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Lettre de Patrice Joly à Stéphane Le Foll

«Un zonage incohérent...»

A deux reprises, Patrice Joly, président du Parc naturel régional du Morvan a écrit à Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, pour lui demander de revoir les dispositions qui sont prises en matière de zonage «prairies sensibles» dans les sites Natura 2000 et de taux de chargement pour la mesure «système herbager» du dispositif agro-environnemental.
Par Ma signature
A la faveur d’appels d’agriculteurs légitimement ulcérés, le Parc a découvert l’existence d’un zonage «prairies sensibles» sur les sites Natura 2000 du Morvan, sans concertation, ni information préalable. Patrice Joly s’en offusque et en appelle au ministre de l’Agriculture.

«Ce genre de zonage, incohérent, parachuté sans explications, sans aucune concertation de la part de vos services, exacerbe localement les tensions, les peurs et incompréhensions, à juste titre.
C’est le Parc, en tant qu’opérateur Natura 2000 et MAEC, qui voit son patient travail d’animation, de pédagogie et de concertation anéanti par ce genre de décision et qui doit, en urgence, tenter d’y faire face.
Je demande donc instamment que vos services expliquent directement votre démarche, les objectifs poursuivis, la méthodologie employée et les zonages retenus aux agriculteurs concernés.
Je vous demande également de faire le nécessaire pour que les zonages soient revus dans les plus brefs délais, c’est-à-dire avant les engagements dans la Pac 2015, pour coller à la réalité des enjeux locaux afin que leur acceptation soit envisageable».

Concernant le deuxième point, le taux de chargement dans la mesure «système herbager», le président du Parc écrit :
«Votre communiqué de presse du 27 Mars 2015 a rassuré les éleveurs concernant le mode de calcul du chargement de l’ICHN en continuant à ne pas prendre en compte les veaux de moins de six mois. Mais le Parc anime un Projet Agro-Environnemental et Climatique important en 2015, mobilisant largement la mesure “système herbager”, dont le mode de calcul s’appuie lui, sur un  règlement de l’Union Européenne fixant la valeur des veaux de moins de six mois à 0,4 UGB.
Je regrette vivement cette différence de prise en compte, très mal acceptée par les agriculteurs locaux. Ce mode de calcul vient pénaliser de façon importante les exploitations naisseuses du Morvan, temporairement trop chargées, et limite ou pénalise ainsi l’accès au dispositif agro-environnemental dans la mesure système herbager.
Localement les agriculteurs s’interrogent sur la cohérence des dispositifs et je souhaite relayer par ce courrier ce point de conflit, à mes yeux inutile.
Je vous demande donc de bien vouloir examiner ce point, et le faire remonter, le cas échéant, à l’échelon européen, pour que les mesures et méthodes soient harmonisées et ne pénalisent pas les éleveurs naisseurs alors que ces mesures sont conçues pour leur apporter un soutien en compensation d’un handicap naturel et à maintenir la richesse de leurs prairies, gage tangible de leurs bonnes pratiques».