4/4 Mise à l'herbe: Prairies de Bourgogne
Une gestion extensive
Les prairies, essentiellement constituées de pâtures permanentes, occupent 29% du sol bourguignon et restent concentrées sur une portion de territoire bien localisée, située majoritairement en Saône-et-Loire et dans la Nièvre. Leur gestion reste extensive avec de faibles apport d’engrais minéraux.
Avec 930 000 ha, les prairies (permanentes, temporaires et artificielles) occupent un large part (29%) du territoire bourguignon. La superficie en prairies correspond à près de la moitié de l’espace agricole régional. Mais leur répartition est très hétérogène. Elles sont essentiellement présentes en Saône-et-Loire et dans la Nièvre, ou elles devancent la forêt. Ces deux départements regroupent les trois quarts des surfaces herbagères régionales qui se concentrent sur le bassin allaitant : Morvan et régions agricoles proches (Bazois, Autunois, Clunisois, Monts du Charollais...).
[INTER]86% de prairies permanentes[inter]
Régions de coteaux, considérées inconvertibles aux grandes cultures et historiquement dédiées à l’élevage extensif. Au contraire, le Nord de l’Yonne et de la Côte d’Or, le Chalonnais, la Plaine dijonnaise consacrent moins de 15% de leur territoire à l’herbe.
La prairie bourguignonne est constituée à 86% de prairies permanentes, les 14% restant sont consacrés aux prairies temporaires et aux prairies artificielles. Le maïs fourrage, peu développé se maintient. Les prairies constituent donc le fourrage privilégié des ovins, des bovins et équidés bourguignons et leurs servent d’aliment de base.
Avec 800 000 ha toujours en herbe, la Bourgogne se place au 4ème rang des prairies permanentes françaises, derrière l’Auvergne, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes. La Sâone et Loire regroupe à lui seul plus de 45% des surfaces bourguignonnes et se distingue comme le premier département français en termes de prairies naturelles.
En 30 ans, les surfaces en herbe ont lentement mais sûrement diminuées au profit des grandes cultures, pour se stabiliser aujourd’hui au-dessus de 900 000 ha. Partout où cela a été possible, les agriculteurs ont délaissé les prairies peu rentables au profit des grandes cultures de meilleur rapport. La tendance a la spécialisation a accompagné ce mouvement d’ensemble.
Face à la situation figée par la réforme de la PAC, avant 1992, les agriculteurs ont pris les devants et optimisé les surfaces primables en céréales et oléagineux. Ils ont par ailleurs qualifié certaines de leurs prairies de “temporaires” afin d’en autoriser un éventuel retournement.
Ce sont vraisemblablement les soutiens financiers à l’herbe et donc à l’élevage extensif (ICHN et PHAE) qui ont probablement permis le maintien d’un élevage extensif et la sauvegarde des paysages de prairies bocagères en Bourgogne.
[INTER]Une fertilisation limitée[inter]
Une enquête réalisée en 2011, auprès des exploitations agricoles, confirme la faible fertilisation des prairies naturelles bourguignonnes : cette année là, un tiers des surfaces seulement a reçu une fertilisation sous forme organique ou sous forme minérale, mais en un seul passage et à dose modérée. La Bourgogne est la région française où l’apport d’azote minéral ramené à l’hectare de prairie permanente est la plus faible. La production de fumier en aire paillée favorise la pratique de la fertilisation organique, en moyenne à 67 unités, mais la moitié des surfaces reçoivent moins de 61 unités. Ces apports modérés expliquent le faible chargement par hectare de surface fourragère.
L’apport de potasse ou de phosphore concerne 10% des surfaces, celui d’oligoéléments est une pratique confidentielle dans la région. En lien avec ces apports modérés, le chargement par ha de surface fourragère est faible en Bourgogne.
Les interventions mécaniques sur prairies naturelles sont peu nombreuses, limitées à la fauche des refus de pâture sur 55% des surfaces herbagères. Quand on pratique un seul passage au pré, pour une mise à l’herbe en général en avril, il s’étale en moyenne sur 190 jours, un hectare sur deux excédant 210 jours. L’automne voit la majorité des animaux entrer dans les bâtiments. Les ovins restent plus longtemps au pâturage en général, le passage en bâtiment concernant essentiellement la période d’agnelage. Ce sont les chevaux qui occupent le plus longtemps les prairies permanentes.
Partie 3/4 Mise en herbe: A quelques jours de la mise en herbe
[INTER]86% de prairies permanentes[inter]
Régions de coteaux, considérées inconvertibles aux grandes cultures et historiquement dédiées à l’élevage extensif. Au contraire, le Nord de l’Yonne et de la Côte d’Or, le Chalonnais, la Plaine dijonnaise consacrent moins de 15% de leur territoire à l’herbe.
