyenne à bonne »

La climatologie de 2012, faite de gel en février puis de pluies et de températures relativement chaudes en avril-mai, a permis de bien rattraper le développement de la végétation. Les situations sont hétérogènes et il est encore trop tôt pour entrevoir le potentiel de rendement. Toutefois, hormis quelques réserves sur les maladies et les pucerons, les techniciens sont assez optimistes.
Par Emmanuel Coulombeix
« Année moyenne à bonne »
La présence de pucerons sur certaines cultures inquiètent les techniciens mais une bonne population d'auxiliaires semble pour l'instant les réguler.
Ce n'€™était pas gagné d'€™avance. Pour les cultures d'€™hiver, les plantes étaient en avance, après les semis de l'€™automne, jusqu'€™à ce que le gel du mois de février donne un coup de frein à leur développement. Mais la météo de mars, avril et mai a permis de bien [I]«rattraper la situation»[i] selon Mickaël Geloen, technicien grandes cultures de la Chambre d'€™agriculture. Jean-Michel Bouchié, ingénieur de la coopérative Epis-Centre, confirme: [I]«la croissance de l'€™automne et du début de l'€™hiver a été forte dans toutes les cultures (céréales, oléagineux, protéagineux) puis la vague de froid de février, longue et assez forte, a causé des dégâts»[i]. Des parcelles ont dû être refaites. Puis, [I]«le sec et le retour des pluies depuis le 10 avril jusqu'€™à début juin, a bien amélioré le potentiel de sortie»[i]. Reste que les situations sont hétérogènes dans l'€™ensemble des secteurs du département. [I]«Il reste des zones très clairsemées, qui font illusion vues de la route, mais dont l'€™apparence lointaine est un cache-misère pour le manque d'€™épis, surtout dans les blés et les orges, et notamment dans le Centre-Nivernais » insiste Mickaël Geloen qui souligne, toutefois, que « le colza a pas mal récupéré quand même»[i].
[INTER]« Destruction-handicap-maladies »[inter]
Prudent, Jean-Michel Bouchié explique [I]«qu'€™on a encore du mal à avoir une vision claire des conséquences du froid»[i]. Il identifie tout de même une tendance lourde faite de trois évolutions successives: [I]«Le gel a d'€™abord entraîné de la destruction, très tôt. Ensuite, il a causé du handicap à la fois sur le peuplement des épis puis sur des tailles de cultures plus faibles. Enfin, le gel a favorisé des maladies, que l'€™on constate depuis trois semaines, avec des nécroses sur certaines racines et certaines tiges de céréales et de colza liées à des attaques de fusariose et de rhizoctone»[i]. Et Mickaël Geloen d'€™ajouter: [I]«sur les orges, on s'€™attendait à ce qu'€™il n'€™y ait que peu de septoriose cette année et nous avons eu raison, en revanche on s'€™attendait moins à voir apparaître de la rouille jaune et de l'€™oÏdium sur Alexia et triticale tel que çà a été le cas»[i]. Il semble que les parcelles les plus touchées par le froid, et notamment celles orientées plein nord, aient plus souffert et aient été plus sensibles aux maladies. Les agriculteurs ont le plus souvent bien anticipé par un bon contrôle fongicides mais, sur les blés, [I]«quel peut -être l'€™impact du déssèchement des tiges sur les rendements?»[i] s'€™interroge-t-il.
[INTER]«Encore 15 jours comme çà, c'€™est du bonus »[inter]
En ce début juin (ndlr: le 11 juin), la météo est encore pluvieuse et les températures sont moyennes. Ce qui fait dire à l'€™ingénieur d'€™Epis-Centre qu'€™ [I]«encore 15 jours comme çà, et ce ne sera que du bonus»[i]. La météo actuelle se montre en effet très favorable au remplissage des grains. Le potentiel des blés est satisfaisant, le colza s'€™avère plus hétérogène et les orges affichent un certain retrait. Les techniciens ne veulent pas spéculer - [I]«il est trop tôt»[i]- sur les futures récoltes, mais [I]«nous nous attendons à une année moyenne à bonne»[i] anticipe Jean-Michel Bouchié. Quant aux cultures de printemps, les orges et les pois [I]«présentent de très bons potentiels, supérieurs aux années précédentes, et les cultures d'€™été, tournesol et maÏs se révèlent assez hétérogènes, les semis s'€™étant déroulés sur deux mois depuis avril»[i]. Un événement inquiète toutefois le technicien de la Chambre d'€™agriculture: [I]«sur toutes les cultures, nous constatons une forte population de pucerons, dont le développement est lié aux conditions climatiques orageuses. Ce qui nous rassure un peu, c'€™est qu'€™il y a de fortes populations d'€™auxiliaires, tels que les coccinelles, qui les régulent»[i]. A surveiller de près. Enfin, selon les deux techniciens, les pluies et l'€™ensoleillement de la fin avril et du début mai ont bien rattrapé une situation qui, en février, s'€™annonçait un peu compliquée. Pourvu que la météo de ces prochaines semaines, et le stade critique de la floraison dans lequel nous entrons, confirment ces premières bonnes impressions.