GIEE Magellan
Une journée technique sur le semis direct sous couvert
Le GIEE Magellan, en partenariat avec la Chambre d’agriculture de la Nièvre, organisait mardi 20 juin, une journée technique sur le semis direct sous couvert. Une technique non conventionnelle de semis, expérimentée par une trentaine d’agriculteurs dans la Nièvre.
Ils sont 33 agriculteurs à adhérer au GIEE Magellan dans la Nièvre. Ce programme d’expérimentation des systèmes de semis direct sous couvert permet une évaluation précise des performances et l’établissement d’une véritable base de références en vue d’une meilleure maîtrise technique. Mardi 20 juin le GIEE, en partenariat avec la Chambre d’agriculture, avait convié les agriculteurs du département mais aussi d’autres départements à participer à une journée technique à Pougny. Le matin était consacré à l’intervention de Thierry Tétu, agriculteur et maître de conférence à l’Université de Picardie Jules Verne à Amiens, qui présentait le résultat de son travail sur l’impact du semis direct sur les rendements.
L’après-midi avaient lieu un ensemble d’ateliers sur l’exploitation de Thierry Beauvais, céréalier. L’agriculteur nivernais a converti la totalité de ses cultures en semis direct, et notamment ses blés en semis sous couvert de lentilles depuis le 30 septembre dernier. L’occasion, pour les participants, qui avaient répondu présent malgré la chaleur écrasante, de voir cette technique appliquée sur le terrain.
Une pratique agronomique
Le semis direct sous couvert est une alternative encore peu pratiquée au mode de semis conventionnel. Il s’agit de semer sans travail du sol avec des semoirs adaptés, dans des couverts annuels. Cette technique présente plusieurs objectifs : une économie des charges de structure (mécanisation/carburant), une optimisation de la vie du sol par une amélioration de son statut organique, une amélioration de la productivité en ayant une culture de vente et une culture fourragère. Dans une situation économique tendue, où la moindre prise de risque fait peur, les agriculteurs sont encore peu nombreux à franchir le pas, même si beaucoup sont attirés par le fait de «changer de système, d’économiser au niveau des intrants, dans une perspective de pratique plus agronomique», précise Michael Geloen, conseiller grandes cultures à la Chambre d’agriculture, qui observe : «Aujourd’hui les agriculteurs reprennent la maîtrise de leur système mais chacun va à son rythme.» D’autant plus qu’avant de se diriger vers le semis direct sous couvert, il y a plusieurs point de vigilance à respecter, comme le rappelle Michael Geloen. «Il faut faire attention à avoir un sol bien préparé avec une bonne couverture. Il faut être attentif à certains agresseurs comme les limaces ou les taupins. Il faut oublier ce qu’on faisait avant en conventionnel. C’est une pratique différente, avec des critères d’évaluation différents.»
Préparer et anticiper
Et en effet, c’est une technique qui entraîne souvent une petite perte de rendement au démarrage, laquelle doit être compensée par la suite. «C’est une technique qui demande une vraie préparation au préalable», souligne Michael Geloen. «Il faut s’organiser au niveau du choix des cultures, des pratiques. L’un des secrets c’est que le sol soit bien nivelé. Il faut limiter le passage des outils dans les parcelles. Il y a un travail à faire au niveau du choix des couverts, des conditions d’implantation avec une complémentarité des espèces, pour obtenir un maximum de biomasse.» Une technique sur laquelle le GIEE travaille aujourd’hui afin d’établir notamment une base de références qui permettrait d’améliorer la maîtrise technique du semis direct. Le programme du GIEE repose ainsi sur quatre points : expérimenter des systèmes en semis direct sous couvert, évaluer la triple performance des systèmes, communiquer sur ces systèmes, accompagner les agriculteurs qui souhaitent les expérimenter. C’était ainsi la troisième journée technique organisée depuis le début de la campagne, sous le signe de la nutrition des plantes et de la protection des cultures. Les organisateurs devraient renouveler ce rendez-vous l’an prochain.
