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Matinée au haras

Sensibiliser les décideurs

Ce rendez-vous organisé par la Fédération des éleveurs du Galop, vise à faire rencontrer les membres de la filière et les élus ainsi que les décideurs locaux dans le but de les sensibiliser à la réalité du secteur.
Par Fabienne Desseux
Sensibiliser les décideurs
Photo de groupe devant l’étalon Vision d’État, le bien nommé
C’est à Montigny-sur-Canne au Haras de Thierry Cyprès qu’a débuté l’événement. Eleveurs, entraîneurs et représentants ont pu faire visiter cet élevage familial de quarante poulinières aux députés Perrine Goulet et Patrice Perrot. L’objectif, mettre en lumière leur savoir-faire en matière de race AQPS. Une race qui donne de belles victoires ces dernières années sur les champs de courses nationaux et internationaux. Un travail complet et divers. L’occasion aussi pour les invités de découvrir qu’élevages de chevaux et de vaches charolaises forment une union vertueuse sur les grandes surfaces en respectant totalement l’environnement. Les quatre-vingt personnes présentes ont ensuite continué leur visite au Haras de Cercy -la-Tour, exemple de reconversion d’un site public des Haras nationaux où soixante-seize éleveurs ont cru en un projet de reprise de l’activité par le biais d’une coopérative. Présidée par Jacques Cyprès, la Coop Haras de Cercy est dorénavant le premier haras français avec 720 juments saillies par an et neuf étalons stationnés au haras. La coop regroupe près de 400 membres et vient d’acquérir les locaux du Haras.

Défendre la filière au niveau national
Loïc Malivet, président de la Fédération des éleveurs, a tenu à alerter les politiques venus pour cette matinée, sur la grande difficulté financière des sociétés-mères des courses, avec un déficit récurent de 30 millions d’euros. Un déficit dont les origines sont multiples  : baisse des enjeux depuis 2011  ; ouverture des jeux en ligne  ; baisse générale de l’activité des courses en 2013 suite au passage d’un taux de TVA de 5,5% à 20%. Un surcoût que les propriétaires, entraineurs et éleveurs n’ont pu absorber sans licencier, réduire voire cesser l’activité. Loïc Malivet a donc demandé «un retour de la TVA réduite pour les activités hippiques, mais également une révision de la fiscalité du PMU afin de le rendre compétitif avec la Française des Jeux». Perrine Goulet – dont l’oncle et le frère sont éleveurs de trotteurs en Bourgogne – a rappelé son attachement aux activités du cheval. En tant que membre de la commission des finances de l’Assemblée nationale, elle se dit confiante quant au retour à une TVA réduite. Patrice Perrot a affirmé son intention de défendre le monde du cheval au niveau national. Les élus locaux, dont le maire de Cercy, s’engageant eux aussi dans cette démarche de soutien.

En chiffres

La Fédération des éleveurs du Galop représente 2 200 éleveurs mais souhaite avant tout fédérer les acteurs des courses et du monde du cheval. La filière équine met en valeur en Bourgogne 23 700 hectares de prairies, sans pesticides, en élevage extensif dans le respect de l’environnement et 47% des éleveurs de chevaux élèvent également des bovins. Les 2 500 élevages équins bourguignons emploient 20 000 personnes. Au niveau national, la filière cheval forme et emploie une main d’œuvre peu qualifiée de 180 000 personnes, avec beaucoup de jeunes, par exemple, pour les courses de galop. 35% des salariés ont moins de 25 ans et 33% des salariés sont des femmes.