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Bienvenue à la ferme

Une nouvelle impulsion et de nouveaux adhérents

Premier réseau national de vente directe et d’accueil, «Bienvenue à la ferme» est porté par les Chambres d’agriculture. Il regroupe actuellement vingt-deux exploitants dans la Nièvre. La marque vient de donner davantage de clarté à sa charte, l’occasion d’une impulsion nouvelle sur notre territoire.
Par Fabienne Desseux
Une nouvelle impulsion et de nouveaux adhérents
Les visiteurs peuvent déjà visiter l’huilerie d’Emmanuel Brossard.
L’objectif de «Bienvenue à la ferme» est de promouvoir et favoriser les prestations de vente, d’accueil ou de service, initiées par des agriculteurs sur leurs exploitations. Né en 1988, le réseau regroupe 8 000 agriculteurs adhérents au niveau national. Un gage de qualité pour les visiteurs puisque les agriculteurs s’engagent à respecter une charte bien précise. Et pour les agriculteurs l’avantage de profiter d’un référencement au-delà du territoire et de l’appui des relais régionaux et départementaux présents pour guider les professionnels voulant intégrer «Bienvenue à la ferme». Une opportunité de faire découvrir leurs produits et leurs identités régionales. Mais si le logo à fleur jaune est désormais bien connu, il se décline dorénavant en deux catégories  : «Mangez fermier» et «Vivez fermier». La première regroupant les produits et la restauration, la seconde les séjours et les loisirs. Une façon de clarifier l’offre pour les consommateurs. Les agriculteurs voulant se diversifier en agri-tourisme y voyant aussi une mise en avant de leurs talents. De plus, les flyers regroupant les noms, adresses et spécialités des adhérents sont disponibles dans les offices de tourisme du département, les mairies... et chaque agriculteur en bénéficie à sa disposition pour les distribuer par exemple sur les marchés. On trouve actuellement des producteurs de fromage, de viande, des maraîchers mais aussi de miel, de foie gras ou de vin. Depuis le mois d’avril et sous l’impulsion de Clémence Guillaumet - conseillère en diversification et animatrice du réseau dans la Nièvre - deux nouveaux adhérents ont intégré le réseau dans le département. Quatre autres sont engagés dans la démarche et constituent actuellement leur dossier. Le rôle de Clémence Guillaumet étant, après un premier contact, d’établir un diagnostic de l’exploitation, de donner des conseils afin de mener à bien le projet et d’accompagner l’agriculteur jusqu’à la fin de celui-ci. Les deux nivernais ayant récemment intégré le réseau se nomment Florence Massé - qui a ouvert sa ferme auberge à Châteauneuf-Val-de-Bargis au printemps. Le dernier en date, quant à lui, Emmanuel Brossard, céréalier tenant une huilerie à Raveau, vient de signer il y a quelques jours. Parmi les engagements des agriculteurs on trouve  : une exigence de qualité, un accueil personnalisé, une découverte passionnante, être au service de notre patrimoine dans un cadre authentique. Dans le cas d’Emmanuel Brossard, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il remplit au mieux cette série d’engagements.

Un réseau au cœur des préoccupations des consommateurs
L’Earl Brossard Lucien et Emmanuel - exploitation céréalière de 190 hectares - se niche à Raveau depuis trois générations. Blé, orge, avoine ou lentilles vertes mais surtout colza, tournesol ou moutarde. Mais l’histoire de l’Earl prend un tournant en 2005 lorsque Lucien Brossard investit - à travers une Cuma -  dans une petite presse à huile. En sept ans, Emmanuel se lance dans l’huile de table artisanale et s’installe en 2013, date à laquelle il investit dans sa propre presse à froid. Résultat, des produits qu’il travaille jusqu’à l’excellence  : huile de tournesol, de colza ou de cameline mais aussi cette huile de moutarde brevetée unique en France qu’il a mis au point en un an. Mais malgré cette marque de fabrique et une jolie notoriété, il a souhaité rejoindre le réseau de Bienvenue à la ferme… «La France et le reste du monde, c’est la porte à côté». Lui qui produit 35 hectolitres d’huile par an - soit 6 000 bouteilles - utilise déjà beaucoup internet et les réseaux sociaux. Et Bienvenue à la ferme est pour lui une bonne manière de faire reconnaître la qualité de ses productions. Un média qui, «alors qu’on tape un peu trop sur le monde agricole»  met en avant les savoir-faire des agriculteurs et les met à portée de clic des consommateurs en recherche de produits locaux en vente directe. Une authenticité et une traçabilité qui sont au cœur des préoccupations des acheteurs. Par exemple, la clientèle parisienne, «qui n’est qu’à deux heures d’ici, qui aime le Morvan et qui peut s’arrêter» parce que l’estampille à la fleur est un gage certain de qualité. Une qualité de plus en plus recherchée par les habitants des grandes villes. Côté accueil sur son exploitation, le pli était déjà pris, puisqu’Emmanuel Brossard avait aménagé il y a quelques années un espace afin de présenter son travail. Ce référencement supplémentaire avait donc du sens pour cet homme qui allie le marché de proximité et le virtuel, la tradition et la modernité.

Il n’a donc pas hésité. Après avoir discuté en juin avec Clémence Guillaumet, il a franchi le pas, guidé par l’animatrice tout au long de la procédure. Tout a été très rapide et il a intégré officiellement le réseau il y a une dizaine de jours. La plaque Bienvenue à la ferme est désormais officiellement posée.