Accès au contenu
Coopération

Une dimension régionale

L’assemblée générale de Terre comtoise, tenue mercredi 6 décembre à la CCI de Besançon, a permis de présenter la future entité : Alliance Bourgogne-Franche-Comté, réunissant Terre comtoise, Dijon céréales et Bourgogne du Sud.
Par Dominique Gouhenant
Une dimension régionale
Photo de famille pour accompagner la mise en place de l’Alliance B.F.-C qui réunit Terre comtoise, Dijon céréales et Bourgogne du Sud.
«Adapter notre fonction nourricière en répondant à une demande sociétale toujours plus vertueuse en développant la création de valeur ajoutée sur nos exploitations, c’est bien là l’équation que nous devrons résoudre demain».
Par ces quelques mots, Clément Tisserand, président de Terre comtoise, invite les adhérents, réunis en assemblée générale mercredi 6 décembre à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Doubs à Besançon à sortir des sentiers battus. «Il nous faut faire un inventaire des outils à notre disposition et surtout faire l’inventaire de ceux qui nous manquent ou que nous ne maîtrisons pas».
Conscient de ces remises en cause nécessaires, le conseil d’administration a mené une réflexion sur sa participation au projet d’alliance de coopératives régionales partageant les mêmes analyses.
Après des nombreux échanges, Terre Comtoise a décidé de participer aux cotés des coopératives Dijon Céréales et Bourgogne du Sud à la construction de l’union Alliance Bourgogne-Franche-Comté, réunissant divers territoires et diverses productions, mais dont la problématique de fond est semblable.
«Additionner nos valeurs, nos compétences, nos expériences, nos capacités pour faire de cette diversité, une complémentarité de filières, c’est bien là notre profession de foi».
Clément Tisserand se veut rassurant. Et à son habitude, il joue la carte de l’optimisme et entend battre les idées reçues, du genre : pour vivre heureux, vivons cachés. «Bien sûr, les plus frileux pourront penser que poursuivre les querelles de clochers ou le repli sur soi sont des solutions moins risquées, peut-être parce que moins impactées par ces remises en questions».

Une belle construction
Cette nouvelle structure ne tombe pas du ciel. Rappelons qu’en amont de ce ralliement, les relations entre les trois coopératives sont étroites au sein de plusieurs entités régionales telles que Cerevia, Area, Artemis, Val Union BFC Semences, Extrusel ou encore les dossiers meunerie.
«Ceci n’est pas un inventaire à la Prévert, mais le fruit de vingt années de relations, de travaux communs aux trois coopératives pour défendre le revenu des agriculteurs».

Mais au-delà de ces considérations économiques, la nouvelle entité entend être en mesure de répondre demain aux besoins des agriculteurs. Dans le respect des valeurs coopératives où l’adhérent est au cœur de la construction et de l’évolution de nos métiers.
«J’ai démarré dans le mutualisme par l’intermédiaire d’une union d’achat à 23 ans», témoigne Christophe Richardot, directeur général d’Area et futur directeur de la nouvelle entité qui se met en place début janvier 2018. «Nous avons toujours eu le souci de mettre le coopérateur au cœur de notre engagement». L’Alliance va se dérouler en plusieurs temps. Après le démarrage au 1er janvier, elle va se focaliser sur tout ce qui est innovant comme le digital qui peut appuyer paradoxalement la proximité tout en veillant aux territoires. «La Bourgogne-Franche-Comté est un bon support pour discuter avec l’administration». La nouvelle structure entend aussi «basculer» sur la diversification et l’accompagnement des exploitations. «Terre comtoise est un très bel exemple de coopérative», note Pierre Guez. «De voir la mise en place et l’évolution de votre groupe Terre comtoise confirme la nécessité de la mise en place d’une union à l’échelon de la nouvelle grande région», ajoute le directeur de Dijon céréales à la veille de son départ en retraite. «Ce sera une belle construction qui va rassembler les productions végétales et animales».
«Pour défendre haut et fort ces valeurs, nous devrons être attractifs, être inventifs dans tous les domaines en matière de filières alimentaires, l’image de notre belle région Bourgogne Franche-Comté au travers ces fleurons existants et la quiétude de ses paysages sont de véritables atouts» revendique Clément Tisserand. « Les succès d’aujourd’hui sont parfois nés d’idées farfelues d’hier», rappelle le président de Terre comtoise.