Une journée technique sur l'eau potable
Alterre Bourgogne se penche sur la protection des captages nivernais
L'eau potable est un bien précieux dont la consommation, banalisée, fait presque oublier les enjeux de salubrité publique. Alterre Bourgogne, l'agence régionale pour l'environnement et le développement soutenable, organisait le 16 novembre à Prémery, une journée technique réunissant des élus, des responsables de collectivités et de syndicats de distribution d'eau potable, de l'Agence de l'eau, de la Chambre d'agriculture et des agriculteurs.
Atout seigneur, tout honneur! Si cette deuxième journée départementale, dans la Nièvre après la Côte d'Or le 18 octobre dernier, s'est déroulée à Prémery, c'est pour étudier concrètement le cas de son syndicat d'eau potable et de son captage de Giry, sur les sources de l'Ar et de l'Abyme. En 2008 et 2009, la teneur en produits phytosanitaires constatée était de l'ordre de 3,5 μg/l, dépassant ainsi de 7 fois la limite de qualité de l'eau potable. On y retrouvait alors des traces d'herbicides racinaires, notamment de chlortorulon, de napropamide, de propyzamide et d'isoproturon ainsi que de deux fongicides, l'époxiconazole et le metconazole. Si les concentrations de nitrates, depuis 1995, n'excèdent jamais le seuil maximal autorisé de 50 mg/l (les résultats oscillent entre 25 et 45 mg/l), le captage est également souvent victime de pollutions par des bactéries fécales, les animaux pâturant alors dans un périmètre immédiat trop réduit par rapport au captage. Voilà pour le constat dont le dernier terme est «en voie de résolution», selon la Chambre d'agriculture de la Nièvre, impliquée depuis 2007 dans l'étude et l'amélioration des pratiques agricoles au côté du Syndicat intercommunal d'alimentation en eau potable (SIAEPA) de Prémery.
[INTER]Mobilisation des agriculteurs[inter]
Ce captage de Giry, souterrain et peu profond, s'étend sur 1233 ha et alimente 1800 abonnés de 11 communes autour de Prémery. Les trois quart de la surface du Bac sont à usage agricole (85% en grandes cultures et 15% en prairies permanentes), exploités par 18 exploitations dont 14 en polyculture-élevage allaitant. Pour mener à bien la reconquête de la qualité de l'eau et atteindre les objectifs fixés dans un arrêté préfectoral de 2010, un comité technique a été constitué, regroupant les différents acteurs agricoles, la Chambre d'agriculture (dont Céline Beauvois est l'animatrice captages), le négoce, les coopératives et les instituts techniques. Le groupe Soufflet, interlocuteur commercial des agriculteurs est aussi impliqué dans la démarche, en aidant les agriculteurs à ajuster leurs systèmes culturaux: les produits présentant un risque important de transfert dans la nappe ne sont pas utilisés, les désherbants racinaires d'automne sont exclus, les cultures de printemps compatibles avec le potentiel des sols sont recherchées, une expérimentation est menée sur des méthodes alternatives au désherbage chimique. En réalité, dès 2009, les agriculteurs ont pris le taureau par les cornes, en se réunissant dans l'Association des agriculteurs des bassins d'alimentation des deux captages de Giry et en s'engageant autour d'un programme d'actions.
[INTER]Maîtrise des techniques culturales[inter]
Lequel est [I]«accepté par tous. L'engagement des agriculteurs est volontaire, collectif et soutenu par leurs organismes stockeurs»[i] témoigne Alterre Bourgogne.
