Assemblée générale du BIVB
Un bon moral et une charte pour voir plus loin
La prochaine vendange s’annonce sous de meilleurs auspices que les années précédentes, à quelques exception près, dans le secteur du chablisien notamment. Le BIVB n’a pas attendu cette embellie pour s’engager dans un projet ambitieux de création d’une charte régionale, qui conforte l’avenir et la renommée du vignoble, «Engager nos terroirs dans nos territoires».
L’estimation de la vendange 2017, avec un prévisionnel de 1 450 000 hl, s’inscrit dans la moyenne décennale. Les 1 400 000 hl qui devraient ainsi sortir des propriétés viticoles arrivent (s’ils sont confirmés par les faits) à point nommé pour remonter le moral des troupes du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) et celui des viticulteurs mis à mal par les aléas climatiques pendant plusieurs années. Exception notable, le vignoble de Chablis ravagé en grande partie par le gel de sortie d’hiver.
Un défi d’avenir pour le vignoble : Défigreff
«En dépit d’un peu de coulure sur les blancs» expose le président en titre Louis Fabrice Latour, «le moral est bien meilleur». C’est donc «le moment de réfléchir aux grands sujets qui concernent l’amont de la production» et dont dépendent la pérennité du vignoble et son avenir. Deux grands sujets marquent cette année 2017 : la Charte «Engager nos terroirs dans nos territoires», fruit d’un travail commun et étroit avec la CAVB (Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne) présenté à l’occasion de cette assemblée générale et, Défigreff.
La Charte illustre la nécessité de prendre en compte les préoccupations sociétales en matière d’utilisation des produits sanitaires, pour une approche globale et transversale de cette problématique. Le second «défi», voit le BIVB aux côtés des services de la Chambre d’agriculture, engagé dans une réflexion sur un modèle de production de plans de vignes mères, à l’échelle du bassin. Un travail de fond, en référence au Plan de lutte contre le dépérissement et qui va nécessiter la mobilisation des pépiniéristes pour relever le défi.
Côté aval, à l’export «tout va bien», les volumes restent faibles (-3%), mais la valeur progresse (+8%), ce qui confirme le succès du millésime 2015. Seul bémol, le Royaume-Uni dont le marché décroche, en valeur et surtout en volumes. Les responsables du BIVB espèrent que la perspective de pouvoir reconstituer les stocks grâce à la prochaine vendange «calme les tensions sur les prix». En revanche, les tensions sur le foncier inquiètent les professionnels, avec un prix des vignes «qui explose».
Concertation et communication tous azimuts
Pour mieux cerner le contexte et les objectifs de la Charte, le BIVB a organisé un débat sur le thème «Engager nos terroirs dans nos territoires» et invité des présidents d’ODG à témoigner. Alain Meyre, président de l’ODG Médoc et Haut-Médoc, Claude Vermot-Desroches, président du Comité interprofessionnel de gestion du Comté, Françoise-Arpaillanges, présidente de l’ODG Pernand-Vergeless et Patrick Desroches, Maire de Viré, ont fait part de leur expérience en la matière. Hormis la filière comté, qui témoignait plutôt sur son organisation et son ancrâge territorial (voir notre encadré), toutes les ODG présentes ont été confrontées, à un moment ou à un autre, aux conséquences de certains dérapages et autres sources de conflits avec les habitants du territoire.
Conflits d’usage, incidents d’épandages de phytos, pression des organisations locales environnementales... Quel que soit le contexte, une évidence s’impose : viticulture et voisinage ne font pas toujours bon ménage. Rien ne sert de camper sur ses positions, mieux vaut ouvrir le dialogue, travailler ensemble à l’amélioration de l’existant et des pratiques. Le travail de terrain, les échanges, la concertation, la communication... valent mieux que toutes les résistances vaines. «C’est un bon investissement» commente Alain Meyre «et un investissement peu coûteux, du temps, de la parole et un peu de salive». Même conviction chez Françoise Arpaillanges, qui prône la nécessité «d’anticiper, de communiquer» et d’engager tous les professionnels à de bonnes pratiques qui ne requièrent souvent qu’un peu de bon sens et d’attention aux autres.
Un an pour convaincre et agir positivement
La conclusion s’impose d’elle-même : point de salut en dehors d’une concertation largement ouverte et d’un travail de terrain acharné qui mobilise tous les acteurs et toutes les énergies, pour passer du négatif au positif, en faisant évoluer les différents points de vue. Une petite équipe active et déterminée peut suffire à inverser une tendance. Encore faut-il aussi mener à bien des actions concrètes pour dépasser le stade du simple engagement moral...
C’est tout l’objet de la dynamique de cette Charte, qualifiée par les professionnels de «positive et vertueuse». Les signataires se donnent un an pour convaincre et susciter sur le terrain des bonnes volontés. Avec l’espoir que le premier cercle s’élargisse rapidement et que tous les acteurs des territoires, viticulteurs y compris bien sûr, s’engagent résolument dans la charte et fassent bouger les lignes. Certains outils, issus des travaux d’élaboration de la charte et du plan d’actions sont déjà opérationnels. à cinq ans, tout ce travail devrait aussi déboucher sur des actions de recherche et développement et des projets collectifs qui permettront durablement «de protéger les terroirs, ceux qui y travaillent, ceux qui y habitent et les produits de ce terroir».
Un défi d’avenir pour le vignoble : Défigreff
«En dépit d’un peu de coulure sur les blancs» expose le président en titre Louis Fabrice Latour, «le moral est bien meilleur». C’est donc «le moment de réfléchir aux grands sujets qui concernent l’amont de la production» et dont dépendent la pérennité du vignoble et son avenir. Deux grands sujets marquent cette année 2017 : la Charte «Engager nos terroirs dans nos territoires», fruit d’un travail commun et étroit avec la CAVB (Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne) présenté à l’occasion de cette assemblée générale et, Défigreff.
