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Observatoire prospectif

Un peloton qui s’étire…

Une photographie de l’agriculture bourguignonne en 2013 vient d’être publiée. Les écarts se creusent entre exploitants.
Par Aurélien Genest
Un peloton qui s’étire…
A l’image d’une course cycliste et de la position des coureurs, «il y en a des agriculteurs qui vont bien, d’autres moins bien, voire même très mal» comme on pouvait l’entendre à la maison de l’innovation de Dijon.
Soutenus par le Conseil régional, les Chambre d’agriculture et CER France ont réalisé un travail de fourmis en analysant les résultats 2013 des exploitations de la région. L’observatoire prospectif de l’agriculture bourguignonne fait part d’une conjoncture particulièrement délicate pour l’année écoulée, avec une climatologie capricieuse, des rendements décevants en productions végétales, des productions animales en berne avec un commerce de broutards en repli, des productions de viande et de lait en baisse, des prix contrastés (inférieurs à ceux de 2012 pour les céréales, oléagineux et bovins maigres, mais supérieurs pour le vin, la viande et le lait), des coûts de production toujours élevés et un recul de revenu agricole par rapport à 2012. Dans ce contexte instable, l’impact de la réforme de la Pac est d’autant plus redouté. Tous les éléments ne sont pas encore connus, notamment sur le second pilier, mais les premiers contours se dessinent. La surprime sur les premiers hectares et le plafonnement de l’aide aux vaches allaitantes pénaliseront les grandes exploitations. Dans n’importe quel secteur de production, [I]«il y a des agriculteurs qui vont bien, d’autres moins bien, voire même très mal»[i] pouvait-on entendre à la Maison de l’Innovation à Dijon. Pour Christian Decerle, président de la Chambre d’agriculture de Bourgogne, le [I]«peloton s’étire et se fatigue»[i] : [I]«Derrière les chiffres, il y a aussi le moral des agriculteurs. L’année 2013 a été difficile et 2014 risque de l’être tout autant avec des conditions climatiques et des cours inquiétants. Cela nous interpelle au niveau des organisations professionnelles agricoles. Il est dommage que l’on ait tant de compétences, que ce soit sur les points de la technique, de l’expertise, de l’économie, du conseil, du fiscal et de voir qu’un nombre encore important d’agriculteurs ne dégage pas ou peu de revenus. Cela est vrai dans toutes les productions. Cela nous interpelle sur notre capacité à pénétrer un plus grand nombre d’exploitations agricoles et de vulgariser les savoirs et les expertises capitalisées par les uns et par les autres, les mettre au service de ceux qui en ont le plus besoin. Il faut progresser ensemble. Comment faire ?Donner des rendez-vous de proximité aux agriculteurs ou bien passer par la presse professionnelle qui pourrait, une fois par mois, passer un quatre pages tourné sur le technico-économique, qui mettrait en valeur les modèles qui fonctionnent le mieux»[i].