Accès au contenu
Météo

Sécheresse et chaleur : un cocktail détonnant

En avril, la situation météorologique ne s'€™est pas améliorée pour les agriculteurs. Désormais certaines certitudes se font jour face au potentiel-risque évoqué il y a un mois.
Par DR
Sécheresse et chaleur : un cocktail détonnant
La sécheresse inquiète et les agriculteurs sont en première ligne. On est passé du risque potentiel au risque avéré, car le constat s'€™impose de lui-même : moins d'€™humidité, moins d'€™eau et des températures plus élevées. En un mois, la situation s'€™est plutôt dégradée. Avant le week-end de Pâques, huit départements français (Charente, Charente- Maritime, Cher, Seine-et-Marne, Deux-sèvres, Vienne, Essone et Val-de-Marne) avaient annoncé des dispositions de restriction, totales ou partielles, pour l'€™usage de l'€™eau dans le secteur agricole. Depuis, le préfet du Rhône a également pris des dispositions en ce sens, le département du Nord va faire de même et 230 communes de la Nièvre sont touchées par des mesures de restriction.

[INTER]Nappes et tendances[inter]
Près de 60% des réservoirs en eau affichent un niveau inférieur à la normale, d'€™après le Bureau de recherche géologique et minière. Les plus touchés sont actuellement le Bassin parisien et le Sud-Ouest. Les secteurs de l'€™Est de la France (Alsace notamment) et du Sud-Est (Languedoc-Roussillon) présentent des niveaux plus favorables. La situation n'€™est donc pas favorable dans une période qui représente, sur le cycle hydrologique naturel, la période de recharge généralisée, liée aux précipitations hivernales. La situation des niveaux de nappe est ainsi globalement assez perturbée, en raison de déficits pluviométriques observés en Aquitaine, en Bretagne et dans le Centre. Au moment où se préparent les futurs rendements des cultures, la situation n'€™est donc pas favorable.

[INTER]Les perspectives[inter]
Pour les jours à venir, les météorologies annoncent l'€™arrivée de perturbations orageuses, mais dans le cadre de températures élevées qui favorisent l'€™évaporation. Une mauvaise nouvelle pour les cultures. Il faudrait que des pluies régulières, abondantes mais douces, arrivent rapidement et s'€™étalent jusqu'€™en juin, sur la quasi totalité du territoire, pour répondre au besoin des plantes en eau, sinon la situation risque de devenir vraiment critique. Seul point positif, les cultures sont particulièrement saines sur le plan des maladies.
Il ne reste plus qu'€™à espérer un mois de mai
pluvieux...

Ailleurs aussi, on s'€™inquiète

La France n'€™est pas le seul pays confronté à ces problématiques climatiques. La situation n'€™a rien de réjouissant en Allemagne, en Pologne et dans le Sud du Royaume-Uni. En Europe de l'€™Ouest , comme en France, le démarrage des cultures a été rapide, ces dernières profitant d'€™un ensoleillement important. Mais maintenant, elles manquent d'€™eau et le soleil reste très present. En Ukraine au contraire, le froid trop intense retarde l'€™avancée des cultures. En Russie également, le pays est confronté à une météo défavorable, la neige ne fond pas et retarde les semis. Pour les cultures d'€™hiver, la reprise de vegetation se fait attendre. Outre-Atlantique, la météo n'€™est pas non plus optimale et freine les semis de printemps tout en dégradant la qualité des blés. D'€™ors et déjà on constate que les caprices de la météo attisent les marches agricoles.