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Assemblée générale du GDS de la Nièvre

Situation sanitaire correcte, inquiétudes sur la régionalisation

Le Groupement de défense sanitaire (GDS) de la Nièvre tenait son assemblée générale annuelle, jeudi 27 novembre, à la ferme du Marault. La première pour Francis Taupin en tant que président de l’organisme sanitaire.
Par Emmanuel Coulombeix
Situation sanitaire correcte, inquiétudes sur la régionalisation
Francis Taupin (au centre) a présidé sa première assemblée générale en tant que président du GDS 58. Il a d’ailleurs rendu hommage à son prédecesseur, Alain Escurat, qui se trouvait dans la salle.
Pas de nouvelles, bonnes nouvelles  ! Le point sur la situation sanitaire du département a été rondement mené par Alain Bonnel, directeur du GDS, et Anne Costas, la directrice adjointe de la DDCSPP. A quelques suspicions près, le plus souvent infirmées par la suite, aucune maladie ne semble s’attaquer cette année aux cheptels nivernais, pas plus la tuberculose, la brucellose, que la leucose ou la rage... Et les adhérents du GDS entendent bien que cette situation favorable perdure dans le département, même si évidemment cela fait partie des impondérables difficiles à prévoir et anticiper. Dans son rapport d’activités, Alain Bonnel a précisé que plus de 30 suspicions de tuberculose, en grande majorité en abattoirs, avaient été détectées au cours de la campagne et que toutes avaient été infirmées lors des analyses complémentaires. Il a alors expliqué que la conduite des missions déléguées par la DDCSPP représentait environ 20% du temps travaillé du GDS, pour l’édition de 2083 D.A.P, 190 901 ASDA vertes et 8460 ASDA jaunes. Dans son rapport moral, le secrétaire général, Jean-Michel Aucoin, est toutefois revenu sur un «épisode regrettable qui a affecté inutilement une famille d’éleveurs sérieux» l’an dernier à Saint-Seine. Le GDS avait alors clairement manifesté son désaccord avec les méthodes de l’administration, la préfète de l’époque ayant pris un arrêté portant déclaration d’infection, alors que dans le même temps les contrôles chez l’éleveur et dans 17 fermes voisines, en Nièvre et Saône-et-Loire, les 2000 Intra dermo tuberculinations comparatives, les 600 tests à l’interferon et les 80 PCR sur des animaux abattus «n’ont pas mis en évidence une réelle infection tuberculeuse». La suspicion levée, les contrôles allégés pour la présente campagne, le GDS réaffirme donc «qu’il entend conserver sa liberté de raisonnement, ne manquera pas de faire part, si nécessaire, de son désaccord... Il veut rester un partenaire de l’administration, un partenaire sérieux qui saura mettre en avant son expérience et sa connaissance du terrain de manière à prendre des mesures adaptées à la réalité et à éviter des décisions précipitées» a ajouté Jean-Michel Aucoin., devant les représentants de la DDCSPP et les adhérents.

Méfiance vis-à-vis de l’échelon régional
Pour sa première intervention en tant que président du GDS 58, Francis Taupin, dans son rapport d’orientation, a lui aussi évoqué les relations avec l’administration puisqu’il s’interroge sur la pérennité des missions déléguées par l’Etat à l’organisme sanitaire, confiées il y a dix ans (gestion des contrôles à l’introduction, édition et mise à disposition des ASDA, préparation des campagnes de prophylaxies et édition des DAP, suivi des campagnes de prophylaxies). Dès 2015, l’ensemble de ces missions va être délégué à l’Organisme à vocation sanitaire (OVS) régional, qui en Bourgogne, est incarné par la FRGDS. «A mes yeux, a-t-il dit, cette nouvelle donne devrait conduire, à plus ou moins long terme, à une fusion des GDS de Bourgogne» mais s’est aussi interrogé  : «Que restera-t-il du GDS de la Nièvre qui est déjà devenu section départementale de l’OVS Bourgogne  ? Le mutualisme sera notre cheval de bataille. Notre caisse d’entraide nous permettra de venir en aide à ceux qui rencontreront des problèmes sanitaires dans leurs élevages» a-t-il prévu. Mais la vigilance reste de mise, tant vis-à-vis de cette nouvelle gouvernance sanitaire que des moyens et des capacités d’intervention de l’actuel GDS. Cela se vérifie notamment dans le projet de Fonds de mutualisation sanitaire et environnemental (FMSE), dont Jean-Michel Aucoin rappelait la position de l’assemblée générale extraordinaire du 27 mars dernier : pas de signature de la convention nationale tant qu’il n’ y a pas de réponse aux questions depuis au moins trois ans, «entre autres au niveau de l’équité des réserves départementales de l’actuel FMS, interrogations sur l’avenir du FMS même si pour l’instant nous avons l’assurance que les réserves ne seront pas transférées dans le FMSE et sa section ruminants». D’autant plus que le nouveau FMSE, mis en place au niveau national, ne sera abondé par l’État et les Pouvoirs publics européens qu’à hauteur de 65% des dépenses engagées par le FMSE pour l’indemnisation des préjudices consécutifs à des dangers sanitaires et environnementaux...
La bouderie des élus du GDS de la Nièvre revèle une certaine  méfiance tant vis-à-vis d’une régionalisation des missions que du risque de voir une partie de ses propres réserves transférées. La crainte de ne plus être totalement maître en sa demeure est bien réelle.