Stopper l'enfumage...
Une mobilisation agricole a eu lieu le 9 janvier suite à l'appel de la FDSEA 58 et des JA 58 pour dénoncer plusieurs éléments ; explications.
Suite à l'appel à mobilisation de la FDSEA 58 et des JA 58 le 9 janvier, une trentaine de tracteurs étaient au rendez-vous sous le pont de l'A 77 à Varennes-Vauzelles, point stratégique depuis 2024. Pour cette journée, plusieurs éléments rassemblaient les exploitants et sympathisants : la prédation dans le département qui fait encore de nombreux dégâts, la signature des accords du Mercosur, la situation financière des exploitations céréalières ou encore la rémunération des exploitants…
Contexte et demandes
Emmanuel Bernard, président de la FDSEA 58, introduit : « On continue la mobilisation par rapport à tout ce qui se passe dans le monde agricole aujourd'hui, à savoir, la prédation qui continue de faire des victimes dans notre département avec peu de décisions favorables pour défendre les élevages. Ensuite, nous sommes ensemble pour les grandes cultures qui souffrent énormément à cause d'éléments géopolitiques rendant les prix des céréales bas. il faut que les décisions soient prises. Un contexte mondial donne donc le droit de vie ou de mort des exploitations et il faut que l'État en ait conscience, et que des décisions soient prises là aussi. Les accords du Mercosur sont aussi dans la balance ce jour, avec des accords qui sont toxiques pour l'avenir de nos productions et néfastes pour le consommateur. En effet, il faut avoir en tête qu'avec cette mobilisation, nous voulons défendre les producteurs et aussi les consommateurs ». Le son de cloche est le même pour Simon Gauche, président des JA de la Nièvre qui insiste : « le Mercosur, nous n'en voulons pas. Le loup, nous n'en voulons pas ». De son côté, Jean-Charles Zwaenepoel, céréalier et président de la section grandes cultures de la FDSEA 58, souligne : « Nous sommes là en soutien à la mobilisation parisienne. Et ce que nous souhaitons est : l'annulation des accords du Mercosur, l'annulation des taxes sur les engrais et l'augmentation du budget de la PAC. Pour rappel, notre salaire n'a jamais augmenté et depuis 3 ans nous ne nous en dégageons plus. Nous sommes en situation de crise et cela suffit. Nous avons perdu 40 % de nos aides en 20 ans. C'est insupportable ! Nous demandons un choc de compétitivité pour avoir le droit de travailler, ainsi qu'un assouplissement normatif pour simplifier notre travail et atteindre une tranquillité ».
Afin d'engager un certain dialogue, la préfète de la Nièvre, Fabienne Decottignies, s'est rendue sur les lieux du rassemblement. Et, en fin de journée, une délégation de manifestants est allée à la Préfecture afin d'alerter un peu plus sur les conséquences de la prédation dans le département pour la filière ovine, avec un lâcher de moutons dans le jardin de la Préfecture. Un symbole fort pour conclure la mobilisation du 9 janvier, où le monde agricole a finalement invité sa réalité auprès des consommateurs mais aussi auprès des institutions d'État.