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Charolais de Bourgogne

Surtout ne rien lâcher !

Cela fait plus de dix ans que les défenseurs du "€œCharolais de Bourgogne"€ se battent pour une reconnaissance en IGP. Le dernier avatar en date oblige l'€™association à se défendre d'€™un manque de notoriété et d'€™antériorité reproché par l'€™autorité des appellations ! Heureusement, le "€œCharolais de Bourgogne"€ connaît aussi des bonheurs. Ce fut le cas ce début d'€™année avec le vif succès de son steak haché auprès des scolaires.
Par MARC LABILLE
Surtout ne rien lâcher !
Aux côtés du président de Charolais de Bourgogne Dominique Vaizand, les élus Jacques Rebillard, pour le Conseil régional et Jean-Paul émorine, sénateur de Saône-et-Loire, ont renouvelé leur soutien unanime, tant à l'opération Steak haché qu'au dossier de
La démarche Charolais de Bourgogne est entamée depuis plus de dix ans. Charolais de Bourgogne est aujourd'€™hui une marque à part entière. 1 600 éleveurs producteurs y adhèrent et des représentants des organisations de producteurs et des principaux abatteurs transformateurs de la région siègent au conseil d'€™administration de l'€™association gestionnaire. La marque désigne une viande respectant un cahier des charges bien précis. Ce dernier garantit que la viande est [I]«issue d'€™animaux de race charolaise, nés, élevés et finis en Bourgogne, dans des élevages contrôlés chaque année sur leurs bonnes pratiques»[i], détaille Martine Marquet, animatrice de l'€™association.
[INTER]500 tonnes, 1 600 éleveurs[inter]
D'€™année en année, la marque développe ses tonnages. En 2011, 345 tonnes de viande bovine ont été distribuées sous ce signe, soit cent tonnes de plus qu'€™en 2010. Un objectif de 500 tonnes est visé pour 2012. Cela équivaut à 6 000 animaux au rythme de plus d'€™une centaine de bêtes par semaine. Le nombre de distributeurs a doublé entre 2010 et 2011. Il est aujourd'€™hui de 58 dont les principales enseignes de grande distribution et des boucheries. Ces points de vente sont localisés pour moitié en Bourgogne et pour le reste en région parisienne, nord-est et sud-est.
[INTER]En quête de l'€™IGP[inter]
L'€™objectif de la démarche [I]«Charolais de Bourgogne»[i] est une reconnaissance en Indication géographique protégée (IGP). L'€™association y travaille sans relâche depuis 2001. En dix ans, trois versions du dossier ont été déposées auprès des instances officielles. Le dernier avatar a fait l'effet d'une douche froide, mais les responsables de [I]«Charolais de Bourgogne»[i] se sont de nouveau attelés à leur copie et une nouvelle demande est en cours de rédaction.
Un avis de l'€™Inao est attendu pour septembre.
[INTER]Succès du steak haché[inter]
Si la procédure de reconnaissance en IGP réserve son lot de déceptions, heureusement, l'€™association connaît aussi de bien belles réussites. Ce fut le cas avec l'€™opération [I]«steack haché Charolais de Bourgogne»[i]. L'€™initiative a démarré courant 2011, année marquée par la sécheresse printanière et des cours de la viande d'€™abord très bas. Le Conseil régional cherchait un moyen d'€™aider les éleveurs à consolider leur revenu. C'€™est alors qu'€™en partenariat avec l'€™association [I]«Charolais de Bourgogne»[i], a été imaginé de proposer des steaks hachés aux établissements scolaires. L'€™opération a été mise en place dans l'€™hiver. Outre l'€™association, le Conseil régional et les Conseils généraux, la démarche a pu compter sur les compétences des abatteurs régionaux (Bigard, Sicarev, Sicavyl, Clavières) et d'€™un distributeur (Bourgogne Produits frais). 24 tonnes ont ainsi été commercialisées dans les restaurants scolaires de la région. La fabrication a été assurée par Bigard à Cuiseaux. 200 000 steaks hachés [I]«Charolais de Bourgogne»[i] y ont été élaborés, dont 150 000 pièces livrées à environ 200 lycées et collèges. Un volume qui équivaut approximativement à 200 animaux transformés.
[INTER]Pérenniser l'€™opération[inter]
[I]«Cette opération est un succès. Nous avons montré que nous étions capables de travailler en partenariat. Il y a une demande. La question est aujourd'€™hui de savoir quelle suite donner à cette opération»[i], synthétisait le président Dominique Vaizand. [I]«Sans doute faudra-t-il aller au-delà de la restauration collective»[i], semblait suggérer le vice-président du Conseil régional Jacques Rebillard. Cette première est en tout cas très encourageante et prouve qu'€™avec un précieux coup de pouce des collectivités, il est possible d'€™ouvrir des débouchés de prime abord insoupçonnés.

Steak haché: le tiers de la consommation de viande de bœuf

Dans l'€™abattage français, la part de la viande hachée représente 30 % des débouchés alors que la viande "€œcarcasse et quartiers" n'€™en représente que 21 %. La restauration hors foyer, qui pèse près du quart du marché national, s'€™approvisionne à plus de 50 % en viande hachée ou élaborée. Près des trois quarts proviennent de réformes laitières et d'€™animaux d'€™importation. On assiste à un développement exponentiel du steak haché dans la consommation intérieure. Avec 430 000 tonnes équivalent carcasse, il représente presque le tiers de la consommation de bœuf en France. 330 000 tonnes de steak haché sont fabriquées chaque année. Les deux tiers sont commercialisés en surgelé. Il est à noter que près de la moitié des hachés surgelés consommés en France sont d'€™origine Union européenne. Ce "€œminerai"€ est importé puis transformé en France pour moitié par les fast-foods et en grande partie par des grossistes transformateurs, approvisionnant la restauration hors foyer et les rayons surgelés de la grande distribution.