Gel de l'Ascension sur les sapins de Noël
Une mission d'enquête évalue les nombreux dégâts dans le Morvan
L'information était presque passée inaperçue. Un épisode gélif a causé d'importants dégâts, les 6 et 7 mai derniers, sur les sapins de Noël du Morvan. Mardi, une mission d'enquête menée par René Dufoux, de la DDT, a évalué les pertes chez trois exploitants professionnels. Une commission nationale décidera d'une reconnaissance éventuelle en «calamités agricoles» en octobre prochain à Paris.
Des aiguilles manquantes, des bourgeons et des branches noircies, des flèches absentes, des sapins peu développés au niveau du sol... La liste des conséquences du gel, qui a surpris les professionnels les
6 et 7 mai derniers dans le Morvan, est longue comme une lettre au père Noël. Mais les producteurs, qui ont un peu passé l'âge d'y croire, se seraient bien passés de ce cadeau printanier empoisonné. A Brassy, à Saint-Brisson ou à Alligny-en-Morvan, le constat est identique: les parcelles ont subi de 75 à 90% de pertes et, quand bien même la faible récolte de l'année ne pénaliserait que les ventes de la seule fin 2011, ce serait déjà un manque-à-gagner abyssal pour ces producteurs mono-actifs ou diversifiés. C'est ce qu'est allée vérifier une mission d'enquête, diligentée par le préfet de la Nièvre, mardi dernier, chez Jean-Christophe Bonoron, Jean-Pierre Mocellin et Marcel Carré. Alerté par les maires des communes concernées, le représentant de l'Etat a en effet désigné, autour d'un agent de la Direction départementale des territoires, des délégués issus des organisations professionnelles, syndicales et représentatives, afin d'évaluer les zones (communes) et les volumes touchés par le gel. A chaque fois, les trois Morvandiaux ont expliqué, sapins sous les yeux, que leurs récoltes de l'année étaient compromises mais que les arbres gardés pour les quatre ou cinq ans à venir, ceux qui peuvent atteindre de 3 à 12 mètres, sont tout autant menacés. Jean-Pierre Mocellin, qui avec ses 10 hectares réalise 70 000 euros de chiffres d'affaires annuel par la vente directe en région parisienne, évoque [I]«une perte de 35 à 40 000 euros sur quatre ans»[i]. Jean-Christophe Bonoron, dont les 60 hectares servent à alimenter le marché de Rungis et la grande distribution, explique qu'il aura du mal à rembourser les investissements réalisés cette année (enjambeurs avec climatisation) pour respecter les normes sanitaires et de travail.
[INTER]Perte de fonds[inter]
Pour plaider leur cause auprès de l'administration, les producteurs de sapins du Morvan sont entourés des représentants de l'Association française des producteurs de sapins de Noël naturels, dont le président Frédéric Naudet était présent mardi, ainsi que de l'Union des producteurs de sapins de Noël du Morvan, structure soutenue syndicalement par la FDSEA58. Tous ont demandé à René Dufoux, l'agent enquêteur de la DDT, des explications sur la suite de la procédure. Celui-ci leur a parlé de la reconnaissance de perte de fonds qui, contrairement aux pertes de récoltes agricoles, ne nécessite pas un minimum de 30% de la surface totale de l'exploitation impactée ni une baisse de 13% minimum du chiffre d'affaires total. En fait, l'administration se base sur un zonage et un nombre d'arbres touchés. D'ici-là, le fonctionnaire va rendre son rapport à la commission départementale le 12 juillet qui le transmettra avec ses observations au ministère. [I]«La validation comme perte de fonds fait partie de notre négociation»[i] insistait Stéphane Lafranchise, le directeur de la FDSEA58, mardi, sachant que [I]«nous allons envoyer un dossier technique détaillé à la FNSEA afin qu'elle défende les intérêts des producteurs lors de la commission nationale de l'automne»[i].
6 et 7 mai derniers dans le Morvan, est longue comme une lettre au père Noël. Mais les producteurs, qui ont un peu passé l'âge d'y croire, se seraient bien passés de ce cadeau printanier empoisonné. A Brassy, à Saint-Brisson ou à Alligny-en-Morvan, le constat est identique: les parcelles ont subi de 75 à 90% de pertes et, quand bien même la faible récolte de l'année ne pénaliserait que les ventes de la seule fin 2011, ce serait déjà un manque-à-gagner abyssal pour ces producteurs mono-actifs ou diversifiés. C'est ce qu'est allée vérifier une mission d'enquête, diligentée par le préfet de la Nièvre, mardi dernier, chez Jean-Christophe Bonoron, Jean-Pierre Mocellin et Marcel Carré. Alerté par les maires des communes concernées, le représentant de l'Etat a en effet désigné, autour d'un agent de la Direction départementale des territoires, des délégués issus des organisations professionnelles, syndicales et représentatives, afin d'évaluer les zones (communes) et les volumes touchés par le gel. A chaque fois, les trois Morvandiaux ont expliqué, sapins sous les yeux, que leurs récoltes de l'année étaient compromises mais que les arbres gardés pour les quatre ou cinq ans à venir, ceux qui peuvent atteindre de 3 à 12 mètres, sont tout autant menacés. Jean-Pierre Mocellin, qui avec ses 10 hectares réalise 70 000 euros de chiffres d'affaires annuel par la vente directe en région parisienne, évoque [I]«une perte de 35 à 40 000 euros sur quatre ans»[i]. Jean-Christophe Bonoron, dont les 60 hectares servent à alimenter le marché de Rungis et la grande distribution, explique qu'il aura du mal à rembourser les investissements réalisés cette année (enjambeurs avec climatisation) pour respecter les normes sanitaires et de travail.
[INTER]Perte de fonds[inter]
Pour plaider leur cause auprès de l'administration, les producteurs de sapins du Morvan sont entourés des représentants de l'Association française des producteurs de sapins de Noël naturels, dont le président Frédéric Naudet était présent mardi, ainsi que de l'Union des producteurs de sapins de Noël du Morvan, structure soutenue syndicalement par la FDSEA58. Tous ont demandé à René Dufoux, l'agent enquêteur de la DDT, des explications sur la suite de la procédure. Celui-ci leur a parlé de la reconnaissance de perte de fonds qui, contrairement aux pertes de récoltes agricoles, ne nécessite pas un minimum de 30% de la surface totale de l'exploitation impactée ni une baisse de 13% minimum du chiffre d'affaires total. En fait, l'administration se base sur un zonage et un nombre d'arbres touchés. D'ici-là, le fonctionnaire va rendre son rapport à la commission départementale le 12 juillet qui le transmettra avec ses observations au ministère. [I]«La validation comme perte de fonds fait partie de notre négociation»[i] insistait Stéphane Lafranchise, le directeur de la FDSEA58, mardi, sachant que [I]«nous allons envoyer un dossier technique détaillé à la FNSEA afin qu'elle défende les intérêts des producteurs lors de la commission nationale de l'automne»[i].