Crise de l’élevage
21: ça ne passe plus !
Les récentes manifestations font remonter une multitude de problématiques de terrain. La FDSEA et les JA ont exprimé ce ras-le-bol général la semaine dernière.
C’est sans doute la plus marquante de leurs mobilisations : FDSEA et JA ont bloqué l’accès au préfet Éric Delzant vendredi dernier, à l’issue de sa visite à Foissy chez Christophe Chambin, afin de «s’expliquer» longuement avec lui. Gérard Berthaut, délégué cantonal FDSEA de Saulieu, ne mâchait pas ses mots : «Vous êtes déjà venu dans l’Auxois l’an passé, mais visiblement, vous ne semblez pas avoir compris nos problèmes». Gérard Berthaut semblait tout sauf satisfait du plan présenté l’avant-veille au niveau national : «pour le résumer, les charges que l’on ne peut pas payer aujourd’hui, nous les paierons plus tard. Pour moi, c’est une rustine. C’est la même chose que le plan Sarkozy qui nous plombe encore aujourd’hui.
Des prêts sur des prêts, ça ne peut pas durer»
Le délégué cantonal de Saulieu, entouré de Fabrice Faivre, Dominique Guyon, Jean-Pierre Fleury et de nombreux éleveurs, a alors abordé la non répercussion des 0,05€/kg prévue chaque semaine sur chaque kilogramme de viande : «l’accord du 17 juin n’est pas respecté. Les jeunes bovins, pour ne citer qu’eux, n’ont pris que cinq centimes en cinq semaines. Monsieur le préfet, mettez les moyens pour contrôler les gens qui ne jouent pas le jeu». Plusieurs éleveurs ont évoqué successivement : un salaire de 400 euros par mois pour
70 heures de travail hebdomadaire, l’augmentation des charges des dix dernières années (de 40%), la trop faible proportion de viandes françaises dans la restauration collective. Ils ont aussi émis des craintes quant aux impacts de la sécheresse sur une situation appelée à empirer. Une jeune éleveuse s’est indignée de ne voir aucun changement depuis «des mois et des mois», en dépit des actions de la profession.
Pour Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine, le système est en train «d’exploser» devant ces prix bas et ces dettes grandissantes : «Nous sommes en face d’un modèle économique défaillant. La productivité annuelle de nos exploitations est pourtant en hausse de 2%, c’est la preuve que nous sommes bons sur nos exploitations. Le problème est ailleurs, notre combat sur les prix est légitime. Monsieur le préfet, il faut mettre de l’ordre dans la maison. Les prix, le désendettement, le marché de l’export, la restauration collective : voici les quatre points sur lesquels nous attendons immédiatement des solutions». Sur la question du prix, Jean-Pierre Fleury s’est adressé directement aux éleveurs : «nous sommes trop gentils avec les abatteurs. Il pleut, il neige, c’est la faute à la Grèce, à la Russie, à l’Italie... Ce n’est jamais de leur faute. L’accord se jouera aussi à la condition que les éleveurs ne lâchent pas leurs bêtes. Si tout le monde le fait, en montrant la puissance que nous représentons, nous y arriverons. Il faut avoir des réflexes collectifs et non individuels». Pour Fabrice Faivre, l’augmentation des prix payé par le consommateur est un faux problème : «cette hausse représentera 1,70€ par mois, soit une tasse de café... C’est un faux débat. Aujourd’hui, notre raison d’être est bien le prix. Nous allons être très attentifs ces jours-ci sur la bonne application de l’accord passé le 17 juin». En réponse à toutes ces revendications, Éric Delzant s’est dit «concerné et préoccupé». Le préfet devait réunir les acteurs économiques autour de la table ce début de semaine pour faire avancer les différents dossiers.
Des prêts sur des prêts, ça ne peut pas durer»
Le délégué cantonal de Saulieu, entouré de Fabrice Faivre, Dominique Guyon, Jean-Pierre Fleury et de nombreux éleveurs, a alors abordé la non répercussion des 0,05€/kg prévue chaque semaine sur chaque kilogramme de viande : «l’accord du 17 juin n’est pas respecté. Les jeunes bovins, pour ne citer qu’eux, n’ont pris que cinq centimes en cinq semaines. Monsieur le préfet, mettez les moyens pour contrôler les gens qui ne jouent pas le jeu». Plusieurs éleveurs ont évoqué successivement : un salaire de 400 euros par mois pour
70 heures de travail hebdomadaire, l’augmentation des charges des dix dernières années (de 40%), la trop faible proportion de viandes françaises dans la restauration collective. Ils ont aussi émis des craintes quant aux impacts de la sécheresse sur une situation appelée à empirer. Une jeune éleveuse s’est indignée de ne voir aucun changement depuis «des mois et des mois», en dépit des actions de la profession.
Pour Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine, le système est en train «d’exploser» devant ces prix bas et ces dettes grandissantes : «Nous sommes en face d’un modèle économique défaillant. La productivité annuelle de nos exploitations est pourtant en hausse de 2%, c’est la preuve que nous sommes bons sur nos exploitations. Le problème est ailleurs, notre combat sur les prix est légitime. Monsieur le préfet, il faut mettre de l’ordre dans la maison. Les prix, le désendettement, le marché de l’export, la restauration collective : voici les quatre points sur lesquels nous attendons immédiatement des solutions». Sur la question du prix, Jean-Pierre Fleury s’est adressé directement aux éleveurs : «nous sommes trop gentils avec les abatteurs. Il pleut, il neige, c’est la faute à la Grèce, à la Russie, à l’Italie... Ce n’est jamais de leur faute. L’accord se jouera aussi à la condition que les éleveurs ne lâchent pas leurs bêtes. Si tout le monde le fait, en montrant la puissance que nous représentons, nous y arriverons. Il faut avoir des réflexes collectifs et non individuels». Pour Fabrice Faivre, l’augmentation des prix payé par le consommateur est un faux problème : «cette hausse représentera 1,70€ par mois, soit une tasse de café... C’est un faux débat. Aujourd’hui, notre raison d’être est bien le prix. Nous allons être très attentifs ces jours-ci sur la bonne application de l’accord passé le 17 juin». En réponse à toutes ces revendications, Éric Delzant s’est dit «concerné et préoccupé». Le préfet devait réunir les acteurs économiques autour de la table ce début de semaine pour faire avancer les différents dossiers.