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Chambre d’agriculture

Un budget maîtrisé, des inquiétudes grandissantes

La session de la Chambre d’agriculture de la Nièvre s’est réunie la semaine passée à Magny-Cours. Outre la présentation des comptes financiers 2017, parfaitement maîtrisés, les débats de la session se sont attardés sur les facteurs d’inquiétudes et d’incohérence politique qui encadrent l’exercice du métier d’agriculteur ces derniers mois ! Bref retour «en mot» sur cette journée du 22 février ….
Par SL-FDSEA 58
Un budget maîtrisé, des inquiétudes grandissantes
Rigueur, c’est ce qu’inspire la présentation des comptes financiers 2017 de la chambre d’agriculture par son directeur, Pierre Balique. Avec un budget final présentant un excédent de 63 980 €, l’équipe professionnelle en place fait montre du sérieux budgétaire qu’elle a su imposer à la structure, via la maîtrise de la masse salariale et des charges de fonctionnement. Un résultat positif pour la deuxième année consécutive qui permet de se projeter pour continuer à accompagner les agriculteurs Nivernais.

Positif !
Comme la teneur de l’échange introductif avec le président du conseil départemental, Alain Lassus, qui a rappelé son soutien au modèle agricole Nivernais et sa volonté de continuer à soutenir des projets de développement, en dépit des dispositions de la loi Notre, restreignant les champs d’intervention de la collectivité départementale. Une réunion de travail est par ailleurs prévue sur ces sujets, en lien avec les organisations professionnelles, dans les prochaines semaines.

«Montée en pression»
Comme le coup de chaud de quelques membres de chambre indignés par le revirement de dernière minute sur le dossier de révision de la cartographie des zones défavorisées simples. Le 20 février matin, toute la Nièvre est classée. Le soir même, 44 communes sont retirées du zonage sous couvert d’un arbitrage gouvernemental ! Six communes historiquement classées ZDS, perdent leur statut. Malgré les éléments de langage de l’État, les faits sont là ! La dernière «cartouche» à exploiter sera celle de la continuité territoriale qui permettrait de reclasser certains territoires selon les services de l’État.

Incohérence
Comme la ligne politique gouvernementale en matière agricole, à laquelle plus personne ne finit par croire ou comprendre quelque chose. Sous-jacent, le bouillant dossier de l’accord commercial avec le Mercosur qui ouvrirait les portes à des importations massives de produits alimentaires ne respectant aucun des standards de production imposés en France et en Europe ! La viande bovine et les filières végétales, notamment la filière éthanol, sont fortement exposées.
Alors que le Président Macron plaide pour une montée en gamme qualitative et la reconnaissance des coûts de production dans la composition des prix agricoles, la ratification des accords commerciaux avec le Mercosur grave dans le marbre la doctrine du «plus de normes, plus charges et moins de prix» pour les paysans. En substance, la synthèse des interventions de la salle et du message passé par Éric Bertrand, président de la chambre d’agriculture, au député LREM de la Nièvre, Patrice Perrot, présent sur place : «On a eu envie d’y croire, on pensait que ça pourrait fonctionner, et finalement l’actualité nous rattrape».

Clarté !
Comme la réponse de Didier Ramet à une question de la salle sur la mise en place de l’identification électronique des bovins. «La posture de la chambre de la Nièvre est claire ! Nous refusons la mise en place d’une contrainte et d’une charge nouvelle pour les éleveurs alors même que concrètement, le passage à l’électronique ne générera de la plus-value qu’au seul profit de l’aval de la filière ! Je me suis clairement exprimé sur le sujet en commission élevage à l’APCA. Si passage à l’électronique il doit y avoir, il faut que le surcoût soit compensé par des financements autres que des ponctions sur les comptes des éleveurs».  Message net et précis ….

Consensus généralisé
Comme le résultat du vote de la motion présentée par la FDSEA et les JA (voir encadré) et relative à la révision du prochain schéma départemental de gestion cynégétique 2018-2024 dans la Nièvre. L’unanimité moins deux abstentions pour des propositions mesurées, équilibrées et respectueuses de l’acte de chasse, visant à favoriser la régulation des populations de sangliers dans le département et à minimiser l’impact de ces dernières sur les parcelles agricoles.

