Accès au contenu
Réunion du CAF de la Nièvre

Unanimité pour promouvoir la filière ovine

Le Conseil de l’agriculture de France (Caf) de la Nièvre s’est réuni vendredi 17 avril dans les locaux de la MSA à Nevers. A l’ordre du jour figurait un point de situation sur la filière ovine.
Par Emmanuel Coulombeix
Une belle unanimité s’est emparée de la fin de la réunion du Caf de la Nièvre, vendredi dernier, lorsque, après la présentation de Christophe Rainon, il s’est agi de prendre une position de principe en faveur du mouton dans la Nièvre. L’ensemble des membres (Chambre d’agriculture, syndicats, coopératives, marchés au cadran, Safer, Crédit et assurances...) ont, sans heurt, fait connaître leur position favorable à une promotion ovine renforcée dans le département. Non seulement l’élevage mixte, le plus répandu (ndlr  : en association avec des bovins ou des cultures) mais aussi, pourquoi pas, en atelier spécialisé... «Alors que la Pac met à mal les productions dominantes de la Nièvre, il y a aussi des productions peu impactées où la Nièvre est déjà positionnée, comme la production ovine. C’est important de partager une même analyse, un même diagnostic sur les opportunités qu’elle offre» justifie Stéphane Aurousseau, le président du Caf 58 au titre de la FDSEA58. D’autant que tous les acteurs agricoles nivernais en conviennent  : «tous les signaux sont au vert», selon Christophe Rainon, le conseiller ovin de la Chambre d’agriculture, qui dans un diaporama très fourni, a fait l’état des lieux macro et micro-économique. L’enjeu est d’importance  : selon le président de la FDSEA 58, «il faut qu’on arrive à réorienter les choses quand le marché est favorable. Que les agriculteurs nivernais soient plus réactifs, même si il faut considérer des investissements supplémentaires». Le mouton, même si les conditions de production et de travail nécessitent un minimum de matériel, restent tout de même plus économique que l’installation en système bovin allaitant. Et ce «même si l’atelier ovin souffre d’une image un peu négative de conditions de travail ingrates et que bon nombre de ceux qui l’ont pratiqué dans la Nièvre ont arrêté et déconseillent les plus jeunes de s’y orienter» note Christophe Rainon.

Merci la Chine  !
Pourtant, économiquement, la filière ovine est porteuse. Depuis 2005, les cours ne cessent d’augmenter régulièrement et la tendance semble pérenne. On est passé de 5 euros du kg en juin 2010 à 6,40 euros en décembre dernier, avec un pic à 6,75 euros en avril. Deux grandes raisons majeures, et durables, expliquent cette belle spirale. La première découle du fait que la Chine, qui est la première productrice de moutons en est aussi la première consommatrice et qu’elle capte une bonne partie des exportations néo-zélandaises. Du coup, la Nouvelle-Zélande n’honore plus ses quotas d’exportations vers l’Europe et les cours ont tendance à augmenter. D’autant plus que, deuxième raison, la France ne produit pas assez de moutons pour répondre à la demande de consommation  : «la production ovine nationale ne couvre que 41% de la demande» rappelle le conseiller de la Chambre. Alors, malgré une baisse de la consommation de 3% en 2013, et à cause d’une décapitalisation constante (46 000 brebis déclarées dans la Nièvre en 2015), la France reste déficitaire et de l’avis de Yves Jehanno, de la coopérative de Charolles FEDER, «les opérateurs sont prêts à suivre, si les producteurs décidaient de re-développer la filière».