L’économie agricole en Sud-Morvan, de l’individuel au collectif
Une action pour les jeunes agriculteurs
La semaine dernière se tenait une réunion-bilan, un comité de pilotage de ce projet initié il y a quelques mois et qui a permis de faire le point sur le chemin parcouru et les perspectives futures à développer.
Comme l’a expliqué Jean-Claude Desrayand, la ComCom Bazois-Loire-Morvan - dont il est le vice-président en charge de l’agriculture - est le partenaire privilégié de la Chambre d’agriculture, chef de file du projet. Depuis longtemps, la Communauté de communes affiche un dynamisme fort sur les thématiques de transmission et d’installation qui lui semblent essentielles. C’est pour cette raison que les deux partenaires ont voulu aller plus loin sur le sujet en mettant sur pied une initiative nouvelle afin de permettre de favoriser l’échange et le partage d’expériences en matière de pilotage économique des exploitations agricoles. Cette action d'inscrit dans un appel à projet de la Région Bourgogne, elle bénéficie de son soutien financier en raison des innovations proposées que cela soit en matière de réflexion ou de valorisation collective de l’ensemble des audits. Durant toute sa durée (2016/20) cette action intitulée «L’économie agricole en Sud-Morvan, de l’individuel au collectif» permet aux jeunes nouvellement installés de réaliser une analyse technico-économique par la Chambre, et de les mettre en relation avec des exploitants plus aguerris et performants afin de créer une synergie. Et il faut dire que ce territoire avait les atouts pour que l’idée fasse son chemin sous les meilleurs auspices. Regroupant 46 communes dont quatre villes majeures, Luzy, Moulins-Engilbert, Cercy-la-Tour et Châtillon-en-Bazois, cette ComCom de 1 200 km2 avec des histoires, des démarches différentes, compte 600 chefs d’exploitations, soit 41% des entreprises du territoire. Et elle affiche un des meilleurs taux d’installation d’agriculteurs du département (40 entre 2010 et 2016). A cela, s’ajoute des activités para-agricoles diverses et bien implantées comme un abattoir, un Marché au cadran ou encore un atelier de transformation... Bref, de quoi fournir un terreau fertile afin de faire éclore le projet qui a concrètement débuté au mois de février.
Jouer collectif
Mi-mars, les diagnostics des exploitations ont commencé pour se terminer le 30 août. Onze jeunes identités sur la zone - c’est à dire installés avec les aides de l’Etat depuis moins de cinq ans - et huit exploitations expérimentées. Pour les premiers, huit enquêtes ont été réalisées (dont une double installation) pour les seconds, la totalité a été vue. Au total, 16 exploitations ont ainsi été passées au crible. Mais l’innovation a ensuite consisté à une formation collective en octobre avec un plan d’action lui aussi collectif. Car, comme souligné durant ce comité de pilotage : «La confrontation des analyses, des pratiques et des résultats de chacun permettra aux chefs d’entreprise de faire évoluer les systèmes d’exploitation vers plus de performances économiques, sociales et environnementales». Des exploitations à dominante herbagère, de 136 ha en moyenne par structure, 123 ha de SFP pour 88 vêlages. Avec une production bovine dominante présentant quelques ateliers de diversification. Chacun ayant reçu un profil personnalisé, la formation collective a eu lieu, quant à elle, sur deux jours à la fin du mois d’octobre. Intitulée «Comprendre, positionner ses résultats technico-économiques et identifier les leviers d’action», elle a accueilli trois jeunes et quatre agriculteurs expérimentés. De cette rencontre, est né un plan collectif en plusieurs points : organisation d’une formation sur la conduite des céréales en zone élevage prévue à l’automne prochain puis organisation d’une visite d’un atelier «veau-boucherie», d’un élevage bovin-viande en agriculture biologique et de visites d’exploitations avec des «diversifications». La poursuite de la mise en commun des résultats du groupe est aussi prévue dans ce plan d’action ainsi qu’une réflexion afin d’aborder l’amélioration de l’utilisation des céréales produites sur l’exploitation.
Intensité de conseil
Hormis la présence de la ComCom, ce comité de pilotage regroupait plusieurs membres de la Chambre, organisateurs ou conseillers de terrain, mais aussi Anne-Marie Dumond - conseillère régionale Bourgogne-Franche-Comté, des représentants des lycées de Fontaines (71) et de Challuy mais aussi - et peut-être surtout - des agriculteurs venus faire part de leur retour d’expérience sur ce projet. Etienne Cougny, installé depuis plusieurs années, et Jean-Loup Laudet qui vient de débuter, ont détaillé leurs parcours respectifs, soulignant pour le premier tout l’intérêt qu’il y a à travailler avec la Chambre «d’avoir un suivi, s’améliorer» ajoutant qu’il faut aussi apprendre à prévoir évoquant aussi les difficultés certaines qu’il aura à affronter avec le départ à la retraite de son frère. Jean-Loup ayant apprécié aussi ce partage intergénérationnel : «On a toujours à apprendre des autres, c’est très enrichissant». Bernard Villette, responsable du groupe «transmission/installation» pense qu’il faut, de manière générale, intensifier le travail sur la gestion et la comptabilité qui sont «les parents pauvres de l’enseignement». Soulignant au passage «qu’un pilote fait son plan de vol pour partir en mission. Si le pilote est bon, c’est bien, mais s’il y a des trous dans la piste» cela reste compliqué. Évoquant ainsi les aspects plus généraux de la crise sanitaire, la Pac ou la conjoncture négative. Jocelyn Kerleaux, de la Chambre, s’est félicité pour sa part de l’impact de ce projet : «On n’a jamais procédé avec une telle intensité de conseil sur un territoire». La formule va donc se poursuivre, en valorisant et diffusant de manière plus large les résultats obtenus puis en intégrant de nouveaux installés et faire émerger des projets de développement durables et structurants. Un modèle qu’Anne-Marie Dumond doit faire remonter au niveau régional pour savoir s’il est transposable ailleurs.
