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Marché au cadran de Corbigny

«Une année particulièrement difficile»

La Sicagemac a tenu mercredi 14 juin son assemblée générale annuelle. L’occasion de faire le point sur l’année écoulée, une année marquée par une conjoncture économique et sanitaire difficile. Rencontre avec Philippe Guillien, président de la Sicagemac.
Par Céline Clément
«Une année particulièrement difficile»
La conjoncture influe sur le prix et sur le résultat », souligne Philippe Guillien, président de la Sicagemac.
- Pouvez-vous retracer l’histoire de la Sicagemac?
Philippe Guillien : «C’est un marché créé en 1991, transformé en marché au cadran en 1999, et dont l’effectif de commercialisation tourne entre 13 000 et
15 000 bovins par an. Les éleveurs viennent sur le marché avec les tracteurs, les bétaillères et les animaux. Le marché commercialise des jeunes bovins destinés à l’export et les animaux de réforme qui partent vers les centres d’engraissement. Nous commercialisons aussi quelques animaux de viande. En moyenne, cela représente 300 animaux par marché.»

- La fréquentation du marché connaît-elle d’importantes variations ?
P.G. : «Nous avons une moyenne de 60 éleveurs par marché et autant de spectateurs, observateurs et curieux. Les acheteurs sont à mi-chemin entre ici et l’Italie. Ils viennent pour beaucoup de l’Ain, de Savoie, du Puy de Dôme, de la région lyonnaise et de l’Yonne. Les engraisseurs sont surtout des locaux, de la Nièvre, du Cher ou de l’Yonne. Nous avons aussi quelques emboucheurs de Normandie, de l’Ain et du Jura.»

- Pouvez-vous nous rappeler l’objectif du marché au cadran ?
P.G. : «C’est de pouvoir trouver un acquéreur au meilleur prix du jour pour toutes les catégories d’animaux. Il y a une concurrence entre les différents acheteurs et c’est lui qui trouve le meilleur moyen de commercialiser l’animal. L’intérêt du marché c’est bien sûr d’assurer le débouché. Un éleveur est pratiquement sûr de vendre au cours du jour quand il amène un animal. Après les cours peuvent varier, soit de manière lourde, saisonnière, soit de manière sporadique. Cela donne des marchés parfois catastrophiques, parfois euphoriques. C’est déjà arrivé d’avoir le même lot de broutards d’un lundi à l’autre, mais qui ne se vende pas de la même manière.»

- Le marché concerne aussi les ovins. Comment se porte-t-il ?
P.G. : «Oui nous avons le marché des moutons une fois tous les quinze jours, le lundi après-midi. Nous y commercialisons environ 15 000 moutons par an. C’est un marché plus confidentiel mais qui a connu une très bonne commercialisation l’année dernière.»

- Le marché des bovins en revanche, a subi les effets de la crise économique, sanitaire et climatique...
P.G. : «En volume, l’année 2016 a été difficile car on subit de manière importante les tensions sur les cours et sur les apports. Quand la situation est morose, l’éleveur a le sentiment de prendre un risque quand il amène un animal. La conjoncture influe sur le prix et sur le résultat. On a une baisse de 100€ par rapport à 2013 et de 70€ par rapport à 2015. Cela représente 10% de moins en terme de vente donc c’est une année particulièrement dure. Avec la crise sanitaire de la FCO, on s’est coupé de l’exportation vers la Turquie et l’abattage des vaches laitières a fait chuter les cours. Avec la conjoncture économique, il est possible aussi que les gens consomment moins de viande. Si on a eu une légère reprise depuis le printemps, la situation n’en est pas moins morose. Les aléas climatiques ont aussi des répercussions sur la valeur intrinsèque de l’animal. Les vaches étaient plus maigres à cause de la sécheresse.»

- Dans ce contexte morose, espérez-vous une amélioration ?
P.G. : «On espère que ça s’améliore mais on a un gros souci par rapport à la commercialisation des animaux issus de cheptels positifs à l’IBR. Ce n’est pas une question de moins-value commerciale mais ce sont des problèmes d’ordre technique. à partir du mois d’octobre, la réglementation va nous imposer de ne pas mettre en contact ces animaux avec les autres. Or les animaux issus de cheptels positifs représentent 1/3 des animaux présents sur le territoire. à présent on attend des précisions sur la notion de séparation mais pour nous la seule séparation valable ne sera pas physique, car cela n’est pas garanti à 100% mais temporelle, c’est à dire liée à la création de deux marchés distincts, ce que l’on ne souhaite pas.»