La Charte illustre la nécessité de prendre en compte les préoccupations sociétales en matière d’utilisation des produits sanitaires, pour une approche globale et transversale de cette problématique. Le second «défi», voit le BIVB aux côtés des services de la Chambre d’agriculture, engagé dans une réflexion sur un modèle de production de plans de vignes mères, à l’échelle du bassin. Un travail de fond, en référence au Plan de lutte contre le dépérissement et qui va nécessiter la mobilisation des pépiniéristes pour relever le défi.
Côté aval, à l’export «tout va bien», les volumes restent faibles (-3%), mais la valeur progresse (+8%), ce qui confirme le succès du millésime 2015. Seul bémol, le Royaume-Uni dont le marché décroche, en valeur et surtout en volumes. Les responsables du BIVB espèrent que la perspective de pouvoir reconstituer les stocks grâce à la prochaine vendange «calme les tensions sur les prix». En revanche, les tensions sur le foncier inquiètent les professionnels, avec un prix des vignes «qui explose».
Concertation et communication tous azimuts
Pour mieux cerner le contexte et les objectifs de la Charte, le BIVB a organisé un débat sur le thème «Engager nos terroirs dans nos territoires» et invité des présidents d’ODG à témoigner. Alain Meyre, président de l’ODG Médoc et Haut-Médoc, Claude Vermot-Desroches, président du Comité interprofessionnel de gestion du Comté, Françoise-Arpaillanges, présidente de l’ODG Pernand-Vergeless et Patrick Desroches, Maire de Viré, ont fait part de leur expérience en la matière. Hormis la filière comté, qui témoignait plutôt sur son organisation et son ancrâge territorial (voir notre encadré), toutes les ODG présentes ont été confrontées, à un moment ou à un autre, aux conséquences de certains dérapages et autres sources de conflits avec les habitants du territoire.
Conflits d’usage, incidents d’épandages de phytos, pression des organisations locales environnementales... Quel que soit le contexte, une évidence s’impose : viticulture et voisinage ne font pas toujours bon ménage. Rien ne sert de camper sur ses positions, mieux vaut ouvrir le dialogue, travailler ensemble à l’amélioration de l’existant et des pratiques. Le travail de terrain, les échanges, la concertation, la communication... valent mieux que toutes les résistances vaines. «C’est un bon investissement» commente Alain Meyre «et un investissement peu coûteux, du temps, de la parole et un peu de salive». Même conviction chez Françoise Arpaillanges, qui prône la nécessité «d’anticiper, de communiquer» et d’engager tous les professionnels à de bonnes pratiques qui ne requièrent souvent qu’un peu de bon sens et d’attention aux autres.
Un an pour convaincre et agir positivement
La conclusion s’impose d’elle-même : point de salut en dehors d’une concertation largement ouverte et d’un travail de terrain acharné qui mobilise tous les acteurs et toutes les énergies, pour passer du négatif au positif, en faisant évoluer les différents points de vue. Une petite équipe active et déterminée peut suffire à inverser une tendance. Encore faut-il aussi mener à bien des actions concrètes pour dépasser le stade du simple engagement moral...
C’est tout l’objet de la dynamique de cette Charte, qualifiée par les professionnels de «positive et vertueuse». Les signataires se donnent un an pour convaincre et susciter sur le terrain des bonnes volontés. Avec l’espoir que le premier cercle s’élargisse rapidement et que tous les acteurs des territoires, viticulteurs y compris bien sûr, s’engagent résolument dans la charte et fassent bouger les lignes. Certains outils, issus des travaux d’élaboration de la charte et du plan d’actions sont déjà opérationnels. à cinq ans, tout ce travail devrait aussi déboucher sur des actions de recherche et développement et des projets collectifs qui permettront durablement «de protéger les terroirs, ceux qui y travaillent, ceux qui y habitent et les produits de ce terroir».
Le Comté une filière d’exception au service d’un territoire
Claude Vermont-Desroches, président du Comité interprofessionnel de gestion du Comté, a témoigné de l’importance «de transformer ce qui peut être vécu comme une contrainte en atout et de privilégier une approche citoyenne». Pour preuve, la saga du comté, fromage emblématique, indissociable de son terroir jurassien, profondément ancré dans les territoires où il est produit et qui participe directement à l’économie et à l’employabilité sur ces zones de production. La filière comté aujourd’hui c’est 150 fruitières, 15 entreprises d’affinage, 10 000 emplois permanents. Mais tout cela s’est construit patiemment et collectivement en prenant garde justement que les fruitières restent indissociables de leur territoire, garantes de la diversité, de la typicité et de la qualité d’un produit bien positionné sur son marché. Garantes aussi du dynamisme d’un tissu économique rural, où cultiver la proximité n’est pas seulement une formule à la mode. L’encadrement du dispositif repose sur un cahier des charges strict, une limitation de la production de lait à l’hectare, des conditions de maintien de la biodiversité à respecter, une limitation de la fertilisation et une attention soutenue aux demandes des consommateurs. La contrepartie, c’est un produit positionné comme un produit d’exception, indissociable de son terroir, la reconnaissance des marchés, des producteurs bien rémunérés, une filière dynamique où on comptabilise une installation pour un départ... En un mot la réussite du comté doit d’abord être mise au crédit des hommes qui n’ont pas hésité et qui continuent encore à «se mettre autour d’une table, à gérer les conflits, à être pro-actifs» pour ne pas subir, mais au contraire anticiper les nécessaires évolutions. Ce que Claude-Vermont Desroches rassemble en une formule : l’organisation actuelle de la filière Comté, c’est «une illustration du sens profond de l’économie sociale et solidaire».