Manger local, c'est génial
21 producteurs nivernais ont déjà dit oui aux collèges
Dans le cadre du programme stratégique Nièvre 2021, le Conseil général et la Chambre d'agriculture donnent la priorité aux produits locaux dans les assiettes des collégiens nivernais. Un repas 100% Nièvre a déjà eu lieu en novembre dernier dans six établissements. Six autres devraient suivre d'ici fin juin.
Donner la priorité au goût et, accessoirement, favoriser les circuits courts d'approvisionnement en produits locaux dans les cantines des collèges: telle est l'ambition déclarée du Conseil général et de la Chambre d'agriculture de la Nièvre depuis plusieurs mois. Une réunion d'étape a eu lieu, le 22 février à Nevers, afin de faire le point sur la mobilisation des principaux de collèges et des producteurs, en présence de Colette Mongiat, la vice-présidente du Département en charge de l'éducation.
Et, si l'organisation et les coûts des circuits courts, visant à réduire le nombre d'intermédiaires entre le champs et la fourchette, sont parfois difficile à intégrer, l'unanimité prévaut quand il s'agit de pérenniser et de développer le projet. «Manger local, c'est génial» est le mot d'ordre qui unit désormais les élus, les professionnels et les personnels pédagogiques nivernais.
Les collèges pilotes de Cercy-la-Tour, Donzy, La Machine, Luzy, Nevers Les Courlis et Saint-Amand en Puisaye donnent le ton en prévoyant de proposé aux collégiens pas moins de cinq repas 100% locaux d'ici fin juin. D'autres pourraient les imiter à la rentrée de septembre 2012.
[INTER]Manque de légumes[inter]
L'aspect financier n'est pas le moindre handicap dans la lourde machine qui s'est mise en route. Les gérants des cantines ont d'autres habitudes d'approvisionnement, qui passent par l'achat en gros auprès de fournisseurs de
restauration collective dont les prix défient souvent toute concurrence. Pourtant, avec l'aide financière de l'institution départementale -1 euro alloué aux intendants par repas, des points d'accords ont été trouvés avec les agriculteurs et producteurs locaux.
Déjà 21 d'entre eux, fournisseurs de viandes bovine, de fromages de vache et de chèvre, de volailles et de porcs, s'inscrivent dans la démarche collective. Tous habitués de la vente directe de leurs produits, chez eux ou sur les marchés nivernais, ils arrivent à s'adapter à la demande, tant en terme de volumes que de prix. Ils savent que ce n'est pas une aubaine commerciale mais bien un moyen supplémentaire de sécuriser leurs débouchés et surtout de promouvoir la qualité de leur travail auprès des plus jeunes. Avant qu'à leur tour, ceux-ci ne deviennent consommateurs.
Si la réunion du 22 février a mis en évidence la bonne volonté des agriculteurs, il reste toutefois à élargir la capacité d'offre. Ainsi, le groupe de pilotage, accompagné par Maud Perroy et Maxime Albert, de la Chambre d'agriculture, recherchent-ils des éleveurs d'agneaux, de porcs et surtout des producteurs de légumes. Les entrées et l'accompagnement des plats risqueraient de manquer de consistance, sinon... Ce n'est pas le plus facile, tellement les grossistes sont concurrentiels.
Et, si l'organisation et les coûts des circuits courts, visant à réduire le nombre d'intermédiaires entre le champs et la fourchette, sont parfois difficile à intégrer, l'unanimité prévaut quand il s'agit de pérenniser et de développer le projet. «Manger local, c'est génial» est le mot d'ordre qui unit désormais les élus, les professionnels et les personnels pédagogiques nivernais.
Les collèges pilotes de Cercy-la-Tour, Donzy, La Machine, Luzy, Nevers Les Courlis et Saint-Amand en Puisaye donnent le ton en prévoyant de proposé aux collégiens pas moins de cinq repas 100% locaux d'ici fin juin. D'autres pourraient les imiter à la rentrée de septembre 2012.
[INTER]Manque de légumes[inter]
L'aspect financier n'est pas le moindre handicap dans la lourde machine qui s'est mise en route. Les gérants des cantines ont d'autres habitudes d'approvisionnement, qui passent par l'achat en gros auprès de fournisseurs de
restauration collective dont les prix défient souvent toute concurrence. Pourtant, avec l'aide financière de l'institution départementale -1 euro alloué aux intendants par repas, des points d'accords ont été trouvés avec les agriculteurs et producteurs locaux.
Déjà 21 d'entre eux, fournisseurs de viandes bovine, de fromages de vache et de chèvre, de volailles et de porcs, s'inscrivent dans la démarche collective. Tous habitués de la vente directe de leurs produits, chez eux ou sur les marchés nivernais, ils arrivent à s'adapter à la demande, tant en terme de volumes que de prix. Ils savent que ce n'est pas une aubaine commerciale mais bien un moyen supplémentaire de sécuriser leurs débouchés et surtout de promouvoir la qualité de leur travail auprès des plus jeunes. Avant qu'à leur tour, ceux-ci ne deviennent consommateurs.
Si la réunion du 22 février a mis en évidence la bonne volonté des agriculteurs, il reste toutefois à élargir la capacité d'offre. Ainsi, le groupe de pilotage, accompagné par Maud Perroy et Maxime Albert, de la Chambre d'agriculture, recherchent-ils des éleveurs d'agneaux, de porcs et surtout des producteurs de légumes. Les entrées et l'accompagnement des plats risqueraient de manquer de consistance, sinon... Ce n'est pas le plus facile, tellement les grossistes sont concurrentiels.
Christophe Boiron: «un débouché de plus pour mes bourguignons»
àleveur de bovins en agriculture biologique à Poiseux, Christophe Boiron relativise l'opportunité que représente le circuit court d'approvisionnement des collèges: "je suis rentré dans la démarche pour promouvoir certains produits que j'ai du mal à passer sur les marchés, par exemple les bourguignons" concède-t-il. Le producteur est effectivement un habitué de la vente directe qui lui assure une part conséquente de son revenu. Et il prévient: "on ne va pas s'aligner sur les prix des produits pratiqués par les grossistes, en divisant notre chiffre d'affaires par deux ou trois. D'autant moins qu'en bio, nos coûts de production sont très dépendants des protéÏnes, qui sont trop chères à l'extérieur, et que le pois que je produis n'entre pas dans le cadre des primes. En plus, 2011 a été une année de sécheresse et là, les récoltes seront difficiles car tout a gelé". Christophe Boiron ne cache pourtant pas son enthousiasme pour le "manger local". Il a déjà livré deux fois des collèges du département (2 fois 20 kilos) et envisage encore de fournir 100 kilos d'ici juin. Quant au prix, il reconnait qu'il fait "un effort considérable. Je descend à 7,50 euros du kilo mais c'est encore 40 centimes de plus que ce que paie habituellement le cuisinier du collège de Saint-Amand en Puisaye à ses fournisseurs habituels".