Jouer collectif
Mi-mars, les diagnostics des exploitations ont commencé pour se terminer le 30 août. Onze jeunes identités sur la zone - c’est à dire installés avec les aides de l’Etat depuis moins de cinq ans - et huit exploitations expérimentées. Pour les premiers, huit enquêtes ont été réalisées (dont une double installation) pour les seconds, la totalité a été vue. Au total, 16 exploitations ont ainsi été passées au crible. Mais l’innovation a ensuite consisté à une formation collective en octobre avec un plan d’action lui aussi collectif. Car, comme souligné durant ce comité de pilotage : «La confrontation des analyses, des pratiques et des résultats de chacun permettra aux chefs d’entreprise de faire évoluer les systèmes d’exploitation vers plus de performances économiques, sociales et environnementales». Des exploitations à dominante herbagère, de 136 ha en moyenne par structure, 123 ha de SFP pour 88 vêlages. Avec une production bovine dominante présentant quelques ateliers de diversification. Chacun ayant reçu un profil personnalisé, la formation collective a eu lieu, quant à elle, sur deux jours à la fin du mois d’octobre. Intitulée «Comprendre, positionner ses résultats technico-économiques et identifier les leviers d’action», elle a accueilli trois jeunes et quatre agriculteurs expérimentés. De cette rencontre, est né un plan collectif en plusieurs points : organisation d’une formation sur la conduite des céréales en zone élevage prévue à l’automne prochain puis organisation d’une visite d’un atelier «veau-boucherie», d’un élevage bovin-viande en agriculture biologique et de visites d’exploitations avec des «diversifications». La poursuite de la mise en commun des résultats du groupe est aussi prévue dans ce plan d’action ainsi qu’une réflexion afin d’aborder l’amélioration de l’utilisation des céréales produites sur l’exploitation.
Intensité de conseil
Hormis la présence de la ComCom, ce comité de pilotage regroupait plusieurs membres de la Chambre, organisateurs ou conseillers de terrain, mais aussi Anne-Marie Dumond - conseillère régionale Bourgogne-Franche-Comté, des représentants des lycées de Fontaines (71) et de Challuy mais aussi - et peut-être surtout - des agriculteurs venus faire part de leur retour d’expérience sur ce projet. Etienne Cougny, installé depuis plusieurs années, et Jean-Loup Laudet qui vient de débuter, ont détaillé leurs parcours respectifs, soulignant pour le premier tout l’intérêt qu’il y a à travailler avec la Chambre «d’avoir un suivi, s’améliorer» ajoutant qu’il faut aussi apprendre à prévoir évoquant aussi les difficultés certaines qu’il aura à affronter avec le départ à la retraite de son frère. Jean-Loup ayant apprécié aussi ce partage intergénérationnel : «On a toujours à apprendre des autres, c’est très enrichissant». Bernard Villette, responsable du groupe «transmission/installation» pense qu’il faut, de manière générale, intensifier le travail sur la gestion et la comptabilité qui sont «les parents pauvres de l’enseignement». Soulignant au passage «qu’un pilote fait son plan de vol pour partir en mission. Si le pilote est bon, c’est bien, mais s’il y a des trous dans la piste» cela reste compliqué. Évoquant ainsi les aspects plus généraux de la crise sanitaire, la Pac ou la conjoncture négative. Jocelyn Kerleaux, de la Chambre, s’est félicité pour sa part de l’impact de ce projet : «On n’a jamais procédé avec une telle intensité de conseil sur un territoire». La formule va donc se poursuivre, en valorisant et diffusant de manière plus large les résultats obtenus puis en intégrant de nouveaux installés et faire émerger des projets de développement durables et structurants. Un modèle qu’Anne-Marie Dumond doit faire remonter au niveau régional pour savoir s’il est transposable ailleurs.
Pour 2018...
Le travail à reproduire : la gestion technico-économique pour les 17 exploitations concernées en 2017 avec en plus cinq nouveaux jeunes, pour lesquels 2017 sera le premier exercice complet suivant leur installation. Une formation collective est aussi prévue pour huit nouveaux participants fin 2018. Mise en place du plan d’action collectif. Développement et renforcement des échanges entre les deux publics, jeunes et expérimentés. La valorisation et la diffusion des résultats sera faite via plusieurs outils de communication : internet (Facebook..) ; reportages vidéo (2018) ; livret «Portraits d’agriculteurs» (2019) ; Journée économique, voyage d’étude (2020).