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De Saint-Seine à Isenay

Visite préfectorale en Sud Morvan

Journée chargée pour Michèle Kirry, lundi 15 septembre dernier. La préfète conduisait une délégation de l’administration sur le thème de l’agriculture dans le sud-Morvan. 

Par Emmanuel Coulombeix
Visite préfectorale en Sud Morvan
Serge Sauvaget (à droite) a montré à la préfète le cours d’eau, qui ressemble à un fossé, sur lequel il envisage de faire des travaux pour faciliter l’écoulement et éviter le dessèchement.

Serge Sauvaget, maire de Saint-Seine et exploitant agricole sur la commune, a été le premier a s’entretenir avec la préfète et sa délégation. Sur le terrain, dans ses champs, où s’écoule -plus ou moins- ce qui relève de la définition des cours d’eau. Depuis des travaux de branchements de gaz, il y a quelques années, l’eau se fait plus rare et le bas du «fossé» s’assèche plus vite, notamment à cette saison et quand l’été n’a pas été aussi pluvieux que cette année. Aussi, l’éleveur souhaite-t-il programmer des travaux, travaux qui nécessitent une déclaration auprès de l’administration. La chose est acquise et pas remise en cause par l’intéressé, même si, de l’aveu même de la préfète, «nous sommes à la limite de la définition du fossé et que nous devons faire preuve de la plus grande souplesse» a-t-elle reconnu. Un agent de la DDT a tout de même rappelé ce qu’était la jurisprudence en matière de cours d’eau et délimité les linéaires soumis à déclaration (busage jusqu’à 20 mètres) et à autorisation (jusqu’à 100 mètres). De même qu’Hubert Goglins, le Directeur départemental des territoires (DDT) adjoint, a pondéré la nécessité des travaux: «nous risquons de voir en 50 ans disparaître le travail des ancêtres depuis 1000 ans. Il faut que cela se raisonne économiquement» a-t-il lancé. C’est en toute décontraction que les représentants de l’administration ont engagé un dialogue constructif avec leurs hôtes, une action de communication cordiale également, dans ce contexte où les agriculteurs manifestent régulièrement leur agacement de voir l’administration encadrer leur travail d’un peu trop près.

 

Installation et diversification 

La détente était aussi de mise en fin de matinée chez Marcel Cottin, à Isenay. Après une présentation de son parcours professionnel, voué à l’élevage ovin, et de son exploitation, le président de la section ovine de la FRSEA a voulu témoigner de la nécessité de renouveler les générations en agriculture, et en moutons en particulier. Quelques jeunes éleveurs ovins avaient d’ailleurs pris place à ses côtés, Julie Chevalier ou Guillaume Cousin (dont nous avons déjà parlé dans nos colonnes) ainsi que l’un des fils de l’exploitant, lui-même salarié agricole dans une ferme de Châtillon-en-Bazois. «Je suis concaincue que c’est bien d’aller voir ailleurs et de ne pas forcément se mettre la pression d’une reprise d’exploitation familiale dès la fin des études» leur a lancé Michèle Kirry à qui Eric Bertrand, le président de la Chambre d’agriculture a parlé des nécessaires «investisseurs qui doivent proposer des solutions moutons + panneaux photovoltaïques pour que la ferme Nièvre s’en sorte». La préfète semble avoir acquiescé. Enfin, après l’eau, l’élevage bovin et ovin, l’aspect économique et l’engraissement et la dimension sociale (ndlr: elle a vanté les atouts des Contrats de génération et des Emplois d’avenir pour embaucher sur la ferme), la délégation s’est rendue sur les exploitations horticole et cidricole de Thierry Denis à Larochemillay et Alexandre Lepoivre à Millay. Où il a été question de diversification, même si comme pour les ovins, ces exploitants agricoles ont fait de leurs fleurs et de leur cidre des activités à part entière. La diversité de la production agricole du Sud-Morvan a-t-elle ainsi été saluée par l’administration.