7/7 Dossier Enseignement : Témoignage
Un parcours atypique
Passé des bancs du lycée La Brosse au fauteuil de directeur du Service d’Economie Agricole à la DDT de l’Yonne, Jean-Paul Levalet a connu un parcours atypique mais riche d’expériences humaines
N’eût été la séparation de ses parents alors qu’il avait 5 ans, Jean-Paul Levalet n’aurait sans doute jamais connu le lycée La Brosse à Venoy et l’agriculture comme la fonction publique auraient perdu au passage l’un de ses serviteurs les plus emblématiques du département.
Né parisien, Jean-Paul a été élevé par ses grands-parents maternels, venus s’installer à Blannay, en pays avallonnais, après la séparation de ses parents. Passage un jour devant un psychologue qui, d’une formule lapidaire, décrète que [I]«cet enfant ne fera jamais rien, il faut qu’il travaille dans la nature… !» [i]Et c’est comme ça qu’il débarque au lycée La Brosse en classe de 4e, à la rentrée 1968: [I]«un univers particulier, encore très agricole, où l’on était tous internes. Je suis dirigé en filière Brevet technicien Agricole Général, avec le désir de devenir un jour, moi aussi, paysan…»[i] Mais très vite obligé de se rendre à l’évidence : [I]«faute d’accompagnement familial, je me rends compte qu’il va me falloir entrer rapidement dans la vie active…»[i]
[INTER]Une formation initiale très précieuse[inter]
BTAG en poche, premier emploi à l’été 73, aux Ets Ramel de Tonnerre : [I]«une ambiance familiale, où je m’occupais du séchage des grains et du ramassage des lentilles sac par sac, faisant le tour des exploitations avec la fameuse goélette verte…»[i] Et une première opportunité au retour de ses obligations militaires : [I]«on cherchait un maître d’internat à La Brosse…»[i] Mais pas facile de faire preuve d’autorité auprès d’élèves quasiment du même âge que lui et connus pendant sa scolarité ! L’expérience tourne court et c’est le [I]«Père Paillet»[i], illustre professeur en phytotechnie resté dans la mémoire de tous les anciens [I]«Brossards»[i] qui lui parle d’une place se libérant au Service statistiques de la DDA, rue Hyppolite Ribière à Auxerre. Premiers pas dans la fonction publique, avec pour viatique sa seule formation initiale : [I]«très précieuse pour enquêter auprès des agriculteurs. A l’époque, on faisait des prélèvements dans les champs pour le calcul des rendements et mon cursus à la Brosse aura été primordial pour comprendre les choses…»[i] Commence pour Jean-Paul Levalet une longue carrière de [I]«célibataire géographique»[i], son épouse et ses deux enfants restés dans l’Yonne, pendant que lui multiplie les mutations obligatoires, corollaire de concours internes franchis avec succès, passant par la Seine et Marne, la Marne, la Nièvre… Déracinements entrecoupés de retour [I]«au pays»[i] : [I]«à chaque fois qu’une place se libérait dans l’Yonne, je revenais. Faut croire que je ne devais pas être si mal que ça, parce qu’à chaque fois, on me laissait faire…!»[i] (ndlr : rires) Travaillant successivement avec les directeurs de l’époque : Guy de Manheulle, Pierre-Jean Bradu, Philippe Simon… Ce dernier lui proposant en janvier 2009 de passer chef du service d’économie agricole à la DDT de l’Yonne. Une fonction qu’il occupe encore aujourd’hui, à la veille d’une retraite annoncée en juin prochain.
[INTER]Les copains d’hier toujours présents[inter]
Un parcours atypique, où les copains d’école d’antan sont devenus des figures emblématiques de l’agriculture départementale : [I]«Daniel Biais, Etienne Henriot, Baudoin Delforge, Gerard Delagneau…, on s’est tous connus à La Brosse»[i] Même si au fil de sa carrière, l’exercice était parfois difficile : [I]«certains copains pensaient que les contrôles pratiqués à l’époque à leur encontre, étaient pour moi une revanche sur la vie, faute d’avoir pu devenir agriculteur… Mais en fait, il n’en était rien ! Je n’étais alors que simple exécutant, avec la loi en face…»[i] Sa plus grande satisfaction aujourd’hui : [I]«être considéré encore comme un ancien de La Brosse et présenté comme tel par les copains…»[i]. Le [I]«Brossard»[i] d’hier ayant laissé place à un fonctionnaire empreint d’humanité et de chaleur humaine. Faute d’avoir conquis le métier d’agriculteur, Jean-Paul Levalet a réussi à conquérir le monde agricole... Pas mal pour quelqu’un jugé tout juste bon [I]«à travailler dans la nature, faute d’être capable de faire autre chose…»[i]… Mais on sait bien que les psychologues, comme les experts, ne se trompent jamais !
