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Transmission des exploitations

Union sacrée et appel à l’anticipation

Le Comité d’orientation transmission installation (COTI) de la Chambre d’agriculture a tenu une conférence de presse, le 11 septembre dernier. Cette structure, créée en 2010 après le rattachement de l’Adasea à l’institution consulaire, réunit des élus professionnels de toutes les sensibilités. La semaine passée, chacun a pu apporter sa pierre à la préoccupation majeure que constitue la transmission d’exploitations.

Par Emmanuel Coulombeix
Union sacrée et appel à l’anticipation
Les membres du COTI de la Chambre d’agriculture veulent déclarer l’union sacrée en faveur du parcours à la transmission.

Parce que céder sa ferme, en fin de carrière et préparer sa retraite d’agriculteur et s’anticipent, la Chambre d’agriculture, en partenariat avec la MSA, a mis sur pied deux réunions d’information sur la cession: l’une a eu lieu le 23 septembre à Nevers, l’autre se tiendra le 9 octobre à Planchez-en-Morvan. Et dans la Nièvre, le processus ne se fait pas toujours aussi facilement. «Il y a des freins aussi bien économiques, logistiques, que psychologiques ou culturels» selon Alain Nanty, le représentant de la FDSEA58 dans le groupe de travail. Un exploitant peut parfois attendre la dernière minute en faisant confiance à un voisin dans lequel il place ses espoirs plutôt que dans la transmission de son activité à un jeune ou moins jeune, certes peut-être moins tenté par le système de production dominant mené par le cédant. Des investisseurs peuvent parfois vouloir créer une activité économique sans être professionnels de l’agriculture, séduisant le futur ex-agriculteur par des propositions financières plus ou moins alléchantes. Pour Alexandre Lorré, président du Coti et des JA de la Nièvre, il y a aussi le cas de ces reprises qui se font par agrandissement, dont Denis Sanchez résume qu’il s’agit «d’une disparition humaine et économique». Pour les membres du Coti, à l’unisson, «la transmission ne doit pas aller sans l’installation» et donc «susciter des vocations» selon Lydie Deneuville. «Quitte à imaginer des systèmes de production différents de ceux auxquels nous sommes habitués dans le département. S’il n’y a que 3000 exploitations pour vendre des broutards à l’Italie, l’avenir de la ferme Nièvre n’est pas assuré» ajoute sobrement le président de la Chambre, Eric Bertrand, qui se bat depuis plusieurs mois pour faire admettre que «la valeur ajoutée de la ferme Nièvre peut passer par de nombreuses autres productions, à commencer par les moutons, le lait et les fromages de chèvre, les viandes blanches (volailles et porcs) et quelques autres»... 

 

Anticiper

L’union sacrée est déclarée sur ce dossier. Les membres de Chambre auront à se prononcer prochainement, en session et sur la base des travaux du Coti, sur les leviers à mettre en œuvre. D’ores et déjà, les différentes sensibilités syndicales appellent à une position dépassionnée et unanime. C’est que l’enjeu est d’importance. Il part de deux constats: le premier est qu’entre 2000 et 2010, 21% d’exploitations agricoles ont disparu du paysage économique nivernais. Le second est que l’âge moyen des agriculteurs du département implique que d’ici 10 ans, la moitié d’entre eux auront atteint l’âge de la retraite et que, jusqu’à maintenant, ce processus de cessation est souvent négligé par eux-mêmes. Le maître-mot est que la transmission doit se préparer et s’anticiper: «il faut effectuer un travail de repérage bien en amont des cédants... C’est de l’humain. Ils doivent avoir un parcours pour leur transmission, comme c’est le cas pour l’installation» martèle Alain Namy. Pour l’instant, il ne semble pas toujours évident que l’une et l’autre aillent spontanément de concert...