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Elevage bovin français

Un potentiel qui reste à exprimer

Le potentiel de développement de la filière bovine française existe, mais il est loin de s'exprimer pleinement. Les éleveurs ne se positionneront pas sur les marchés de masse, mais l'avenir de la filière se joue quand même en dehors des frontières, sur la qualité, les produits frais, la génétique et les animaux sur pieds.
Par Ma signature
Un potentiel qui reste à exprimer
crédit photo: Réussir
L'équation n'est pas simple, la consommation de viande bovine diminue et les derniers arbitrages de la Pac ne sont pas fixés, mais les attentes sont fortes avant d'esquisser le modèle de l'élevage bovin français de demain. Les marchés de masse sont hors de portée de l'élevage français, dominés par les productions brésiliennes ou indiennes et le congelé essentiellement, pourtant, l'avenir de la filière bovine française se trouve aussi en dehors des frontières, vers le pourtour méditerranéen et l'Asie. Il est question de prendre position sur des filières de produits frais et de qualité, mais aussi sur la génétique et sur les animaux sur pieds. Une stratégie qui requiert le maintien d'une forte production nationale.
[INTER]L'export, nouvel eldorado ?[inter]
Si la Chine apparaît selon Guy Hermouet, vice-président de la FNB, en charge de l'export Pays Tiers, comme ayant "un incroyable potentiel de développement des exportations françaises en viande bovine", de nouvelles perspectives s'ouvrent aussi vers le Japon. Certains marchés extérieurs pourraient ainsi représenter un véritable eldorado pour les éleveurs françaises fournisseurs de produits de qualité. Dans certains pays, le développement de l'élevage bovin n'est pas possible, alors que les produits carnés sont de plus en plus consommés par les populations. La brèche est ouverte, reste à mobiliser suffisamment les troupes pour emporter les marchés. Ces marchés changent vite, ce qui amène les professionnels à multiplier la diversité des débouchés. Face à ce potentiel réel de développement, la France se divise en deux : "une partie de la filière a beaucoup d'ambitions à l'export, une autre partie se referme sur elle-même" explique Pierre Chevalier, président de la FNB. Or, à l'export "les prix sont au moins égaux aux prix intérieurs" assure Guy Hermouët. Mais "nous ne ferons pas d'engraissement si nous n'avons pas de veaux" complète Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB. L'idée est donc bien d'engager un soutien de la production nationale pour la consommation nationale et pour l'export.
[INTER]L'enjeu du maintien du potentiel de production[inter]
Deux ans après la création du Groupement export France (Gef), les professionnels renouvellent les initiatives et proposent la création sous l'égide est Pouvoirs publics d'une cellule export viande bovine réunissant l'ensemble des acteurs concernés. Preuve du rapprochement de l'Etat et de la filière, Interbev (Interprofession bétail et viandes) faisait partie du voyage présidentiel en Turquie les 27 et 28 janvier...
Tout l'enjeu actuel, est le maintien justement du potentiel de production français et là, les éleveurs sont en première ligne. La France est le seul Etat à avoir maintenu le couplage des aides au troupeau allaitant. D'autres pays l'ont abandonné. Mais avec la nouvelle Pac, c'est le montant des primes pour le maintien du troupeau allaitant qui inquiète.
Des éleveurs de la Nièvre et de Saône et Loire ont manifesté le 22 janvier devant le ministère de l'Agriculture à Paris. Emmanuel Bernard, représentant les éleveurs bovins de la Nièvre et de Bourgogne, pense que des annonces devraient être faites les 5 et 6 février prochains, lors de l'assemblée générale de la FNB.