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Filière bois

Une ressource forestière peu valorisée localement

Avec 1,7 million d’hectares de forêts, la Bourgogne–Franche-Comté dispose d’un atout majeur. Mais entre sous exploitation de la ressource et structuration encore incomplète de la filière, la valorisation du bois local reste un enjeu stratégique pour les territoires.

Par Alexandre Coronel
Une ressource forestière peu valorisée localement
Les scieries de BFC produisent chaque année plus de 1 M de m3 de sciage.

Avec près de 36 % de sa surface couverte de forêts, la Bourgogne–Franche-Comté (BFC) figure parmi les grandes régions forestières françaises. Elle totalise environ 1,7 million d’hectares boisés, soit près de 11 % de la forêt nationale. Chaque année, la croissance naturelle de cette ressource avoisine les 12 millions de mètres cubes de bois. Pourtant, seuls 4,7 à 5 millions de mètres cubes sont effectivement récoltés, signe d’un potentiel encore largement sous exploité. Cette situation s’explique en partie par la structure même de la forêt régionale, majoritairement privée et morcelée, mais aussi par des contraintes d’accessibilité et d’organisation de la récolte. Elle pose surtout la question de la mobilisation de la ressource et de sa transformation au plus près des territoires. Car la filière forêt-bois constitue un poids économique significatif. Elle regroupe entre 4 600 et 5 000 entreprises et représenterait plus de 20 000 emplois, essentiellement en zones rurales. De la sylviculture à la construction bois, en passant par le sciage et l’ameublement, elle irrigue un large tissu d’activités. La région se distingue notamment comme première productrice nationale de chêne, avec environ un quart de la production française. Le maillon de la première transformation occupe une place centrale dans cette organisation. Les scieries et entreprises forestières, au nombre d’environ 450, produisent chaque année plus d’un million de mètres cubes de sciages. Mais cette capacité reste insuffisante pour absorber et valoriser l’ensemble de la ressource disponible, en particulier pour les feuillus, très présents dans les massifs régionaux. 

Valorisation en circuit court

L’enjeu est donc double : mieux mobiliser le bois et renforcer sa transformation locale. Cela suppose d’adapter les outils industriels, souvent conçus pour des produits standardisés, alors que le bois local, notamment feuillu, présente des caractéristiques plus hétérogènes. Cette spécificité peut générer des coûts supplémentaires et freiner son intégration dans certains process. Dans ce contexte, la valorisation en circuit court apparaît comme un levier de développement. Elle permettrait de capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire, tout en répondant aux attentes croissantes en matière de matériaux biosourcés. La construction bois, en particulier, offre des perspectives intéressantes, dans un contexte de transition écologique. Reste à consolider l’organisation de la filière, de la forêt jusqu’au produit fini. Car au-delà de la ressource disponible, c’est bien la capacité collective à la mobiliser, la transformer et la commercialiser localement qui conditionnera le développement du bois régional.

La filière en chiffres

La forêt en BFC couvre 1,75 à 1,8 million d’hectares, soit 36 à 37 % du territoire régional (au delà de la moyenne nationale à 31 %) et la BFC est une des régions les plus boisées de France. Les essences sont réparties en 70 % de feuillus (chêne, hêtre) et 30 % de résineux (douglas, épicéa, sapin). La filière bois pèse économiquement, avec un tissu de 5 000 entreprises, représentant 20 à 22 000 emplois, pour un chiffre d’affaires annuel estimé entre 4 et 5 milliards d’euros.

Participez au Sylvotrophée du Morvan

Le Sylvotrophée a été créé en 2017 à l’initiative du Parc du Haut-Jura et de 4 autres Parcs de l’Est de la France et de Suisse. Il a pour objectifs : la mise en lumière de forestiers du territoire qui ont adopté une gestion dite multifonctionnelle de leurs forêts, la création d’un lieu d’échanges et de débats entre acteurs du monde sylvicole. Sa 5è édition est lancée. Elle porte sur le thème de l'allongement des cycles sylvicoles. Elle est organisée en partenariat entre le Parc naturel régional du Morvan, le Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) et l’Office National des Forêts (ONF). Le concours s’adresse aux propriétaires privés possédant des parcelles au sein du Parc ainsi qu’aux communes du territoire. Toute parcelle forestière de 4 à 10 hectares comportant au minimum 20 % de feuillus d’essences autochtones est éligible. Les propriétaires forestiers sont invités à candidater en duo avec leur gestionnaire. Les dossiers de candidature sont à récupérer auprès du chargé de mission forêt du Parc du Morvan ou sur le site internet du Parc et sont à retourner complet avant le 31 mai. www.parcdumorvan.org