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Corbigny

Un tiers des ovins a changé de mains

Pour sa traditionnelle expo-vente d’agnelles de l’année, lundi 7 septembre, le Comité des foires de Corbigny a enregistré la venue de 6 exposants ayant amené 46 moutons. Un tiers a trouvé acheteurs mais la tendance, depuis déjà plusieurs années, est à l’achat non pas d’agnelles mais de béliers...
Par Emmanuel Coulombeix
Un tiers des ovins a changé de mains
L’expo-vente des agnelles de Corbigny a réuni 46 moutons, 15 agnelles et 31 béliers, sous le marché au cadran, lundi dernier.
Parlons des points positifs. Sur les 46 ovins présentés par 6 exposants de Nièvre et de Saône-et-Loire, lundi au marché au cadran de Corbigny, un tiers a trouvé preneurs. «C’est stable et les exposants sont satisfaits même s’il y a eu moins d’apports qu’en 2014» constate Pascal Loisy, le président du Comité des foires, organisateur de l’événement. Et, second élément encourageant, les prix se sont révélés à la hauteur, puisque «les agnelles sont parties aux alentours de 150 euros et les béliers, de 300 euros. Ce n’est pas si mal !» Ces prix très corrects s’expliquent sans doute par la tenue, en parallèle, des enchères au marché, qui ont lieu tous les 15 jours, et de l’approche de la fête de l’Aïd El Kebir, qui traditionnellement dope les transactions...

«Aux fidèles acheteurs, se sont ajoutés quelques nouveaux» souligne d’ailleurs Pascal Loisy. «C’est une belle vente. Dommage qu’il n’y ait pas plus d’exposants car le mouton se maintient bien». Et la demande nationale -rappelons-le- n’est couverte qu’à 40% par les producteurs français... «Le fait est que la production est en baisse dans le département. Les cessations d’activités ne sont pas remplacées et compte-tenu de la main d’œuvre nécessaire, quand une des productions de la ferme doit s’arrêter, c’est celle-là!» Sans compter que peu de jeunes veulent s’installer en monoproduction ovine, alors même que c’est sans doute celle qui nécessite le moins d’équipements, d’investissements et de risques financiers. La reconquête ovine n’a pas encore réussi à endiguer l’hémorragie dans le département.

Expo-vente de béliers ?
Autre incongruité, pour une expo-vente d’agnelles, ce sont les béliers qui ont été amenés en nombre. Là encore, la tendance n’est pas nouvelle, au point qu’il faudra peut-être rebaptiser l’événement.

Sur les 46 ovins présentés lundi, 31 étaient en effet des béliers. Conséquence de la baisse de production dans le département, selon Pascal Loisy, «les agnelles partent ailleurs, dans des départements où il reste des producteurs. Et ceux qui viennent avec leurs agnelles, amènent aussi leurs béliers, pour être sûrs de ne pas venir pour rien» explique-t-il. Les prix des mâles sont d’ailleurs plus alléchants que ceux des femelles et il est bien légitime, pour les exposants, de vouloir faire coup double.