Reconquérir la qualité de l'eau et maintenir l'activité agricole: tel est l'objectif de ce programme mis en place sur la base d'une étude agro-pédologique de la Chambre d'agriculture dès 2007. Une dérogation préfectorale permet d'exploiter ce captage malgré les dépassements de normes physico-chimiques. Plusieurs mesures, nécessitant parfois une évolution des systèmes de production, ont été décidées: l'allongement de la rotation des cultures (durée minimale de 5 ans avec un seul retour au colza et au moins une culture de printemps), l'interdiction de retourner les surfaces en herbe pour les exploiter en cultures, la réduction des phytosanitaires avec l'interdiction des herbicides racinaires d'automne sur 80% de la SAU, la diminution des apports azotés, l'enherbement de certaines zones, la limitation du risque de pollution accidentelle par l'équipement des postes de remplissage de pulvérisateurs des exploitations... Des aides financières ont été prévues pour les agriculteurs via des MAET et des MAE rotationnelles mais qui se révèlent insuffisantes. Les difficultés, notamment en matière d'accompagnement technico-économiques sont encore grandes, mais de nouvelles perspectives s'ouvrent, telles qu'un projet de zéro phyto sur une commune, une maîtrise foncière avec la Safer (échange de parcelles plus sensibles avec des parcelles en dehors du Bac), la mise en place de baux environnementaux avec des mesures spécifiques, un nouveau plan pluriannuel plus ambitieux. Le cas de Prémery préfigure déjà les efforts à venir de la profession agricole, volontaires ou contraints, en matière environnementale.
[INTER]Mobilisation des agriculteurs[inter]
Ce captage de Giry, souterrain et peu profond, s'étend sur 1233 ha et alimente 1800 abonnés de 11 communes autour de Prémery. Les trois quart de la surface du Bac sont à usage agricole (85% en grandes cultures et 15% en prairies permanentes), exploités par 18 exploitations dont 14 en polyculture-élevage allaitant. Pour mener à bien la reconquête de la qualité de l'eau et atteindre les objectifs fixés dans un arrêté préfectoral de 2010, un comité technique a été constitué, regroupant les différents acteurs agricoles, la Chambre d'agriculture (dont Céline Beauvois est l'animatrice captages), le négoce, les coopératives et les instituts techniques. Le groupe Soufflet, interlocuteur commercial des agriculteurs est aussi impliqué dans la démarche, en aidant les agriculteurs à ajuster leurs systèmes culturaux: les produits présentant un risque important de transfert dans la nappe ne sont pas utilisés, les désherbants racinaires d'automne sont exclus, les cultures de printemps compatibles avec le potentiel des sols sont recherchées, une expérimentation est menée sur des méthodes alternatives au désherbage chimique. En réalité, dès 2009, les agriculteurs ont pris le taureau par les cornes, en se réunissant dans l'Association des agriculteurs des bassins d'alimentation des deux captages de Giry et en s'engageant autour d'un programme d'actions.
[INTER]Maîtrise des techniques culturales[inter]
Lequel est [I]«accepté par tous. L'engagement des agriculteurs est volontaire, collectif et soutenu par leurs organismes stockeurs»[i] témoigne Alterre Bourgogne.
Reconquérir la qualité de l'eau et maintenir l'activité agricole: tel est l'objectif de ce programme mis en place sur la base d'une étude agro-pédologique de la Chambre d'agriculture dès 2007. Une dérogation préfectorale permet d'exploiter ce captage malgré les dépassements de normes physico-chimiques. Plusieurs mesures, nécessitant parfois une évolution des systèmes de production, ont été décidées: l'allongement de la rotation des cultures (durée minimale de 5 ans avec un seul retour au colza et au moins une culture de printemps), l'interdiction de retourner les surfaces en herbe pour les exploiter en cultures, la réduction des phytosanitaires avec l'interdiction des herbicides racinaires d'automne sur 80% de la SAU, la diminution des apports azotés, l'enherbement de certaines zones, la limitation du risque de pollution accidentelle par l'équipement des postes de remplissage de pulvérisateurs des exploitations... Des aides financières ont été prévues pour les agriculteurs via des MAET et des MAE rotationnelles mais qui se révèlent insuffisantes. Les difficultés, notamment en matière d'accompagnement technico-économiques sont encore grandes, mais de nouvelles perspectives s'ouvrent, telles qu'un projet de zéro phyto sur une commune, une maîtrise foncière avec la Safer (échange de parcelles plus sensibles avec des parcelles en dehors du Bac), la mise en place de baux environnementaux avec des mesures spécifiques, un nouveau plan pluriannuel plus ambitieux. Le cas de Prémery préfigure déjà les efforts à venir de la profession agricole, volontaires ou contraints, en matière environnementale.