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Assemblée générale d’Agricompta

Situation saine en dépit d’une baisse des adhésions

L’association des agriculteurs nivernais qui réalisent eux-mêmes la comptabilité de leurs exploitations s’est réunie, mardi 9 juin, en assemblée générale à la Chambre d’agriculture à Nevers.
Par Emmanuel Coulombeix
Situation saine en dépit d’une baisse des adhésions
L’AG d’Agricompta s’est déroulée mardi dernier à la Chambre d’agriculture, à Nevers.
«Ces 38 000 euros nous préoccupent» a lancé le président, Laurent Bisson, au détour d’une analyse sur les comptes de l’association. Non que la structure soit en déficit, bien au contraire. Ces 38 000 euros correspondent au montant qui figure en banque sur son Livret A associatif.

Ce qui est une situation financière remarquable, si l’on ajoute les plus de 1 000 euros déposés sur le compte courant et les 2 000 euros de parts sociales souscrites l’an dernier auprès du Crédit Agricole. En 2014, Agricompta a réalisé un bénéfice de 6800 euros, ce qui démontre sa bonne gestion mais pose des questions de «riches»: «On ne va pas se plaindre de nos réserves mais le but de notre association n’est pas d’épargner. Il y a peut-être mieux à faire de ces 38 000 euros que d’attendre qu’ils produisent des intérêts. La volonté exprimée lors de notre dernier Conseil d’administration est de mieux aider les adhérents à se former. Cette somme est l’argent des adhérents et il serait de bon ton qu’il retourne aux adhérents» a indiqué Laurent Bisson. Paradoxalement, si la structure est bien gérée -on n’en attend pas moins de la part d’une association qui s’intéresse à la comptabilité et à la gestion-, l’activité, elle, est loin d’atteindre son optimum.
Avant les comptes, les participants présents à l’AG ont ainsi appris qu’en 2014, le nombre des adhérents avait chuté, passant de 54 à 45. «Il y a eu beaucoup de démissions, de la part de gens qui ne font plus leur compta et nous n’enregistrons qu’une adhésion nouvelle cette année» a témoigné la trésorière. «Aujourd’hui, les cotisations et les effectifs sont en nette diminution, ce qui nous laisse encore de l’argent» a rebondi le président, tout en lançant la discussion sur les raisons d’une moindre activité : «Cette érosion est récurrente. Elle tient surtout à l’évolution de la pyramide des âges en agriculture mais il y en a qui jettent l’éponge parce qu’ils n’ont plus envie de faire leur compta pour x raisons!» Et aussi  : «Il y a un tel climat d’incertitudes économiques et réglementaires qui pèse sur nos exploitations, qu’on peut comprendre certains d’entre nous qui n’ont plus l’envie de se former» a-t-il estimé.

Relance par la formation
Pour tenter de redynamiser Agricompta, qui n’en est pas encore à se poser la question de sa survie, Laurent Bisson, mardi matin, a plaidé pour un redéploiement des formations pour les adhérents. «Nous ferons en sorte que compte tenu de nos finances, elles soient prises en charge entièrement par l’association» a-t-il indiqué. Et Laurence Evers, la conseillère de la Chambre d’agriculture qui anime la structure, de préciser que «la palette des formations proposées est très large. Elle ne s’arrête pas aux formations habituelles d’Agricompta ou au catalogue de la Chambre d’agriculture». «Si vous voyez passer des formations qui vous intéressent, faites nous en part, qu’il s’agisse de préparation au départ en retraite, de maintenance de téléscopique ou, pourquoi pas, sur le passage de statut individuel à société»... Agricompta a cependant du mal à faire des groupes complets dans les formations qu’elle organise. Cet appel sonne comme un argument de séduction à l’égard des adhérents présents ou à venir qui pourraient partager des besoins de se former sur des thématiques communes. Cela dit, l’an dernier, Agricompta a organisé trois sessions qui ont plus ou moins bien marché  : «si la formation enregistrer sa compta sur son ordinateur n’a pas attiré les foules (0 candidat), en revanche, le stage sur l’  «initiation à la comptabilité» d’octobre dernier a réuni 5 stagiaires intégrés dans un parcours individuel à l’installation et, surtout, celle sur «lire un bilan» a attiré 7 personnes d’âges, de parcours et de profils très divers et très enrichissants» a constaté le président.