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Espace-test maraîcher de la Baratte

Une deuxième couvée à Nevers

Le dispositif a pour objectif de reconstituer à moyen terme une filière maraîchère locale et biologique. Donnant la possibilité à des entrepreneurs de tester grandeur nature leur activité durant trois ans, avant de se lancer.
Par Fabienne Desseux
Une deuxième couvée à Nevers
«Le potager d’ici» : Raphaël Revenu et Jean-Marie Lambert, une nouvelle couvée en bonne voie
Plusieurs de ces espaces-test existent en Bourgogne dont quatre dans la Nièvre. Et dans la cité ducale, l’opération est donc renouvelée avec l’arrivée de Raphaël Revenu et Jean-Marie Lambert. Les deux hommes se sont associés pour créer «Le potager d’ici» étant tous deux issus du milieu horticole et maraîcher. Une connaissance en maraîchage biologique et en gestion qui étaient des préalables indispensables pour candidater. Cette initiative est née en 2013 volonté de la commune du Département, de la Ville et de la Chambre d’agriculture, et vise à recréer une dynamique autour de la terre maraîchère. L’objectif étant de faciliter l’installation de producteurs bio en circuits de proximité en valorisant les produits et leur qualité. Une démarche qui trouve sens dans un contexte où les consommateurs sont soucieux de ce qu’ils trouvent dans leur assiette. L’espace offre donc l’occasion pour un porteur de projet de tester son idée durant trois ans. Aussi bien d’un point de vue technique qu’économique. La Baratte propose 2,3 hectares mis à disposition par la mairie et à partager entre les deux candidats. Ils bénéficient aussi de matériel prêté par le Conseil départemental. La Chambre d’agriculture et le lycée agricole de Challuy offrant quant à eux, leur soutien technique. Afin de saluer cette deuxième couvée et remettre en lumière le dispositif, les représentants des diverses institutions inauguraient le lieu le 12 septembre dernier.

Sécuriser et faire avancer  
Alors que Guillaume Debeer, de la première couvée devenait son propre patron, un nouvel appel à candidatures a donc été lancé. La ville a alors racheté des parcelles, une ancienne maison de maraîcher avec un atelier spécifique pour les légumes, des lieux de stockage et une chambre froide. Le dispositif a ainsi été renforcé, Nevers ayant inscrit l’espace en Zone Agricole dans son PLU (Plan Local d’Urbanisme) afin de le pérenniser. La deuxième couvée a été sélectionnée fin 2016 et, comme pour la première, le dispositif peut être renouvelé une fois par an durant trois ans. Le temps nécessaire pour mûrir et asseoir véritablement le projet. Autour des jeunes entrepreneurs se tisse une toile afin de sécuriser et faire avancer au mieux leur entreprise. Au quotidien, ils peuvent ainsi s’appuyer sur deux tuteurs d’expérience : Christophe Soleilhac – maraîcher et horticulteur à Nevers depuis plus de vingt ans – et Stéphane Gautheron implanté lui à Saint-Parize-le-Chatel. La Chambre d’agriculture fait le point régulièrement avec Raphaël Revenu et Jean-Marie Lambert. Les deux hommes bénéficiant d’un CAPE (Contrat d’appui au Projet d’Entreprise) porté par Potentiel, une couveuse d’entreprises. Une couveuse qui permet un accompagnement entrepreneurial complet en mettant à leur disposition un hébergement juridique et social (numéro de Siret, assurance, compte bancaire et service de comptabilité).  

Au moins deux ans pour construire
Raphaël Revenu et Jean-Marie Lambert se sont rencontrés sur leur lieu de travail, Botanic.
À 43 ans, le premier, originaire de Haute-Savoie, en avait gravi tous les échelons. Tandis que le second, à 28 ans et après un bac à Plagny et un BTS en alternance, avait encore sa carrière à bâtir. Et de plaisanteries en discussions, l’idée a germé dans leur esprit de s’associer. Mi-juillet 2016, connaissant l’espace-test, ils ont postulé. Les premiers entretiens ont débuté deux mois après. Pour eux, il faudra au moins deux ans pour construire complètement l’avenir de leur structure. Mais «Le potager d’ici» commence fort son implantation. Avec bien sûr les marchés (différents de ceux où est installé Guillaume Debeer) mais aussi trois restaurants de Nevers qu’ils livrent deux fois par semaine. D’autres restaurateurs s’intéressant dans la foulée à leurs produits. Les deux hommes fournissent aussi une épicerie créée par les habitants de Saint-Léger-des-Vignes ainsi que la crèche Souricette de Nevers après un accord avec la Ville. L’expérience porte donc ses fruits. Raphaël Revenu et Jean-Marie Lambert savent déjà qu’ils vont devoir engager des saisonniers. Pour eux, l’après espace-test se dessine sous les meilleurs auspices. Ils sont d’ores et déjà à la recherche de terres maraîchères qui sont parfois difficiles à trouver quand elles allient qualité du sol et disponibilité de l’eau. L’espace-test prouve donc, pour la seconde fois, qu’il remplit son office.