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Vêlages

Une véritable hécatombe

Antoine Jeannin, éleveur à Marcheseuil entre Arnay-le-Duc et Liernais, va approcher la cinquantaine de pertes d'animaux à cause de la FCO.

Par AG
Une véritable hécatombe
Le jeune éleveur avait pourtant vacciné ses bêtes en fin d'année dernière.

Ça va mieux en élevage ? Oui, mais pas pour tout le monde. C'est notamment le cas de celles et ceux qui, en ce moment, subissent de plein fouet les ravages de la FCO lors des vêlages. Nous nous sommes rendus il y a quelques jours chez un Côte-d'orien particulièrement touché. Antoine Jeannin, 30 ans, élève 160 vaches limousines et charolaises avec son oncle Raphaël sur la commune de Marcheseuil. Dix-sept pertes avaient déjà été enregistrées l'an passé, principalement dans deux lots de génisses limousines. Ce mois de novembre a été désastreux pour lui, cette fois-ci dans ses charolaises : « Normalement, il y a 80 veaux qui arrivent à cette période mais il va en manquer une trentaine. En plus des avortements, certains veaux naissent morts, ou ne sont pas viables. L'un d’eux était aveugle, un autre n'avait que de l'eau dans le cerveau… Il y a toutes sortes d'anomalies et la suite, c'est toujours l'euthanasie. Je viens encore de retrouver trois vaches vides alors qu'il y en avait déjà plusieurs… Je ne sais pas quand tout cela va s'arrêter. Les veaux nés en novembre sont souvent très fragiles, je ne sais pas ce que ça va donner. Parmi mes 17 pertes enregistrées l'hiver dernier, j'avais perdu plusieurs laitonnes et également une vache pour ne rien arranger. Bref, rien ne va ». Antoine Jeannin avait vacciné ses animaux entre Noël et le jour de l'an : « franchement, je le regrette, car c'est à se demander si ce n'est pas pire… Cela me fait penser à ce que nous avons connu, nous, humains, lors du covid. Les vaccins, c'est fini pour moi. Mon avis sur la question : les animaux doivent s'immuniser seuls. J'observe qu'il n'y a pas eu de complications cette fois avec les limousines qui avaient posé problème en 2024 ».

Économie et moral en berne

Cette perte d'animaux, qui va approcher la cinquantaine d'unités en seulement quelques mois, va logiquement poser problème sur le plan économique : « le moral est également touché, lui aussi. Il va falloir continuer de payer les annuités et cela va être d'autant plus problématique quand la MSA va nous tomber dessus, avec l'augmentation du prix de la viande. Il devrait y avoir une année blanche pour les éleveurs sinistrés. Si ce n'est pas le cas, je ne sais pas comment nous allons faire ». Installé en 2018, Antoine Jeannin avait bel e bien rempli un dossier d’indemnisations, mais une maigre somme de 2 000 euros est arrivée : « arrivée au bout d'un an ! Et cela ne correspond à rien du tout. Nous avons pourtant tout envoyé, tout renseigné. Il y avait de la FCO 8 et 3 dans l'histoire. Je ne sais plus quoi penser ». Pour tenter de s'adapter et de se refaire, le jeune éleveur envisage de conserver toutes ses laitonnes. Quelques vaches ont également été remises au taureau.