Sécheresse
Une situation qui devient inquiétante
L’absence de précipitations a conduit la préfecture à prendre de nouvelles restrictions sur l’usage de l’eau dans le département. Une centaine de communes sont désormais concernées par ces mesures. Une situation qui n’est pas sans poser des difficultés pour le monde agricole.
Les étés se suivent et commencent à se ressembler. Une sécheresse estivale frappe le département pour la seconde fois consécutive. « Mais, contrairement à l’année passée, la situation hydrologique se dégrade dès le début de l’été car les pluies ont été peu abondantes au cours de l’hiver et du printemps. Les précipitations ont permis de recharger les sols et les nappes alluviales des cours d’eau en hiver, mais pas les aquifères profonds. Le printemps n’a pas été plus généreux en permettant tout juste de répondre au besoin de la végétation » explique Arnaud Vautier, le conseiller irrigation de la Chambre d’agriculture. Depuis le 19 juillet, la préfecture a déclenché le niveau de restriction d’eau le plus sévère pour 11 communes (de Magny-Cours à Lucenay-les-Aix). Dans les autres secteurs la situation a évolué. La Dragne, l’Ixeure, la Canne, et la Nièvre, sont désormais passées en situation de crise.
L’alerte simple concerne le Nohain et le Mazou entre autres. En revanche, le Sauzay est en alerte renforcée. Toute la profession agricole est touchée par la sécheresse à l’image de Jean Chabanneau, céréalier sur la commune d’Avril-sur-Loire. Son exploitation se trouve sur le bassin-versant de l’Acolin qui est en crise. Conséquence, depuis le lundi 22 juillet, date du dernier arrêté préfectoral, tous les prélèvements de surface sont interdits. Jean Chabeanneau n’a donc plus l’autorisation d’irriguer son maïs ni son soja soit au total une quarantaine d’hectares qui sans pluie suffisante risque de griller sur pied. « L’an passé, j’avais réussi à réaliser environ 100 q/ha grâce au tour d’eau. Nous n’avions eu que deux à trois jours d’interdiction par semaine. Cette année, je prévois 45 à 50 q/ha si la situation se poursuit » explique le céréalier. Il faut préciser que cette restriction arrive au moment où les cultures irriguées sont en pleine floraison. Calculette en mains l’exploitant agricole a fait ses comptes : « En charge opérationnelle, mon maïs me coûte entre 450 à 500 euros par hectare. Il faut ajouter à cela 40 à 45 euros par hectare de frais d’électricité pour l’arrosage réalisé, et les nombreuses heures de main-d’œuvre qui ne sont pas chiffrables mais qu’il faut prendre en compte néanmoins, mes pertes sèches sont énormes » explique-t-il.
Pour le président de l’Admien, cette situation est un échec : « la gestion de l’eau sur l’Acolin montre des disparités importantes entre les départements de l’Allier et la Nièvre. Sous l’impulsion de l’Admien, un premier pas a été réalisé dans l’urgence par la Direction Départementale de la Nièvre, qui a adopté un niveau de restriction comparable au département de l’Allier pour les prélèvements en nappe profonde. Un projet de territoire de stockage de l’eau et de régulation du cours d’eau de l’Acolin, permettrait de répondre aux usages économiques et environnementaux. Ces situations sont courantes en Midi-Pyrénées où la plupart des rivières font l’objet de réalimentation par des lacs en été et permettent d’irriguer des surfaces beaucoup plus conséquentes sans porter préjudice à la rivière. L’administration reste beaucoup trop frileuse sur ces sujets » estime-t-il.
« Une assurance récolte inutile »
La solution pour faire face aux aléas serait de s’assurer contre les pertes de récoltes. Cependant, cette assurance récolte ne fonctionne pas lorsqu’il y a un arrêté de préfectoral. Cette situation ubuesque concerne de nombreux céréaliers qui font le choix de ne plus s’assurer. « Dans les zones intermédiaires comme les nôtres, le maïs c’est l’assurance d’avoir du revenu. Si l’État nous interdit d’en produire, c’est tout un système d’exploitation qu’il faut remettre en cause » déplore François Dulong. Dans la conduite de Jean Chabanneau, il est prévu par exemple de donner 100 tonnes de maïs et 5 tonnes de soja toasté pour l’autoconsommation des charolaises en vue de leur engraissement. L’inquiétude est donc de mise chez le céréalier.
La sécheresse ne se provoque pas, elle est subie
Invité à réagir sur cette situation, Didier Guyon, secrétaire général de la Chambre d’agriculture a tenu à remettre « le facteur sur le vélo » : « Les agriculteurs subissent la sécheresse, ils ne la provoquent pas ! Il faut également relativiser la situation de 2019. Certes, elle est préoccupante mais pas catastrophique si on se réfère à 2003 et plus récemment à 2011 où nous avions eu à pareille époque cinq arrêtés de même nature » a précisé l’élu. Il poursuit avec des données quantitatives : « il faut comparer ce qui est comparable : dans la Nièvre, nous irriguons 6 700 hectares pour une consommation de 9 millions de m3 d’eau ; dans le Cher, la surface irriguée représente 20 000 ha pour 38 millions de m3 d’eau et enfin l’Allier irrigue 18 000 ha et consomme 34 millions de m3. Tout cela pour dire que nous sommes l’un des départements français qui consomme le moins d’eau en termes d’irrigation » martèle l’élu.
