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Premier bilan des moissons dans la Nièvre

«2013 n'€™est pas une année exceptionnelle!»

Alors que les récoltes sont en bonne passe de s'€™achever, le président de la FDSEA58, Jean-Pierre Condamine a tiré les premiers enseignements des moissons 2013, lundi dernier.
Par Emmanuel Coulombeix
«2013 n'€™est pas une année exceptionnelle!»
«Ce que je retiens le plus, c'€™est ce côté atypique de la météorologie, avec des excès bons pour personne». Jean-Pierre Condamine, comme chaque année à pareille époque, a fait, lundi, un premier bilan de l'€™année pour les grandes cultures dans la Nièvre. Chez lui, à Suilly-la-Tour, il était accompagné de Sébastien Perret, conseiller à la Chambre d'€™agriculture, pour détailler les premiers résultats. Les excès dont parle le président de la FDSEA58, ce sont ceux de l'€™humidité et de la pluie, qui se sont étalés sur l'€™automne, l'€™hiver et le printemps, «qui n'€™a laissé qu'€™une fenêtre du 15 au 30 octobre pour semer..., dix beaux jours en janvier, dix autres jours autour du 15 avril pour semer les tournesols et maÏs et encore pas partout car, inondées, certaines parcelles non pas pu être emblavées». L'€™implantation s'€™est donc révélée délicate et souvent retardée et les colzas ont levé de manière très disparate dans une «très grande hétérogénéité» alors que l'€™implantation blé/orge a été «correcte partout où c'€™était sain». Compte tenu des conditions climatiques, «il y a eu beaucoup plus de tournesol semé fin-avril car c'€™était la dernière culture à faire à cette époque-là» selon le leader syndical qui a tout de même constaté «du jamais vu, des terres tellement inondées dans la Vallée du Nohain et jusqu'€™à Cosne, que certains n'€™ont jamais pu semer».

[INTER]Dates de récoltes en recul[inter]
A ce compte-là, les cultures ont pris beaucoup de retard dans la Nièvre, entre dix et vingt jours selon les endroits et les récoltes ont donc aussi subi retards et réorganisation, au gré des pluies et des orages sporadiques que sont abattues sur les parcelles depuis un mois (lire Terres de Bourgogne N°1229). Jean-Pierre Condamine constate que l'€™an dernier, «tout était terminé fin-juillet et même, en 2011, autour du 14 juillet, mais là, le 14 juillet, c'€™est tout juste si on avait fini les orges». Selon lui, l'€™été a aussi été atypique que le reste de l'€™année et les nombreux orages, chaque semaine, nous ont souvent obligés à «récolter le blé avant le colza, ce qui est inhabituel». C'€™est que les blés, une fois mouillés, perdent de leur poids spécifique, leur qualité s'€™en trouve altérée et ils peuvent même finir par germer. La météo «nous a fait du mal» et vendredi 2 août au soir, encore, la grêle s'€™est abattue sur Saint-Aubin-les-Forges, cite-t-il en exemple.
Retard et désorganisation des moissons sont donc à mettre au compte d'€™une météo décidément très capricieuse. Qu'€™en est-il des résultats de «cette petite année»? Jean-Pierre Condamine et Sébastien Perret avancent les premiers chiffres.

[INTER]Plutôt pas mal en orge[inter]
En orge, «les grains vont partir à 90% en brassicole» témoigne le président de la FDSEA58 qui estime que la culture «ne s'€™est pas trop mal comportée». Les rendements oscillent entre 60 et 80 q/ha sur certaines parcelles, en Bourgogne nivernaise, même si tous n'€™ont pas eu la même chance: «en Haut-Nivernais, vers Varzy-Clamecy, la situation est hétérogène et va de 30 à 70 q/ha». D'€™autres en Centre Nivernais n'€™ont pas pu non plus atteindre les 60 q/ha de moyenne qu'€™évoque le technicien de la Chambre d'€™agriculture. A noter qu'€™il y avait cette fois assez «peu de paille derrière la moissonneuse-batteuse» souligne Jean-Pierre Condamine. Sans doute les effets de la lente croissance végétale liée aux intempéries.
En colza, les récoltes sont «presque finies et donnent des résultats vraiment moyens». Les colzas se sont beaucoup resalis en fin de cycle et si les rendements s'€™échelonnent «de 15 à 30 q/ha, avec une moyenne à 24 q», selon Sébastien Perret, «ce qu'€™on amène au silo est sale avec parfois jusqu'€™à 20% d'€™impureté s» selon Jean-Pierre Condamine qui parle de «petite année, contrairement aux moissons d'€™il y a quatre ans».
Enfin, en blé, l'€™effet variétal s'€™est ajouté aux conditions climatiques pour arriver à une grande hétérogénéité: «on entend de tout» dit Jean-Pierre Condamine. Les deux responsables agricoles parlent d'€™une moyenne de 60 à 80 q/ha mais qui «selon les endroits, vont de 1 à 2». En Bourgogne nivernaise notamment, il n'€™est pas rare d'€™avoir vu des terres superficielles donner 50 q/ha quand «d'€™autres très bonnes terres ont permis d'€™atteindre 80 q/ha». Si les blés ont été très «longs à murir», «les coups de chaud de la fin de cycle ont permis d'€™accélérer un peu» concluent-ils.