Ça va débuter dans le Châtillonnais
Le président des Jeunes agriculteurs de Châtillon-Laignes-Montigny évoque les moissons dans son secteur.
Attention, mesdames et messieurs, dans un instant, ça va commencer. « Pour être plus précis, ça a déjà débuté ! Plusieurs parcelles sur les terres les plus superficielles ont déjà été fauchées mais oui, les choses sérieuses vont réellement débuter ces prochains jours », confirme Jérémi De Waele. L'agriculteur installé sur la ferme familiale à Bissey-la-Pierre en juillet 2025 s'attend à une moisson très hétérogène selon la profondeur des terres : « le sec a fait du mal dans les endroits les plus sensibles. Pour ma part, les orges de printemps ont souffert. Quand tout se passe bien, nous pouvons espérer 50 q/ha mais là, nous devrions être entre 25 et 30 q/ha. Les blés dans les terres à cailloux devraient afficher 10 q/ha en moins. Ce que j'ai dans les meilleures terres a mieux résisté, même si les gelées de début mai ont marqué un certain nombre d'épis, aussi bien en blé qu'en orge d'hiver ». Jérémi De Waele a aussi du colza : « je suis assez confiant bien qu'il ait été impacté par les insectes et même par le gel. Il y aura là aussi de grandes différences selon les parcelles ».
Colza ou tournesol ?
Ce colza, justement, devrait être une nouvelle fois la culture la plus intéressante d'un point de vue économique. « Il n'aura pas trop de mal à l'être car les prix des céréales font peur en ce moment. À ce titre, nous avons limité les charges et la fertilisation azotée cette année, avec environ 20 unités en moins dans toutes les cultures… Effectivement et heureusement, les cours du colza se maintiennent plutôt bien. Malgré tout, les charges continuent d'augmenter et avec mon oncle, nous ne savons pas si nous allons continuer dans cette culture l'an prochain, avec les prix exorbitants affichés par l'azote. La question de semer du tournesol va sans doute se poser à un moment ou un autre, mais son implantation reste toujours très problématique chez nous avec les nombreux corbeaux que nous avons ».
La crainte de l'ergot
L'ancien salarié agricole des familles Blandin (Laignes), Salomon (Savoisy) et du lycée La Barotte espère dans tous les cas une moisson qualitative. « Ce serait déjà ça, mais ce n'est pas gagné. La plus grande crainte que nous avons en ce moment concerne l'ergot. Il y en avait eu beaucoup l'an passé, ce qui avait beaucoup pesé en termes de réfractions, alors que les prix payés aux producteurs étaient déjà bas », s'inquiète Jérémi De Waele. « Dans notre cas, nous étions juste à la limite, mais nombre de collègues avaient dépassé la norme… Il y a eu de la vigilance cette année sur le triage des semences de ferme mais peut-être que cela ne suffira pas : le dernier bulletin de notre Geda nous informe que ce champignon a une nouvelle fois été observé. Dans quelle proportion sera-t-il dans nos bennes ? Il faudra attendre quelques jours pour le savoir. S'il faut encore enlever 15, 20 ou 25 euros sur chaque tonne de blé, alors que le prix actuel est de 180 euros, ça ne passera absolument pas ».