Conscient de la nécessité de mieux communiquer sur les enjeux de l’irrigation pour son activité, l’élu organise le 3 août prochain dans le cadre de la fête des moissons, une après-midi portes ouvertes sur son exploitation où l’irrigation sera expliquée au grand public.
L’alerte simple concerne le Nohain et le Mazou entre autres. En revanche, le Sauzay est en alerte renforcée. Toute la profession agricole est touchée par la sécheresse à l’image de Jean Chabanneau, céréalier sur la commune d’Avril-sur-Loire. Son exploitation se trouve sur le bassin-versant de l’Acolin qui est en crise. Conséquence, depuis le lundi 22 juillet, date du dernier arrêté préfectoral, tous les prélèvements de surface sont interdits. Jean Chabeanneau n’a donc plus l’autorisation d’irriguer son maïs ni son soja soit au total une quarantaine d’hectares qui sans pluie suffisante risque de griller sur pied. « L’an passé, j’avais réussi à réaliser environ 100 q/ha grâce au tour d’eau. Nous n’avions eu que deux à trois jours d’interdiction par semaine. Cette année, je prévois 45 à 50 q/ha si la situation se poursuit » explique le céréalier. Il faut préciser que cette restriction arrive au moment où les cultures irriguées sont en pleine floraison. Calculette en mains l’exploitant agricole a fait ses comptes : « En charge opérationnelle, mon maïs me coûte entre 450 à 500 euros par hectare. Il faut ajouter à cela 40 à 45 euros par hectare de frais d’électricité pour l’arrosage réalisé, et les nombreuses heures de main-d’œuvre qui ne sont pas chiffrables mais qu’il faut prendre en compte néanmoins, mes pertes sèches sont énormes » explique-t-il.
Pour le président de l’Admien, cette situation est un échec : « la gestion de l’eau sur l’Acolin montre des disparités importantes entre les départements de l’Allier et la Nièvre. Sous l’impulsion de l’Admien, un premier pas a été réalisé dans l’urgence par la Direction Départementale de la Nièvre, qui a adopté un niveau de restriction comparable au département de l’Allier pour les prélèvements en nappe profonde. Un projet de territoire de stockage de l’eau et de régulation du cours d’eau de l’Acolin, permettrait de répondre aux usages économiques et environnementaux. Ces situations sont courantes en Midi-Pyrénées où la plupart des rivières font l’objet de réalimentation par des lacs en été et permettent d’irriguer des surfaces beaucoup plus conséquentes sans porter préjudice à la rivière. L’administration reste beaucoup trop frileuse sur ces sujets » estime-t-il.
« Une assurance récolte inutile »
La solution pour faire face aux aléas serait de s’assurer contre les pertes de récoltes. Cependant, cette assurance récolte ne fonctionne pas lorsqu’il y a un arrêté de préfectoral. Cette situation ubuesque concerne de nombreux céréaliers qui font le choix de ne plus s’assurer. « Dans les zones intermédiaires comme les nôtres, le maïs c’est l’assurance d’avoir du revenu. Si l’État nous interdit d’en produire, c’est tout un système d’exploitation qu’il faut remettre en cause » déplore François Dulong. Dans la conduite de Jean Chabanneau, il est prévu par exemple de donner 100 tonnes de maïs et 5 tonnes de soja toasté pour l’autoconsommation des charolaises en vue de leur engraissement. L’inquiétude est donc de mise chez le céréalier.
La sécheresse ne se provoque pas, elle est subie
Invité à réagir sur cette situation, Didier Guyon, secrétaire général de la Chambre d’agriculture a tenu à remettre « le facteur sur le vélo » : « Les agriculteurs subissent la sécheresse, ils ne la provoquent pas ! Il faut également relativiser la situation de 2019. Certes, elle est préoccupante mais pas catastrophique si on se réfère à 2003 et plus récemment à 2011 où nous avions eu à pareille époque cinq arrêtés de même nature » a précisé l’élu. Il poursuit avec des données quantitatives : « il faut comparer ce qui est comparable : dans la Nièvre, nous irriguons 6 700 hectares pour une consommation de 9 millions de m3 d’eau ; dans le Cher, la surface irriguée représente 20 000 ha pour 38 millions de m3 d’eau et enfin l’Allier irrigue 18 000 ha et consomme 34 millions de m3. Tout cela pour dire que nous sommes l’un des départements français qui consomme le moins d’eau en termes d’irrigation » martèle l’élu.
Conscient de la nécessité de mieux communiquer sur les enjeux de l’irrigation pour son activité, l’élu organise le 3 août prochain dans le cadre de la fête des moissons, une après-midi portes ouvertes sur son exploitation où l’irrigation sera expliquée au grand public.