Partie 6/7 Dossier Enseignement : Parcours professionnel
Né parisien, Jean-Paul a été élevé par ses grands-parents maternels, venus s’installer à Blannay, en pays avallonnais, après la séparation de ses parents. Passage un jour devant un psychologue qui, d’une formule lapidaire, décrète que [I]«cet enfant ne fera jamais rien, il faut qu’il travaille dans la nature… !» [i]Et c’est comme ça qu’il débarque au lycée La Brosse en classe de 4e, à la rentrée 1968: [I]«un univers particulier, encore très agricole, où l’on était tous internes. Je suis dirigé en filière Brevet technicien Agricole Général, avec le désir de devenir un jour, moi aussi, paysan…»[i] Mais très vite obligé de se rendre à l’évidence : [I]«faute d’accompagnement familial, je me rends compte qu’il va me falloir entrer rapidement dans la vie active…»[i]
[INTER]Une formation initiale très précieuse[inter]
BTAG en poche, premier emploi à l’été 73, aux Ets Ramel de Tonnerre : [I]«une ambiance familiale, où je m’occupais du séchage des grains et du ramassage des lentilles sac par sac, faisant le tour des exploitations avec la fameuse goélette verte…»[i] Et une première opportunité au retour de ses obligations militaires : [I]«on cherchait un maître d’internat à La Brosse…»[i] Mais pas facile de faire preuve d’autorité auprès d’élèves quasiment du même âge que lui et connus pendant sa scolarité ! L’expérience tourne court et c’est le [I]«Père Paillet»[i], illustre professeur en phytotechnie resté dans la mémoire de tous les anciens [I]«Brossards»[i] qui lui parle d’une place se libérant au Service statistiques de la DDA, rue Hyppolite Ribière à Auxerre. Premiers pas dans la fonction publique, avec pour viatique sa seule formation initiale : [I]«très précieuse pour enquêter auprès des agriculteurs. A l’époque, on faisait des prélèvements dans les champs pour le calcul des rendements et mon cursus à la Brosse aura été primordial pour comprendre les choses…»[i] Commence pour Jean-Paul Levalet une longue carrière de [I]«célibataire géographique»[i], son épouse et ses deux enfants restés dans l’Yonne, pendant que lui multiplie les mutations obligatoires, corollaire de concours internes franchis avec succès, passant par la Seine et Marne, la Marne, la Nièvre… Déracinements entrecoupés de retour [I]«au pays»[i] : [I]«à chaque fois qu’une place se libérait dans l’Yonne, je revenais. Faut croire que je ne devais pas être si mal que ça, parce qu’à chaque fois, on me laissait faire…!»[i] (ndlr : rires) Travaillant successivement avec les directeurs de l’époque : Guy de Manheulle, Pierre-Jean Bradu, Philippe Simon… Ce dernier lui proposant en janvier 2009 de passer chef du service d’économie agricole à la DDT de l’Yonne. Une fonction qu’il occupe encore aujourd’hui, à la veille d’une retraite annoncée en juin prochain.
[INTER]Les copains d’hier toujours présents[inter]
Un parcours atypique, où les copains d’école d’antan sont devenus des figures emblématiques de l’agriculture départementale : [I]«Daniel Biais, Etienne Henriot, Baudoin Delforge, Gerard Delagneau…, on s’est tous connus à La Brosse»[i] Même si au fil de sa carrière, l’exercice était parfois difficile : [I]«certains copains pensaient que les contrôles pratiqués à l’époque à leur encontre, étaient pour moi une revanche sur la vie, faute d’avoir pu devenir agriculteur… Mais en fait, il n’en était rien ! Je n’étais alors que simple exécutant, avec la loi en face…»[i] Sa plus grande satisfaction aujourd’hui : [I]«être considéré encore comme un ancien de La Brosse et présenté comme tel par les copains…»[i]. Le [I]«Brossard»[i] d’hier ayant laissé place à un fonctionnaire empreint d’humanité et de chaleur humaine. Faute d’avoir conquis le métier d’agriculteur, Jean-Paul Levalet a réussi à conquérir le monde agricole... Pas mal pour quelqu’un jugé tout juste bon [I]«à travailler dans la nature, faute d’être capable de faire autre chose…»[i]… Mais on sait bien que les psychologues, comme les experts, ne se trompent jamais !
Partie 6/7 Dossier Enseignement : Parcours professionnel