Motion présentée par la FDSEA et les JA le 22 février 2018

Depuis de nombreuses années, la pression des dégâts de gibier, et notamment de sangliers, ne cesse de croître dans les exploitations agricoles de la Nièvre, générant de lourds dommages pour les fermes impactées.
A ce jour, la situation est hors de contrôle ! Dans de trop nombreux territoires du département les populations de sangliers progressent et génèrent des dégâts aux cultures et prairies insupportables pour les agriculteurs, par ailleurs confrontés à une crise économique et morale qui n’en finit pas. Les battues administratives et autres tirs de nuit ne permettent en rien de réduire la pression de dégâts sur ces territoires.
A ce titre, et afin de mettre au plus vite en œuvre des dispositions permettant d’agir avec célérité en cas de forte pression de dégâts de gibier dans les exploitations agricoles, la chambre d’agriculture de la Nièvre, réunie ce jeudi 22 février en session ordinaire, demande que les points suivants guident le projet de Schéma Départemental de Gestion Cynégétique 2018-2024 :
La Finalité du SDGC doit être la division par 2 de la population de sangliers dans le département de la Nièvre.
L’interdiction d’agrainer pour les chasseurs pendant la période de chasse. A ce jour, certaines pratiques d’agrainage, dont les objectifs de contrôles par la FDC n’ont pas été atteints au cours de la période 2012-2018 (cf. page 7 du projet de rédaction du SDGC 2018-2024 V4), s’apparentent plus à du « nourrissage », favorisant ainsi le développement du gibier et démultipliant sa fertilité. En période de chasse, la chasse doit être le levier utilisé pour prévenir les dégâts. L’objectif étant aussi de revenir à une chasse plus authentique avec une population de gibier plus en rapport avec les potentiels agro/sylvo/cynégétiques des milieux. L’artificialisation de la chasse et la présence d’animaux qui se rapprochent plus du cochon que du sanglier est susceptible d’être remise en cause à terme par la société.
La mise en œuvre, en terme de modalité de gestion des populations de sangliers, de plans de gestion libre sur la totalité du territoire Nivernais.
Plus souples que les plans de gestion contingentés actuellement en vigueur, cet outil offrira plus de souplesse aux chasseurs pour prélever des animaux sur les territoires où la pression de dégâts le nécessite. Il permettra en outre de parer au traitement saccadé et différé dans le temps des demandes d’attribution de bagues, qui ne répondent par ailleurs pas toujours aux besoins réels des équipes de chasse lors de l’instruction des demandes dans le cadre des Comités Techniques Locaux (CTL)
L’inscription des modalités selon lesquelles les dégâts sur prairies intégreront les dispositions retenues pour aboutir au classement «point noir» dans le cadre du futur SDGC.
Le retrait dans le projet de rédaction du SDGC de la mention précisant qu’en matière de clôture de protection, le suivi et l’entretien sont à la charge de l’exploitant.
Cette disposition va au-delà de ce que prévoit le décret n°2013-1221 du 23 décembre 2013 relatif à l’indemnisation des dégâts de gibier et prévoyant, en matière de protection des parcelles par clôture, que la pose et l’entretien peuvent être proposés à l’agriculteur, dans un cadre conventionnel uniquement.
Pour finir, et afin de mettre un terme à cette spécificité départementale laissant à la charge de l’agriculteur l’entretien des clôtures de protection, la session de la chambre d’agriculture décide de dénoncer la convention cadre de partenariat conclue entre la FDC 58 et la chambre d’agriculture en 2014, pour que s’appliquent de plein droit les dispositions prévues par les textes nationaux.
La croissance des populations de sangliers dans le département de la Nièvre n’est plus maitrisée. L’affirmation selon laquelle il faudrait plus de gibier pour avoir plus de chasseur est démentie par les faits ces 10 dernières années. Toutes les dispositions doivent être prises pour diviser par deux le niveau de population et permettre à nouveau un juste équilibre agro/sylvo/cynégétique sur le territoire départemental.  
La session de la Chambre d’Agriculture réaffirme solennellement que l’agriculture doit rester prioritaire sur la chasse sur les territoires ruraux. La mission de la chasse est de réguler la faune sauvage, pas de la développer. Elle appelle la Fédération des Chasseurs à maintenir dans la Nièvre les conditions d’une chasse populaire accessible à tous.