Série emploi
Une situation peu confortable

Chloé Monget
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Après le Gaec Rolin (n°1672 de Terres de Bourgogne), c'est au Domaine Chatelain (Les Berthiers – Saint-Andelain) d'exposer ses difficultés à recruter qui durent depuis quelques mois.

Une situation peu confortable
Brigitte Barberat pointe : « nous sommes prêts à former des gens, pour peu qu'ils aient une véritable motivation et l'envie de bien faire ».

« Dans le métier, on dit souvent qu’il faut toujours un employé de plus que l’effectif normal pour remédier à tout imprévu. Aujourd’hui nous en sommes donc loin, puisque nous recherchons deux salariés » détaille Brigitte Barberat, directrice des ressources humaines et sociales au Domaine Chatelain avant d’ajouter : « L’un est pour anticiper le départ en retraite d’un de nos collaborateurs et l’autre est pour un ouvrier viticole ». Seul problème, le Domaine ne trouve personne pour remplir ces postes.

Manque de contact

« Nous avons reçu environ 3 CV, d’un ancien facteur, d’un informaticien ou encore d’un ancien gendarme à la retraite. Même si nous sommes prêts à former nos effectifs (avec grand plaisir), ces profils ne correspondent pas du tout à ce que nous recherchons ». Au vu de la situation, Brigitte Barberat s’est donc rapprochée de Pôle Emploi, « qui n’a pas la compétence de nous rediriger vers les bonnes personnes, par manque de connaissance de notre métier. Nous avons également contacté le CFPPA de Cosne et le Legta de Cosne. Mais là aussi, peu de personne ne postule pour les formations ; c’est désespérant ».

Envie de rien

Brigitte Barberat évoque un manque d’envie général : « On me dit parfois que nous sommes trop loin de Cosne… C’est une excuse peu valable puisque la plupart de nos collaborateurs actuels font entre 30 et 45 minutes de route pour venir au travail. D’habitude nous recevons une dizaine d’appels pour l’emploi saisonnier au moment des andains. Cette année, pas un coup de fil ! On nous parle d’effet Covid, avec des personnes revenant travailler à la campagne, mais pour le moment nous n’en avons pas vu une seule ». Face à ce manque de personnel, Brigitte Barberat a trouvé une solution de repli.

En pointillé

« Pour la première fois, nous avons fait appel à une entreprise d’intérim. D’un côté, ce procédé est appréciable, car tout l’administratif est simplifié pour nous. Mais, d’un autre, la gestion des personnes est plus aléatoire. Déjà que nous sommes en flux tendu en permanence par manque de main-d’œuvre, alors quand les « renforts » partent, cela devient ingérable. L’intérim est une solution provisoire ; un pansement sur une plaie ouverte ». Aujourd’hui, le domaine Chatelain continue son activité « car nous devons honorer nos commandes et travailler la vigne » et si la situation devait perdurer Brigitte Barberat utiliserait sa dernière flèche : « il ne nous restera plus qu’à faire appel à une entreprise d’intérim étrangère, car eux proposent une main-d’œuvre sérieuse et qualifiée dans nos métiers ».

Des métiers particuliers

« C’est malheureux que les salariés en viticulture deviennent si rares en France, alors qu’il y a une véritable demande. Certes, les métiers de la vigne sont durs, car on travaille dehors par tous les temps mais ils sont au final passionnants et gratifiants. Après, nous avons aussi des exigences avec nos salariés, comme être sérieux, ponctuels ou encore méticuleux dans son travail ». Pour toute candidature : contact@domaine-chatelain.com ou 03 86 39 17 46.

Un réseau supplémentaire

Pour rappel, l’association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture (Anefa) propose aux employeurs de diffuser gratuitement leurs offres sur le site : www.lagriculture-recrute.org

L’Anefa leur transmet ensuite les CV des postulants. Renseignements auprès de l’Anefa Nièvre : 03 86 93 40 93.