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Chambre d'agriculture

Panorama sur l'agriculture icaunaise

Lors de la dernière session de la Chambre d'agriculture de l'Yonne, son président Arnaud Delestre a dressé un tour d'horizon de l'actualité agricole du département.

Par Charlotte Sauvignac
Session
Le jeudi 12 mars, Arnaud Delestre, président de la Chambre d'Agriculture de l'Yonne est revenu sur l'actualité agricole départementale.

Après une pluie persistante connue depuis plusieurs semaines, Arnaud Delestre, relativise en exprimant le fait que « le département n'a été touché que modérément par cette situation, avec des cas isolés situés principalement en bordures de rivières ». Cette situation s'est suivie d'une montée des températures « supérieures à la moyenne sur 40 jours consécutifs dès le 10 janvier ». Cette situation a pu créer des déséquilibres au sein des cultures de colzas dont « certains étaient en fleurs dès la fin février alors que le risque de rechute des températures et de gel est encore très grand ». Fin février, « les relevés faisaient état d'une avance de pratiquement 15 jours en comparaison avec le stade cultural de l'an dernier », affirme-t-il par la suite. Cette chaleur s'accompagne de l'apparition de pucerons et de maladies comme la jaunisse nanisante de l'orge (JNO), relevé le mois dernier sur des parcelles « n'ayant pas pu recevoir de traitements insecticides à l'automne ». L'orge connaît également une forte pression « helminthosporiose, une maladie fongique attaquant les feuilles, favorisée par l'humidité de ces dernières semaines ». Pour ce qui concerne la betterave, la situation est très hétérogène dans le département. Au niveau national, « on constate un rendement jugé bon à environ 91 t/ha sur la campagne 2025 », alors que dans le département, tout comme en Champagne ou en Seine-et-Marne, « certains planteurs ont récolté moins de 60 t/ha ». Ces chiffres s'expliquent notamment par une forte présence de « la jaunisse au sein de plantes fragilisées ». Pour contrecarrer cette situation, « la profession est en train de porter une demande d'indemnisation pour les pertes les plus importantes ».

Des cours qui se maintiennent

Du côté de l'élevage bovin, le manque d'animaux sur le marché « maintient les cours vers le haut ». Pour rappel, l'an dernier le prix du kg vif toutes vaches confondues a « augmenté de 2 euros » alors que les abattages sont finalement « restés stables ». Cette année, on constate un prix à « 6,50 euros/kg vif pour les vaches laitières et autour de 7,35 euros/kg pour les charolaises en départ ferme ». Les jeunes bovins et les broutards connaissent la même situation « avec des prix à 7,20 euros/kg départ ferme (jeunes bovins) » et des prix à 5,80 euros/kg (jeunes broutards). En boucherie, le constat est le même pour la proportion de veaux, avec une réduction de 2,9 % en 2025. L'élevage laitier est à contre-courant des dernières informations annoncées. « On assiste ces derniers mois à un décrochage des prix du lait amorcé depuis l'automne dernier », ajoute Arnaud Delestre. Pour cette année, le marché du lait « mise sur un prix moyen situé entre 400 et 430 euros/1 000 litres, avec une chute au printemps lors du pic saisonnier lié à la mise à l'herbe avec des prix annoncés en deçà de 400 euros ».

Les ovins sont attendus à l'approche des fêtes de Pâques. « Les agnelages hivernaux ont été mieux réussis que ceux de septembre ». Et face à la précocité de la fête de Pâques en 2026, Arnaud Delestre craint que « beaucoup d'agneaux ne soient que tout juste prêts ». En termes de commercialisation, les prix sont repassés sous la barre des 10 euros/kg au cours du mois de février… « tout de même bien au-dessus des prix affichés en 2024 ». Quant aux viandes blanches et œufs, « la consommation de volailles de chair poursuit sa progression, malgré le fait que la filière s'est dégradée et que par conséquent la moitié des poulets consommés en France sont aujourd’hui importés ». Pour répondre à cette demande croissante, faisant état d'un besoin de 2 200 poulaillers supplémentaires d'ici 2035, « l'interprofession a lancé un appel d'urgence pour un grand plan filière lors du Sia ».

Quant aux œufs, la production a progressé de plus de 5,1 %, en comparaison à décembre 2024. La consommation a toutefois évolué. « Les industriels restent prédominants sur le marché, tandis que cela ne représente que 14 % des achats des ménages français… Un changement de modes de consommation lié à la prise en compte du bien-être animal ».

Avant de conclure, Arnaud Delestre a fait le point sur l'élevage de porcs. « Le cheptel français est en légère hausse (+ 0,8 %) répondant à une augmentation de consommation (+ 2,7 %) ». En ce qui concerne les cours, la baisse observée depuis la fin de la saison estivale se stabilise, pour atteindre 1,64 euro le kg, bien inférieur à 2025. À cela s'ajoute, « la découverte des cas de peste porcine africaine (PPA, ndlr) découverts en Espagne sur des sangliers » qui a un impact sur l'ensemble du marché.

Soutien à l'abattoir de Cosne-sur-Loire

Arnaud Delestre, le président de la Chambre d'agriculture s'est également exprimé sur la réouverture de l'abattoir de Cosne-sur-Loire, dans la Nièvre. « Cet outil de proximité joue un rôle déterminant pour nos éleveurs engagés en vente directe, pour les bouchers artisanaux, et plus largement pour le maintien d'un maillage territorial d'abattage adapté à nos filières », manifeste-t-il. Cette mobilisation vient du fait que 18 % du tonnage traité par cet établissement est issu des élevages icaunais. Face à cette situation, la session de la Chambre d'agriculture a approuvé, ce jeudi 12 mars, l'attribution d'une subvention exceptionnelle de 15 000 euros destinée à soutenir la reprise d'activité de l'établissement et à « sécuriser la pérennité de cet outil essentiel pour nos filières d'élevage ».