L'assemblée générale de l'association Jambon du Morvan s'est tenue le 6 juillet à Arleuf. L'occasion de faire le point sur la demande d'IGP et sur la confrérie. 

Un projet qui s'affine
Les administrateurs de l'association (de gauche à droite : Thomas Dunoyer, Denis Duveau, Arnaud Sabatier, Hélène Carlet - Grand Maître de la confrérie - et Pierre-Yves Schneider) avec l'enveloppe contenant le dossier IGP.

Le 6 juillet avait lieu l'assemblée générale de l'association Jambon du Morvan. Durant celle-ci a été annoncé le dépôt du dossier IGP Jambon du Morvan auprès de l'Institut National des appellations d'origine (INAO). « Depuis la création de l'association en 2016, nous avons pour but d'obtenir cet IGP. Après toutes ces années de travail pour établir un cahier des charges, le dépôt du dossier est désormais fait. Maintenant, il faudra patienter au moins deux ans avant de savoir si l'obtention est effective ou non » détaille Arnaud Sabatier, président de l'association et administrateur de la confrérie du Jambon du Morvan. 

Ficelage du dossier 

Afin de réaliser le dossier en question, l'établissement d'un cahier des charges était nécessaire. « Il a été fait en accord avec les producteurs déjà en place (Fernand Dussert à Arleuf et Lebeau à Blîmes ainsi qu'à Moulins-Engilbert) car il nous paraissait légitime de les inclure dans le projet » souligne Arnaud Sabatier  avant d'ajouter : « afin de réaliser ce cahier des charges, nous avons fait appel à l'association des entrepreneurs de l'agroalimentaire (AEA) et plus spécifiquement à Agnès Couturier ». Cette dernière s'est en effet chargée de récolter les documents historiques en rapport avec le Jambon du Morvan, afin d'établir les fameux critères. 

Trouver l'information 

« Grâce aux recherches historiques, nous avons pu mettre en lumière des éléments incontournables dans le processus de fabrication du Jambon du Morvan, et donc indispensables à intégrer dans le cahier des charges » spécifie Agnès Couturier. « Nous prenons en compte, par exemple, l'altitude, l'orientation et lieu d'implantation de l'atelier d'affinage ainsi que le temps d'affinage (de minimum 9 mois) ». Mais, même si le cahier est établi, Agnès Couturier est encore à la recherche d'informations : « Nous appelons toute personne ayant des documents ou une expérience avec la fabrication du Jambon du Morvan à nous contacter afin de constituer un fond historique plus complet. Car, outre l'obtention de l'IGP, cela permet de retracer l'histoire d'un patrimoine bien particulier » (contact@jambondumorvan.fr). 

Nouveau Grand Maître de la confrérie 

L'assemblée générale fut également l'occasion d'introniser le nouveau Grand Maître de la Confrérie. Le choix des administrateurs s'est porté sur Hélène Carlet, 34 ans, habitante de Roussillon-en-Morvan (Saône-et-Loire). Elle prend ainsi la suite de Luc Vinck, premier président de la confrérie. « Je suis honorée de cette distinction. J'essayerai de promouvoir, comme il se doit, ce produit chargé d'histoire et de valeur qu'est le Jambon du Morvan. Pour moi, il est important de donner de la visibilité à notre savoir-faire unique et français. En plus, la confrérie permet de retrouver une certaine convivialité qui est finalement notre véritable grand maître – en plus du jambon du Morvan bien sûr ! ». 

À ne pas manquer !
L'association du Jambon du Morvan existe depuis 2016.

À ne pas manquer !

Afin de promouvoir le Jambon du Morvan et la confrérie éponyme, une journée de rencontre et de dégustation est organisée à Arleuf le dimanche 11 septembre de 10 h à 19 h (gratuit et ouvert à tous). Cette journée sera aussi l'occasion pour la Confrérie du Jambon du Morvan d'accueillir leurs confrères du Québec (Confrérie du Doré) avec qui ils sont jumelés. C'est aussi l'occasion de rappeler la première fête du flottage à bûches perdues qui se déroulera les 9, 10 et 11 septembre 2022 à Clamecy (contact : festival-du-flottage@cchnvy.fr). 

 

Un choix à faire... ou pas
Hélène Carlet, au centre, succède à Luc Vinck pour les fonctions de Grand Maître.

Un choix à faire... ou pas

« Nous nous sommes posé la question de savoir si le Jambon du Morvan devait être un IGP ou un AOP. Notre choix s’est porté sur l’IGP car cela ne prend pas en compte l’implantation géographique de l’élevage mais celui de la production. Ce point nous paraissait plus souple étant donné que le nombre d’éleveurs porcins sur le secteur n’est pas des plus développés, pour le moment. Néanmoins, nous ne nous fermons aucune porte pour l’avenir de ce produit, qui recèle un potentiel énorme comme il l’a montré par le passé » détaille Arnaud Sabatier. Agnès Couturier rebondit : « nous avons des traces de la présence du Jambon du Morvan dans des banquets internationaux. Ce produit a eu une certaine renommée à un moment donné. Certes aujourd’hui, elle s’est réduite, mais force est de constater qu’il n’a jamais totalement disparu du paysage gastronomique du Morvan ».