Quentin David - Château Favray
Un tiers de récolte perdu
Quentin David, a terminé il y a une dizaine de jours ses vendanges. Producteur de Pouilly-Fumé, il est propriétaire d’environ dix-sept hectares et avait déjà perdu en 2016 la moitié de sa récolte à cause du gel.
Cette année, il estime la perte à un tiers. Deux années consécutives où le gel a été destructeur dans des proportions jusque-là inédites. Cela fait de nombreuses années que Quentin David utilise le système de protection par aspersion qui couvrait jusqu’à présent cinq hectares de ses vignobles. Il avait le projet de l’étendre mais l’année 2016 lui a fait accélérer la mise en œuvre et les 1 900 mètres de tuyaux nécessaires sont désormais sur sa propriété en attendant d’être installés. L’année prochaine, six hectares de plus seront donc à l’abri. Mais ce système n’est pas adapté à la majorité puisque qu’il faut disposer d’eau, d’un parcellaire suffisamment grand et de sols filtrants. De plus, parmi tous les dispositifs, il est le seul à pouvoir engendrer des dégâts et nécessite une utilisation très pointue. Mais pour Quentin David, malgré un investissement financier lourd et les risques inhérents à cette méthode, l’aspersion a fait ses preuves. Lorsqu’on lui pose la question des assurances, il avoue ne pas y voir grand intérêt. Bien sûr, il est assuré contre la grêle et en matière de gel, si on opte pour des dispositifs de protection – quels qu’ils soient – c’est pour lui l’un ou l’autre, un choix à faire. Pas la peine de faire doublon avec une assurance-récolte d’autant que l’objectif est avant tout d’obtenir du raisin. L’investissement est donc de mise. De toute façon, explique Quentin David : «on a un métier où on vit avec le ciel, c’est toujours difficile de faire des pronostics». Quant à la question des stocks, il affirme y être sensibilisé et en reconnaît l’intérêt. Mais il souligne enfin avoir interpellé – avec d’autres – députés et préfet au sujet de la fiscalité de ces stocks qui est loin d’être favorable aux vignerons et s’apparente «à une double peine».