Sous-préfecture « décorée » et autoroute fermée
Parmi les manifestations agricoles de cette semaine, celles de Montbard et Til-Chatel étaient chargées en symboles.
La sous-préfecture de Montbard s’est vue à nouveau « décorée » de déchets agricoles, mardi 6 janvier. À 15 heures, une vingtaine d’agriculteurs s'y étaient donné rendez-vous afin de déverser leur colère. La FDSEA, les JA et même la CR continuent de maintenir la pression. Ce fut également le cas à la barrière de péage de l'autoroute A31, le même jour, à Til-Chatel. Là, une douzaine de tracteurs était rassemblée et là aussi, le contenu de plusieurs bennes a été déversé. Bâches, pneus, laine… À Montbard comme à Til-Chatel le but était de marquer son opposition à la signature du Mercosur et aux perspectives liées à la future PAC en cours de négociation. : « Pourquoi la sous-préfecture ? Parce que c'est la représentation de l'État, expliquait Hugo Perroquin, président des JA sur les cantons d’Aignay-Baigneux-Recey, à l'origine de la manifestation de Montbard. On parle du Mercosur, de la taxe à l’engrais, du budget de la PAC qui va baisser. » Là comme à Til-Chatel, des gendarmes étaient déployés afin de préserver le calme. « On est là pour montrer notre mécontentement mais pas pour dégrader, prévenait Hugo Perroquin, aujourd’hui, c’est difficile de mobiliser mais il ne faut pas perdre espoir, notamment pour les plus jeunes. On se bat pour notre carrière. »
Les inquiétudes s'expriment
La secrétaire générale de la sous-préfecture de Montbard, Marguerite Moindrot, a échangé avec les manifestants. Cette rencontre leur a permis de faire remonter leurs craintes quant à l’avenir de l’agriculture française. Fabien Sulliot, 51 ans, céréalier à Poiseul-la-Ville-Laperrière, avait déjà manifesté à Bruxelles le 18 décembre : « Dans trois ans, on aura 20 % d’aides en moins et là on nous dit qu’on va avoir une taxe sur les engrais azotés. Sachant que depuis dix ans, ces engrais ont doublé ! ». Désemparé, il ajoute : « Aujourd’hui, le métier se complique sérieusement. Les difficultés arrivent. (…) Je ne sais pas comment cela va se passer… Je pense que si le Mercosur est signé, ça va chauffer ! » Théo Clerget, 17 ans, apprenti éleveur de vaches laitières, est aussi inquiet : « En tant que jeune, on nous met des bâtons dans les roues. Avec tout ce qu’on entend en ce moment, on ne sait pas si on va pouvoir s’installer, si on va pouvoir en vivre. Pourquoi aller chercher ailleurs des produits agricoles qu’on peut avoir dans notre pays ? ». Un raisonnement à méditer… De leur côté, les manifestants de Til-Chatel ont déposé un drapeau de l'Union européenne avant de le recouvrir de fumier. Pas besoin d'en dire plus sur leur état d'esprit.