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Une journée du CRPF sur le plateau Nivernais-Bazois

«Sauver les petites propriétés forestières mais aussi les exploiter»

L’antenne de la Nièvre du Centre régional de la propriété forestière (CRPF), organisait le 4 février près de Bona, une journée d’information sur le thème « décrire simplement les peuplements forestiers pour choisir une gestion adaptée ». Une trentaine de petits propriétaires du département y ont assisté.
Par Emmanuel Coulombeix
«Sauver les petites propriétés forestières  mais aussi les exploiter»
Près de 30 propriétaires forestiers de la Nièvre ont suivi la journée d’information proposée le 4 février par l’antenne Nièvre du CRPF Bourgogne.
[I]«L’objectif est de faire prendre conscience aux gens que le bois, çà se cultive et çà s’entretient. Une forêt ne se laisse pas à l’abandon. Et quand on ne sait pas ce qu’on possède ou que l’on est propriétaire que d’un demi hectare de bois, il faut imaginer le moyen de se regrouper pour faire des actions concertées ensemble»[i]. Administrateur du CRPF dans la Nièvre et du Syndicat sylvicole de la Nièvre, François de Toytot pointe du doigt ces parcelles de bois plus ou moins délaissées par leurs propriétaires. Et explique que l’exploitation commerciale, notamment pour le bois de chauffage, qui est un [I]«sous-produit important pour ce département»[i] selon Yann Mozziconaci (conseiller du CRPF), l’exploitation commerciale, donc, doit se concevoir en mutualisant les démarches: [I]«Un camion, c’est quarante tonnes. Il n’y pas de groupement ou de société qui ramasse de bois sur une commune pour un demi-hectare. Il faut que les propriétaires se regroupent pour assurer la totalité d’un chargement»[i]. Ce qui explique parfois le peu, voire l’absence d’intérêt des petits propriétaires pour leurs bois, [I]«dont certains parfois ne connaissent même pas toujours où ils commencent»[i]. Si Antoine Haye, conseiller CRPF, et Pascaline Loquet, animatrice Natura 2000 dans les Amognes, sont intervenus tout au long de la journée pour préciser à la fois les objectifs du Programme de développement des massifs (PDM) Plateau nivernais-Bazois et ceux de respect de la biodiversité adaptés à la sylviculture, ce sont à des exercices pratiques que se sont surtout livrés les participants. En cinq arrêts, les responsables du CRPF ont expliqué de façon concrète comment reconnaître les peuplements typiques du secteur et dévoilé des méthodes simples de diagnostics. Ainsi, un jeu de questions/réponses a éclairé sur la différence entre chênes sessiles et chênes pédonculés, entre taillis et futaie, entre arbre [I]«trapu»[i] et arbre [I]«élancé»[i], et recensé les essences présentes aux différentes stations: charme, chêne, merisier, noisetier, saule ou hêtre, dans des stations à plus faible ou à plus forte densité.
[INTER]Amélioration et/ou régénération[inter]
Les outils pratiques pour le diagnostic n’ont pas été oubliés, [I]«comme autant de moyens préalables à la décision»[i] selon Yann Mozziconaci. [I]«C’est important de savoir décrire avant de définir les orientations»[i] a-t-il expliqué, entre une préférence réaffirmée pour le chêne sessile sur le pédonculé et un commentaire sur [I]«la proportion de glandées annuelles qui, dans la Nièvre, sous un climat influencé par l’Atlantique, est beaucoup moins problématique que plus à l’est, en Côte d’Or par exemple»[i]. Ainsi les propriétaires forestiers présents ont-ils (ré)appris à calculer la surface terrière qui donne, grâce à une ancienne carte de téléphone entaillée d’1 cm sur 1 et une ficelle de 50 cm, en m2/ha, la surface d’un peuplement à partir de la somme des sections des arbres, la densité, en déduisant le nombre de tiges par hectare à partir du nombre d’arbres dans un rayon de 18 m et à partir des petits bois (de 17,5 à 22,5 cm de diamètre), des bois moyens (de 30 à 45 cm de diamètre), des gros bois (de 50 à 55 cm de diamètre) et des très gros bois (60 cm et plus de diamètre)... Et de souligner que sur des bons sols, [I]«un chêne peut gagner de 2 à 3 cm de circonférence par an»[i]. La qualité aussi a été étudiée, avec ses deux critères constitutifs que sont la rectitude et les défauts du tronc (cicatrices, gourmands...), ainsi que le couvert, à partir de la projection de toutes les feuilles des arbres au sol et la surface qu’elles occupent virtuellement, ou encore le taillis qui peut gêner la futaie et la bonne exploitabilité des arbres pour le bois de chauffage... Selon le technicien, qui ponctuait sa première intervention, [I]«il n’y a pas de systématisme en sylviculture sauf sur un point: il faut cloisonner les parcelles, non seulement pour le respect des sols mais aussi pour maintenir les capacités de production»[i]. La journée a donc donné aux petits propriétaires forestiers des outils pratiques pour apprendre à connaître et à gérer leurs parcelles. Et leur donner envie de s’inscrire, toujours plus nombreux, dans des démarches de développement collectif.