Une plus-value éducative
Aux Rousses, cette commune de moyenne montagne du Jura qui borde la Suisse expérimente depuis la rentrée de 2013, les nouveaux rythmes scolaires. «Tout le monde s’en félicite!», s’exclame son maire, Bernard Mamet.
Avant d’être une affaire d’organisation et de logistique, les rythmes scolaires sont d’abord une question pédagogique et éducative. «Nous n’avons pas apprécié le passage aux 4 jours d’école par semaine. Chez nous, le retour aux 4,5 jours de scolarité faisait consensus pour des raisons pédagogiques admises par tous les spécialistes», explique le maire des Rousses.
Aussi, dès l’annonce de la réforme des rythmes scolaires, les élus, les enseignants et les parents d’élèves de la station du Haut Jura décident, sans attendre, de les appliquer dès la rentrée de septembre 2013.
Après une année scolaire de fonctionnement, tout le monde loue l’expérience. C’est si vrai qu’elle sera reconduite en l’état à la rentrée 2014 et que Bernard Mamet, réélu aux dernières municipales, n’a pas eu à souffrir électoralement de cette nouvelle organisation scolaire. Faut dire que les élus des Rousses ont créé les conditions d’un accueil exemplaire des enfants de la commune. Entre l’organisation de l’accueil extra-scolaire et la mise en place des temps d’activités périscolaires (TAP), prévus par la réforme des rythmes scolaires, les enfants scolarisés de 3 à 11 ans peuvent être accueillis à l’école dès le matin du lundi au vendredi à partir 6h50. Le soir, ils pourront être encadrés jusqu’à 18h30 le lundi, mardi, jeudi et vendredi et jusqu’à 18 heures le mercredi. Pose méridienne et cantine comprises.
Un coût pour la commune
Ces conditions d’accueil exceptionnelles articulent l’accueil extra-scolaire, payant selon les ressources des parents, et les activités périscolaires gratuites prévues par la réforme des rythmes scolaires. «Les parents, dont beaucoup travaillent comme frontaliers en Suisse, mais aussi les enseignants et surtout les élèves nous disent leur satisfaction de l’organisation éducative», indique Bernard Mamet qui signale cependant l’effort financier assumé par la commune. «Entre le recrutement d’animateurs compétents et rémunérés, la mobilisation et l’aménagement de locaux adaptés aux activités, c’est un budget annuel de 22 000 euros à la charge de la commune et l’État comme la CAF (2) contribuent pour autant», calcule le maire des Rousses. En s’inscrivant aux ateliers musique, bibliothèque, aide aux devoirs, expression corporelle, informatique, anglais ou allemand, chacun peut s’initier à des domaines auxquels il n’aurait pas accès ni dans les programmes scolaires ni à la maison. Cette grande variété d’activités contribue à l’éveil et à l’ouverture d’esprit des enfants car ils doivent changer d’atelier au cours de l’année. «C’est une règle», ajoute Bernard Mamet pour permettre à chacun de découvrir une large palette d’activités et pour éviter que certaines ne soient délaissées. Autre preuve du succès des trois heures (¾ d’heure le lundi, mardi, jeudi et vendredi) de temps d’activités périscolaires proposés aux Rousses : «bien que les TAP ne sont pas obligatoires, la presque totalité des 280 élèves y participent», note avec satisfaction le maire des Rousses.
(2) La CAF verse sous conditions 0,50 euro par enfant et par heure d’activité périscolaire. Celle de la CAF à vocation à s’inscrire dans le temps.
partie 1/4 Une réforme difficile à organiser pour les communes rurales
partie 3/4 Très peu d'écoles privées appliqueront les nouveaux rythmes scolaires