L’après-midi avaient lieu un ensemble d’ateliers sur l’exploitation de Thierry Beauvais, céréalier. L’agriculteur nivernais a converti la totalité de ses cultures en semis direct, et notamment ses blés en semis sous couvert de lentilles depuis le 30 septembre dernier. L’occasion, pour les participants, qui avaient répondu présent malgré la chaleur écrasante, de voir cette technique appliquée sur le terrain.
Une pratique agronomique
Le semis direct sous couvert est une alternative encore peu pratiquée au mode de semis conventionnel. Il s’agit de semer sans travail du sol avec des semoirs adaptés, dans des couverts annuels. Cette technique présente plusieurs objectifs : une économie des charges de structure (mécanisation/carburant), une optimisation de la vie du sol par une amélioration de son statut organique, une amélioration de la productivité en ayant une culture de vente et une culture fourragère. Dans une situation économique tendue, où la moindre prise de risque fait peur, les agriculteurs sont encore peu nombreux à franchir le pas, même si beaucoup sont attirés par le fait de «changer de système, d’économiser au niveau des intrants, dans une perspective de pratique plus agronomique», précise Michael Geloen, conseiller grandes cultures à la Chambre d’agriculture, qui observe : «Aujourd’hui les agriculteurs reprennent la maîtrise de leur système mais chacun va à son rythme.» D’autant plus qu’avant de se diriger vers le semis direct sous couvert, il y a plusieurs point de vigilance à respecter, comme le rappelle Michael Geloen. «Il faut faire attention à avoir un sol bien préparé avec une bonne couverture. Il faut être attentif à certains agresseurs comme les limaces ou les taupins. Il faut oublier ce qu’on faisait avant en conventionnel. C’est une pratique différente, avec des critères d’évaluation différents.»
Préparer et anticiper
Et en effet, c’est une technique qui entraîne souvent une petite perte de rendement au démarrage, laquelle doit être compensée par la suite. «C’est une technique qui demande une vraie préparation au préalable», souligne Michael Geloen. «Il faut s’organiser au niveau du choix des cultures, des pratiques. L’un des secrets c’est que le sol soit bien nivelé. Il faut limiter le passage des outils dans les parcelles. Il y a un travail à faire au niveau du choix des couverts, des conditions d’implantation avec une complémentarité des espèces, pour obtenir un maximum de biomasse.» Une technique sur laquelle le GIEE travaille aujourd’hui afin d’établir notamment une base de références qui permettrait d’améliorer la maîtrise technique du semis direct. Le programme du GIEE repose ainsi sur quatre points : expérimenter des systèmes en semis direct sous couvert, évaluer la triple performance des systèmes, communiquer sur ces systèmes, accompagner les agriculteurs qui souhaitent les expérimenter. C’était ainsi la troisième journée technique organisée depuis le début de la campagne, sous le signe de la nutrition des plantes et de la protection des cultures. Les organisateurs devraient renouveler ce rendez-vous l’an prochain.
«Une remise en question totale»
Président du GIEE Magellan, Alain Krebs expérimente le semis direct sous couvert depuis trois ans sur son exploitation au Domaine des Granges, à Suilly la Tour. Il ne regrette rien de sa reconversion, un choix de transition réfléchi pour l’agriculteur, qui lui a notamment permis de diviser sa consommation de carburant par deux. «Il n’y a plus aucun travail du sol et on sème tout le temps. Je travaille avec des couverts végétaux : légumineuses, crucifères et graminées. Il faut tout repenser dans ce système là, c’est une remise en question totale du système conventionnel. Aujourd’hui j’utilise moins de pesticides de par l’allongement de la rotation. Et quand il y a besoin j’utilise des pesticides différents afin de limiter la résistance des parasites. Au début, j’ai simplement investi dans un semoir à trois cuves et de l’engrais localisé sur la ligne. C’est plus long au démarrage mais le retard est rattrapé au printemps. Les cultures supportent mieux le stress hydrique et si je suis toujours en période de reconversion, avec les risques que comporte toute transition, les bénéfices sont là. Il faut être conscient et armé, et ne pas perdre de vue l’objectif de triple performance : environnementale, économique et sociétale».