Défense de la ruralité
300 élus nivernais ont battu le pavé neversois
300 élus, dont beaucoup de maires, adjoints, conseillers départementaux et régionaux, ont manifesté, mercredi 1er juillet, à Nevers. Objet de la colère : au-delà de la dénonciation des baisses de dotations et des fermetures de services publics, la défense d’une certaine idée de la ruralité...
Il faisait très chaud ce premier mercredi de juillet vers 18h dans le chef-lieu du département. Un début de canicule qui n’a pas empêché un nombre impressionnant de maires et d’élus de tout le département et de toutes étiquettes (ou sans), de venir battre le pavé dans les rues de Nevers. Suivant un mot d’ordre de l’Union amicale des maires de la Nièvre (UAMN), présidée par Daniel Barbier, maire de La Machine et vice-président du Conseil départemental, les élus en colère, la plupart ceints de leurs écharpes tricolores, ont très concrètement voulu manifester contre trois sujets de tension avec l’État : la baisse de ses dotations aux collectivités, le projet de loi NOTRe (ndlr : Nouvelle organisation territoriale de la République) et disparition programmée de six trésoreries après les annonces de fermetures de classes... Mercredi dernier, le premier objectif était de faire pression sur le gouvernement afin de solliciter des aménagements aux mauvaises nouvelles. En fin de cortège, revenus devant la préfecture, Square de la Résistance, une délégation de l’UAMN a été reçue assez longuement en préfecture, les élus demandant au représentant de l’État dans la Nièvre de relayer les doléances à sa hierarchie. Sur le problème des dotations, Daniel Barbier a ainsi sollicité «un allègement de leur baisse et un allongement du calendrier de la réduction des dotations, afin de préserver la capacité d’investissement public». Évaluée autour de 28 milliards d’euros en 2014, cette baisse se serait traduite l’an dernier par une réduction de 12,4% des dépenses des communes et des intercommunalités et une projection fait craindre aux élus un recul supplémentaire de 25 à 30% d’investissements en moins d’ici 2017.
Pour une intercommunalité choisie...
Autre sujet qui fâche et dont les maires demandent des améliorations : le projet de loi NOTRe, qui doit repasser devant les députés au cours du mois de juillet, après avoir été examiné en Commission mixte paritaire (CMP). Récemment, les sénateurs l’ont amendé dans le sens voulu par les élus de terrain (suppression du seuil minimum de 20 000 habitants, report de la procédure de révision des schémas départementaux de coopération intercommunale, intégration de l’eau, de l’assainissement et de la promotion du tourisme dans les compétences optionnelles des intercommunalités...) mais c’est bien l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot, ce qui inquiète les maires des communes peu promptes à voir une parcelle de leur souveraineté municipale se diluer dans des instances supra-communales où leurs voisins auraient autant voire plus d’influence qu’eux... Pour Olivier Cadiot, agriculteur et maire de Chaulgnes, qui arpentait les rues avec ses collègues, «cette loi est défavorable à nos petites communes rurales. Elle nous fait perdre du pouvoir et surtout elle renforce le sentiment que les citoyens de base sont de plus en plus éloignés des décisions qui les concernent. Nous manifestons pour défendre notre droit à la décision sur le terrain et pour mettre fin à la disparition des services publics qui y disparaissent. Si on les laisse faire, les petites communes peuvent se regrouper pour faire quelque chose mais pas imposer un seuil de 20 000 habitants qui implique que nous soyions noyés dans des superficies immenses et ingérables» a-t-il justifié. En fait, toutes obédiences confondues, les manifestants ont réclamé au gouvernement de «ne pas brusquer les choses» par «des méthodes sanglantes et inadaptées». Pour «une intercommunalité librement choisie», selon Daniel Barbier... Car, au-delà des relations entre collectivités et entre collectivités et l’État, c’est aussi un mouvement de fond en faveur des spécificités rurales qu’ont entamé les élus nivernais : «C’est une colère des profondeurs. A force de rester sourd face à ce qui est dit dans nos zones rurales, la colère monte» a-t-il témoigné. Ce que d’autres élus ont interprété par «le risque de tuer la ruralité, alors que l’on nous fait de grands discours à son propos». Excédés, les élus des campagnes n’en peuvent plus. Ils sont appelés à faire adopter des motions par leurs conseils municipaux et intercommunaux afin de continuer à faire pression sur «ces technocrates qui décident de tout, sans savoir, sur leurs coins de bureaux».
Pour une intercommunalité choisie...
Autre sujet qui fâche et dont les maires demandent des améliorations : le projet de loi NOTRe, qui doit repasser devant les députés au cours du mois de juillet, après avoir été examiné en Commission mixte paritaire (CMP). Récemment, les sénateurs l’ont amendé dans le sens voulu par les élus de terrain (suppression du seuil minimum de 20 000 habitants, report de la procédure de révision des schémas départementaux de coopération intercommunale, intégration de l’eau, de l’assainissement et de la promotion du tourisme dans les compétences optionnelles des intercommunalités...) mais c’est bien l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot, ce qui inquiète les maires des communes peu promptes à voir une parcelle de leur souveraineté municipale se diluer dans des instances supra-communales où leurs voisins auraient autant voire plus d’influence qu’eux... Pour Olivier Cadiot, agriculteur et maire de Chaulgnes, qui arpentait les rues avec ses collègues, «cette loi est défavorable à nos petites communes rurales. Elle nous fait perdre du pouvoir et surtout elle renforce le sentiment que les citoyens de base sont de plus en plus éloignés des décisions qui les concernent. Nous manifestons pour défendre notre droit à la décision sur le terrain et pour mettre fin à la disparition des services publics qui y disparaissent. Si on les laisse faire, les petites communes peuvent se regrouper pour faire quelque chose mais pas imposer un seuil de 20 000 habitants qui implique que nous soyions noyés dans des superficies immenses et ingérables» a-t-il justifié. En fait, toutes obédiences confondues, les manifestants ont réclamé au gouvernement de «ne pas brusquer les choses» par «des méthodes sanglantes et inadaptées». Pour «une intercommunalité librement choisie», selon Daniel Barbier... Car, au-delà des relations entre collectivités et entre collectivités et l’État, c’est aussi un mouvement de fond en faveur des spécificités rurales qu’ont entamé les élus nivernais : «C’est une colère des profondeurs. A force de rester sourd face à ce qui est dit dans nos zones rurales, la colère monte» a-t-il témoigné. Ce que d’autres élus ont interprété par «le risque de tuer la ruralité, alors que l’on nous fait de grands discours à son propos». Excédés, les élus des campagnes n’en peuvent plus. Ils sont appelés à faire adopter des motions par leurs conseils municipaux et intercommunaux afin de continuer à faire pression sur «ces technocrates qui décident de tout, sans savoir, sur leurs coins de bureaux».