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Unanimité syndicale face au loup

Une motion commune est présentée par les syndicats

Comme l’a souligné Éric Bertrand - président de la Chambre d’agriculture, lors de la dernière session de la chambre : «le mode de gestion actuel va envenimer les relations entre pro et anti-loups». La motion est donc présentée alors que le 12 décembre se tiendra la prochaine réunion nationale «Loup».
Par Fabienne Desseux
Une motion commune est présentée par les syndicats
Décembre 2016 : une attaque chez Philippe et Christian Laporte qui exploitent en Gaec 204 hectares d’herbes au Petit Massé (130 brebis et 150 vaches).
Une réunion en charge de préparer l’avis que devra rendre ensuite le Comité National de protection de la Nature sur le plan loup 2018-2022. D’où cette motion signée par la Confédération Paysanne, la FDSEA, les JA et la Coordination Rurale de la Nièvre et dont voici le contenu :
«A cet égard, la Chambre d’agriculture de la Nièvre tient à rappeler que le département a fait l’objet fin 2016 et début 2017 de trois attaques successives de loups sur des cheptels ovins. Traumatisantes pour les éleveurs et facteurs de pertes économiques importantes, ces attaques ne sont que la suite logique des modalités de gestion des populations de loups en France, inopérantes et favorables à son développement.
En conséquence, la Chambre d’agriculture de la Nièvre, tient à alerter de la menace réelle qu’un plan loup inefficace fait peser sur le devenir de l’élevage herbager de notre département.
Elle demande :
Que les prélèvements de loups puissent s’effectuer efficacement, sous la responsabilité de l’état et en fonction des dégâts aux troupeaux (pas dans un cadre de gestion de l’espèce), ce qui implique notamment :
- le retrait du Loup de la Directive Habitat et de la Convention de Berne (ou au moins son passage d’espèce strictement protégée de l’annexe II à espèce protégée de l’annexe III) ;
- la création d’une ou plusieurs brigade(s) loup de l’ONCFS pour pouvoir intervenir dans toute la région ;
- l’attribution de moyens plus conséquents à l’ONCFS et à la louveterie
- par défaut, la possibilité de recourir à des tirs de défense sans autorisation préalable ;
L’anticipation de la colonisation, avec un déblocage dès à présent des aides au financement à 100% des moyens de protection et de leur entretien dans l’ensemble de la région pour les éleveurs volontaires ;
Une transmission transparente et réactive à tous les paysans des données sur les populations et attaques de loups ;
Une indemnisation des pertes directes et indirectes financée dans son intégralité par le ministère de la Transition écologique et solidaire.
Elle s’oppose à :
Toute forme de zonage ou de gestion différenciée qui conduirait à une inégalité de traitement selon les territoires, et notamment la suppression du zonage cercle 1/cercle 2 pour l’accès aux aides à la protection ;
La mise en place d’une conditionnalité entre moyens de protection et indemnisation.
Le meilleur moyen de contenir la prédation passe impérativement par une accentuation de la gestion du loup. En tout état de cause, la présence de ce prédateur sur les territoires d’élevage est incompatible avec le maintien de l’élevage herbager et extensif et de plein air, pourtant appelé de ses vœux par la société».