La prairie bourguignonne est constituée à 86% de prairies permanentes, les 14% restant sont consacrés aux prairies temporaires et aux prairies artificielles. Le maïs fourrage, peu développé se maintient. Les prairies constituent donc le fourrage privilégié des ovins, des bovins et équidés bourguignons et leurs servent d’aliment de base.
Avec 800 000 ha toujours en herbe, la Bourgogne se place au 4ème rang des prairies permanentes françaises, derrière l’Auvergne, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes. La Sâone et Loire regroupe à lui seul plus de 45% des surfaces bourguignonnes et se distingue comme le premier département français en termes de prairies naturelles.
En 30 ans, les surfaces en herbe ont lentement mais sûrement diminuées au profit des grandes cultures, pour se stabiliser aujourd’hui au-dessus de 900 000 ha. Partout où cela a été possible, les agriculteurs ont délaissé les prairies peu rentables au profit des grandes cultures de meilleur rapport. La tendance a la spécialisation a accompagné ce mouvement d’ensemble.
Face à la situation figée par la réforme de la PAC, avant 1992, les agriculteurs ont pris les devants et optimisé les surfaces primables en céréales et oléagineux. Ils ont par ailleurs qualifié certaines de leurs prairies de “temporaires” afin d’en autoriser un éventuel retournement.
Ce sont vraisemblablement les soutiens financiers à l’herbe et donc à l’élevage extensif (ICHN et PHAE) qui ont probablement permis le maintien d’un élevage extensif et la sauvegarde des paysages de prairies bocagères en Bourgogne.
[INTER]Une fertilisation limitée[inter]
Une enquête réalisée en 2011, auprès des exploitations agricoles, confirme la faible fertilisation des prairies naturelles bourguignonnes : cette année là, un tiers des surfaces seulement a reçu une fertilisation sous forme organique ou sous forme minérale, mais en un seul passage et à dose modérée. La Bourgogne est la région française où l’apport d’azote minéral ramené à l’hectare de prairie permanente est la plus faible. La production de fumier en aire paillée favorise la pratique de la fertilisation organique, en moyenne à 67 unités, mais la moitié des surfaces reçoivent moins de 61 unités. Ces apports modérés expliquent le faible chargement par hectare de surface fourragère.
L’apport de potasse ou de phosphore concerne 10% des surfaces, celui d’oligoéléments est une pratique confidentielle dans la région. En lien avec ces apports modérés, le chargement par ha de surface fourragère est faible en Bourgogne.
Les interventions mécaniques sur prairies naturelles sont peu nombreuses, limitées à la fauche des refus de pâture sur 55% des surfaces herbagères. Quand on pratique un seul passage au pré, pour une mise à l’herbe en général en avril, il s’étale en moyenne sur 190 jours, un hectare sur deux excédant 210 jours. L’automne voit la majorité des animaux entrer dans les bâtiments. Les ovins restent plus longtemps au pâturage en général, le passage en bâtiment concernant essentiellement la période d’agnelage. Ce sont les chevaux qui occupent le plus longtemps les prairies permanentes.
Partie 3/4 Mise en herbe: A quelques jours de la mise en herbe
Un peu d’histoire
Si l’on se réfère aux recensements réalisés à la fin du XIXème siècle, on constate que la superficie en herbe en Bourgogne était beaucoup plus réduite qu’aujourd’hui, en dépit du retournement important de ces 30 dernières années. Entre les années 1850 et 1900, les prairies permanentes occupaient 400 000 hectares, contre 800 000 en 2012.
La fin du XIXème siècle voit l’apparition du chemin de fer et du navire à vapeur. La population s’urbanise, ses modes de consommation changent et la consommation de viande bovine notamment augmente. En conséquence, la population des campagnes décroît et la production bourguignonne évolue.
L’agriculture vivrière cède la place à de nouvelles pratiques. Il faut nourrir les villes en viande, avec des animaux acheminés par le rail. La production céréalière de la région se trouve aussi nettement concurrencée par le proche Bassin parisien, mieux situé et par les blés du Nouveau Monde, qui arrivent par la mer. La Bourgogne confirme sa vocation d’élevage et son caractère extensif avec peu de main-d’œuvre et une race bovine (de trait à l’origine) dont les cycles de production sont adaptés au cycle de pousse de l’herbe. Le système charolais se met en place. La première guerre mondiale va accentué le mouvement en décimant la main-d’œuvre.
Après-guerre l’agriculture se modernise, des prairies sont retournées, mais les évolutions techniques, technologiques et génétiques, ont du mal à s’installer dans le système charolais qui va évolué lentement tout au long du XXème siècle.