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Fédération des Cuma de Bourgogne

Un pas de plus vers la régionalisation

La fédération des Cuma de Bourgogne a tenu son assemblée générale vendredi 16 mai à La Charité-sur-Loire. Les responsables ont précisé le projet de régionalisation avec la Franche-Comté.
Par Céline Clément
Un pas de plus vers la régionalisation
Jean-Philippe Rousseau, directeur de la fédération des Cuma de Bourgogne et Bernard Chevalier, trésorier.
La régionalisation des Cuma, c’est pour bientôt. À partir du 1er janvier 2018, de nouveaux contours se dessinent pour la fédération bourguignonne qui intègrera la Grande Région. Déjà riche de 606 structures en Bourgogne, 87 dans la Nièvre, la fédération de Bourgogne avait été créée en 2012 suite au regroupement des quatre fédérations départementales de la Nièvre, de Côte d’Or, de l’Yonne et de Saône et Loire. Le rapprochement avec le réseau franc-comtois est donc l’aboutissement d’une dynamique déjà existante. Pour Jean-Philippe Rousseau, directeur de la fédération des Cuma de Bourgogne, cela répond à «une volonté politique de renforcer l’animation, d’assurer le développement des Cuma locales et de les rendre les plus attractives possible» : «Aujourd’hui nous fonctionnons avec des fédérations inter-régions, on pourrait très bien rester comme ça mais on veut peser davantage et avoir des moyens supplémentaires en se regroupant.»  

Renforcer l’attractivité sur le territoire
À partir du 1er janvier 2018, une seule structure existera qui regroupera les 835 Cuma de Bourgogne et de Franche-Comté, avec 16 salariés au service des différentes structures et une organisation en propre pour chaque département. Un élargissement qui devrait amener un pilotage plus exigeant, avec un éloignement des lieux de décision mais aussi un poids non négligeable auprès des instances régionales. Pour Jean-Philippe Rousseau, chaque fédération doit s’organiser face à ces nouveaux défis. Cela passera par la mise en place de nouveaux services. Si à l’origine les Cuma sont des coopératives d’utilisation de matériel agricole destinées à permettre le partage et la mutualisation de moyens entre quatre exploitations au minimum (mais certaines Cuma regroupent jusqu’à 300 ou 400 exploitations), c’est aussi le partage d’organisation de chantiers et de salariés. Ceci dans un seul et même objectif : faire des économies, être plus efficace, plus performant, et être lieu d’échange participant à créer du lien social. Et c’est aussi depuis l’an dernier la possibilité pour les Cuma d’obtenir la reconnaissance groupement d’employeurs.

Une solution d’emploi partagé
«Une Cuma, c’est une solution d’emploi partagé, une réponse optimisée à un besoin de main d’œuvre et l’opportunité de développer l’emploi salarié», précise le directeur. Une réponse pertinente face à la crise, qu’illustre bien le dynamisme des fédérations. Depuis leur création dans la Nièvre en 1878, les Cuma n’ont cessé de se multiplier. Elles représentent aujourd’hui 10 000 exploitations, soit 2/3 des Cuma de Bourgogne. Néanmoins s’installer en Cuma est une solution à envisager avec beaucoup de rigueur et de lucidité afin d’éviter les désillusions, comme en témoigne Jean-Philippe Rousseau. «Il faut se mettre en Cuma avec des gens avec qui on a envie de travailler. Pour durer, une Cuma doit avoir un fonctionnement bien structuré et rigoureux. Nous sommes là pour les aider, les conseiller et leur apporter des prestations, étudier la faisabilité technique de leur projet.» Pour que mutualisation rime avec réflexion.