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Le sapin de Noël 2015 de l’Élysée a été coupé à Brassy

Un marché en hausse constante

Dans trois semaines, les enfants français émerveillés déballeront leurs cadeaux au pied d’un prestigieux représentant végétal issu de l’agriculture raisonnée. Avec un peu de chance, il s’agira de l’un des sapins de Noël naturel planté, élevé et coupé dans le Morvan, la première région productrice française.
Par Emmanuel Coulombeix
Un marché en hausse constante
( Crédit photo : Vincent Houis / AFSNN ) Le sapin de Noël de l’Elysée vient une fois encore de la Nièvre. Il a été coupé chez M. Bonoron, le 24 novembre, à Brassy.
Comme tous les ans depuis 2006, le majestueux sapins du Palais de l’Élysée, dont les décorations riches et colorées égayent les journaux télévisés nationaux, est issu du Morvan, et plus particulièrement de la Nièvre. Comme en 2014, il a été coupé à Brassy, chez M. Bonoron, le 24 novembre dernier, devant les caméras de télévision, avant de sécher et de prendre ensuite les voies fluviales, via l’Yonne, pour rallier son prestigieux écrin national. Cette année encore, le sapin présidentiel a été commandé auprès de l’interprofession végétale Val’Hor, qui a elle-même sous-traité la demande auprès de l’Association française du sapin de Noël naturel, animée à Saint-Brisson, à la Maison du Parc, par Vincent Houis, ingénieur en agriculture, qui représente donc les intérêts de tous les producteurs français. L’AFSNN n’a pas son siège par hasard dans le Morvan, puisque si la Bretagne, le Bassin parisien et les Alpes fournissent tout le pays, la région Bourgogne en est le premier producteur national. A elle seule, la Nièvre compte ainsi autour de 1000 ha de plantation (source   : CER France Alliance Centre), même si le secteur se montre très discret et que peu de données économiques ressortent des parcelles. A peine sait-on que la période de coupe s’achève actuellement, après avoir commencé fin octobre. Et si le concurrent en plastique grignote une petite part du marché depuis quelques années, pour sa praticité et sa durabilité, le roi des fêtes de fin d’année demeure bien tout ce qu’il y a de plus naturel.

5,7 millions de sapins vendus en 2014
L’an dernier, Val’Hor et l’AFSNN, sur la base d’une étude réalisée par l’Institut TNS Sofres auprès de 6000 foyers représentatifs de la population française, ont annoncé que 5,7 millions de sapins naturels avaient été vendus à l’approche de Noël. C’est une légère hausse de 100 000 specimen par rapport à 2013, avec un chiffre d’affaires passant de 141,4 millions d’euros à 147,6 millions d’euros. La courbe est exponentielle depuis 2011 (5,5 millions de sapins commercialisés). La période de vente commence dès le 1er décembre mais surtout autour du 9 décembre et même après le 21 décembre et passe par les jardineries, les supermarchés, la fleuristerie... avec des prix moyens allant de 22 à 30 euros l’unité. En 2014, le prix moyen national a atteint 26 euros. Un secteur d’activité confidentiel, et forcément saisonnier, qui laisse diffuser «son excellente santé». Si 23,4% des foyers français achètent en 2014 ce complice incontournable des fêtes de fin d’année, 84,6% d’entre eux préfèrent le sapin naturel «respectueux de l’environnement», selon l’AFSNN. Et leur choix se porte à 90% sur des sapins achetés coupés (contre 10% en pots ou en mottes). Quant aux essences privilégiées, il s’agit avant tout du Nordmann qui domine le marché. En tête des ventes depuis plusieurs années, il génère en valeur 80,2% des sommes dépensées pour les sapins naturels, selon la même étude TNS Sofres, et 72,5% des parts de marché à un prix moyen de 28,60 euros. L’épicéa, plus odoriférant mais qui perd plus vite ses épines, arrive en deuxième position, avec 23,7% (-4%) de parts de marché à un prix moyen de 17,70 euros.

Sapins résistants et plus grands
Autre tendance de marché mise en avant par l’enquête, les Français achètent des sapins plus grands. «Les sapins naturels mesurant entre 1m et 1,50 m ont représenté (en 2014) 56,9% des achats d’épicéas (+ 10,6 points) et 49,5% des achats de Nordmann. La part de ces sapins est en augmentation de 0,9 points par rapport aux ventes de Noël 2013. Si 91% des Français considèrent que leur sapin restent en bon état au moins jusqu’au jour de Noël, le choix du sapin naturel est «utile à l’environnement et à l’économie locale et nationale» selon les représentants professionnels des producteurs. «A l’inverse du sapin artificiel, qui requiert des produits d’origine pétrolière lors de sa fabrication, le sapin naturel, produit dans
46 départements français, résulte d’un savoir-faire professionnel, depuis la sélection de la variété en pépinière jusqu’à sa distribution. Ainsi, les jeunes plants de quatre ans sont replantés en terre et mis en culture pendant cinq à dix ans selon l’espèce. Arrivés à maturité, les sapins sont coupés, conditionnés sous filet puis chargés en palettes pour rejoindre leurs points de vente». L’interprofession en compare les méthodes de production agricole à celles de la vigne. Sur le plan économique et environnemental enfin, si le sapin de Noël naturel contribue à maintenir 1 000 emplois permanents et 5 000 emplois saisonniers, il présente un triple avantage écologique: «de limiter les émissions de gaz à effet de serre en absorbant du CO2 durant leur croissance, d’améliorer la stabilité des sols en retenant la terre grâce à ses racines, de permettre un recyclage écologique en copeaux ou en compost après utilisation». Ce qui n’est pas toujours le cas des cadeaux qui sont glissés à ses pieds, à Noël, par le vieil homme rouge à barbe blanche.