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Sécheresse estivale dans la Nièvre

Vers une reconnaissance «calamité»?

Pour la deuxième fois, jeudi 8 octobre, une délégation de la DDT 58 est venue expertiser sur le terrain les conséquences de la sécheresse de l’été. La remontée d’information pourrait déboucher sur une reconnaissance en «calamité agricole».
Par Emmanuel Coulombeix
Le 12 août dernier, une première mission d’enquête de l’administration avait fait la tournée des fermes nivernaises pour constater l’absence de pousse d’herbe, dûe à la sécheresse de l’été. Jeudi dernier, Patricia Février et Céline Gay, de la DDT 58, se sont de nouveau déplacées dans quatre exploitations du département, afin de faire le point sur la (non) repousse et les conséquences de l’affouragement au pré et de la diminution des stocks, du fait de l’épisode de sécheresse estival. Durant une heure, chez Guillaume Colmont, à Langeron, puis chez Paul Evers, à Beaumont Sardolles, chez Alain Bertin, à Montapas, puis chez Philippe Guyard, à Saizy, les deux fonctionnaires ont constaté le niveau de l’herbe et pris les témoignages des exploitants, en présence, à chaque fois, de représentants des syndicats agricoles et de la Chambre d’agriculture. Cette deuxième mission sert à préparer la réunion du prochain Comité départemental d’expertise, le 27 octobre prochain, qui transmettra ensuite le dossier au CNGRA, le 4 novembre, avant un passage en Commission nationale le 15 novembre prochain. De là, pourrait découler la reconnaissance de la sécheresse dans la Nièvre, en calamité agricole par le ministre de l’Agriculture.

Des pertes de 35 à 50% de fourrages
A chaque étape, les exploitants ont fait part de leurs pertes   : Au moins 35% chez Guillaume Colmont, 50% chez Paul Evers (40% sur l’année), 50% chez Alain Bertin et 25 à 30% sur les parcelles non déprimées et 50% sur les déprimages chez Philippe Guyard. Les conditions météo chaudes de l’été ont été accentuées par la baisse des précipitations. Un voisin de Philippe Guyard a relevé des pluviométries de 48 mm en juin, 10 mm en juillet, 38 mm en août et 79 mm en septembre, une moyenne bien en-deçà des normales saisonnières... Face à ce fléau, les agriculteurs ont tenté de parer à l’urgence avec leurs moyens : achats complémentaires de foin, enrubannage, paille, mélasse, concentrés et autoconsommation des céréales destinées habituellement au commerce pour l’éleveur de Saizy qui affourage au pré depuis le 20 juillet. Guillaume Colmont, lui, a complètement consommé les stocks (60 t de foin) qui lui restaient de l’année précédente pour nourrir ses génisses dès la fin juin. Le stock 2015 est déjà entamé et il a dû acheter du sorgho, de la paille, de la luzerne déshydratée, des minéraux et des oligo-éléments qui constituent bien sûr un coût supplémentaire. Paul Evers, de son côté, a essayé les dérobées, sans succès. Et il devra faire des rations sèches, au lieu de l’ensilage de maïs, pour éviter l’amaigrissement des vaches et des génisses. Alain Bertin constate lui aussi une absence de regain d’herbe. Comme Guillaume Colmont à Langeron, l’éleveur de Montapas déplore les surcoûts liés à l’inadéquation de l’alimentation des bovins. Il évoque aussi un surcoût lié à la distribution de l’eau, roulée tout l’été. Les factures vont gonfler... Décidément, la sécheresse ajoute des handicaps techniques et économiques à des éleveurs qui n’avaient pas besoin de çà...